‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 99 sur 397 · Commentaire philosophi(iuc. O. t. II · texte numérisé non relu

Commentaire philosophi(iuc. O. t. II

5. Il est intéressant de noter la faveur avec laquelle il parlait de la « Censura philosophiir cartesiana» « de Hiiet, maltraitée par un professeur de Leyde : « Je n'ai pas trouvé en lisant le livre de M. Huet qu'il mérite un si mauvais traitement, mais plutôt des louanges, encor qu'il n'ait point traité à fond les matières. » — Let. du 21 avr. 1695. — Lettres inédites p. p. Fr. Paul Denis M. n. (R. h. L. avr.-juin lftl2>.

6. V. Dictionnaire, éd. 1(J97, art. Maldonat, t. III, p. 520, note L. « Telle est, par exemple, cette proposition : le tout est plus grand que la partie,...

qui n'ont pas de rni^port avec l'expérience, les vérités métaphysi- (pies par exemple que Descartes croyait fonder à tout jamais, peuvent paraître évidentes sans être pour cela certaines, — (juand elles sont combattues par d'autres propositions tout aussi évidentes. Le critérium de la certitude serait ici l'incontradiction (1). Mais c'est la raison qui juge en dernier ressort les raisons données pour et contre. Le rationalisme de Bayle n'est donc pas, comme celui de Descartes, un rationalis'.ne dogmatique cai)able d'atteindre les réalités métaphysiques et de connaître ce qui est, mais c'est un rationalisme criticpie i)ropre à déterminer ce qui n'est pas (2). De là le danger qu'il jjrésente pour tous les dogmatismes et surtout pour la religion, qui n'est pas, si elle n'est certaine.

Le succès de Bayle, à lui seul, pouvait faire pressentir le caractère positif de sa philoso])hie. La foule n'a jamais aimé s'aventurer sur les sables mouvants du sceiiticisme ; elle ne suit pas pendant y\n siècle les prédicateurs de néant.

Bien plus que la raison théorique la raison ])ratique est souveraine dans son domaine propre. Si la première soutient avec des arguments ])lausibles le pour et le contre sur plus d'une question métaphysique, la seconde prescrit dans tous les temps et dans tous les i)ays les mêmes vérités. L'esprit empirique et déjà positivi.ste de Bayle est amené par l'examen des faits à la constatation suivante : il y a eu des athées aussi vertueux que les saints, il y a donc une conscience conunune indéjjcndante des religions.

C'est la loi éternelle « qui montre à tous les liomines les idées de l'Jion- « nêteté et qui a fait voir à tant de païens qu'il est loual)le et très dij^nc de « riiommc de pardonner à ceux qui nous ont olTcnsés et de leur faire du « ])ien au lieu du mal qu'ils nous ont fait » (;{). Octte loi fait i)arlie de notre nature. « S'il y a des règles certaines et immuables pour les opérations de « l'entendement, il }' en a aussi i)our les actes de la volonté. Les règles de « ces actes là ne sont jias toutes arbitraires ; il y en a (jui émanent de la « nécessité de la nature et qui imiiosent une oliligation intlisjjerisabie ; et eom- « me c'est un défaut de raisonner d'une manière opposée aux règles du « sjilogismc, c'est aussi un défaut que de vouloir une cliose sans se con- « former aux règles des actes de la volonté. » (4).

I^a distinction du vice et de la vertu est donc fondée dans les

2 cl 2 font 4. Ces axiomes ont cet avaiitaj^p que non seulement ils sont très clairs dans les idées de notre esprit, mais qu'ils tombent aussi sous les sens. » M. Deli'olvc a clairement dégage le critérium baylion de l'évidence et montré le dévcloi)pcnicnt des idws du criticpie sur ce poiiU. O. c, ]). 87 S([., 255 sq,

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