‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 150 sur 390 · P. 277 sq · texte numérisé non relu

P. 277 sq

3. Ib. Boileau abonde en phrases mordantes et bien troussées. « Plaisante « religion qu'une religion souple et maniable qui tourne Tesprit du côté le plus « apparent, le cœur du côté du plus libre, la) conscience du côté du plus com- « mode et le culte du côté du plus fort » 279.

5. Parallèle des mœurs de ce siècle et de la morale de J. C. Lyon 1727, 2 v. 12 ; rééd. 1735 p. 390.

ments sacrés se fanent. « On croit faire un magnifique présent « au Seigneur quand on donne à l'autel une jupe qui a servi longce temps de parure à la mondanité et qu'une nouvelle mode a « décriée » (1).

Les sermons nous montrent aussi l'incrédule donnant le ton dans les salons où il discourt avec « une contenance assurée, un air moqueur » (2). Désormais « le seul nom de miracle excite la risée dans les gens du monde » (3). Ils éprouvent déjà une pitié voltairienne pour les « bonnes gens qui sont la dupe de leur imagination effrayée... de l'avarice hypocrite et ambitieuse des gens d'église » (4). .

Cependant l'incrédulité n'atteint encore que les classes cultivées. D'après Molinier, si « les savants sont trop difficiles à croire », « le peuple croit trop » (5). Nous savons que jusqu'à la fin du siècle, fortement encadré dans les associations religieuses, il restera sincèrement catholique (6). Mais nous venons de le voir, trop de causes ont favorisé l'impiété sous la Régence pour que, de Bayle à Voltaire, elle ne gagnât pas du terrain. Elle achève d'essayer toutes ses armes, si bien qu'on pourra dire vers 1730 avec encore plus de vérité ce qn'Ostervald disait en 1700 : « elle pourrait devenir plus générale, mais on ne conçoit pas qu'elle pût aller plus loin » (7).

If

Les APOLOGISTES

Dans des circonstances aussi défavorables, que vont faire les apologistes ? Vont-ils d'une part profiter des leçons de Bayle, d'autre part tenir compte des besoins scientifiques et s'efforcer de calmer les scrupules historiques naissants ?

Dans une certaine mesure, oui. Voici laquelle.

2. Molinier : « Sermons choisis sur les mystères » etc.. Paris 1730, 5 v. 12. T. IV, Sur les jugements de Dieu /portrait de l'incrédule, p. 265. L*abbé Molinier est le seul prédicateur de cette période qui ait fait une place importante à Tapologétique (10 sermons). 11 n'est d'ailleurs pas original. Migne a réimprimé un choix de ses sermons. (Orateurs sacrés t. 44). V. Bernard [22], c 2 et p. 575.

3. r. II. Serm. sur la vérité de la religion chrétienne, p. 248.

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