Part, m, sect
tinni, ^; Vo^o^^r*'"^^^.^^- ^' ^''^''' ^^^^' P' ^'^^^ ^^ ^««^- ^ém. de l'abbé d'Ar. 1?,L ;i ' l' u" '^'^'''' (1694-1755) enseigna la philosophie à DouXdirigea le séminaire de Beuvrages et mourut à Valenciennes. Raynal reconnaît Sa souvent raison dans sa « maussade critique », « mais conLe un^rpeut l^avoir ir M tZZu??T"' «T ^^*-^„-- - philosophe ». Corresp^de GnZ si m^ue de Tmh^: ^« I '^' !^. Bibliothèque française, journal indépendant, se moque de 1 idée que Bayle est dangereux : « Nous ne pouvons résister à la tentation de croire que tout cela n'est qu'une ironie ». [61] 1739. t. 28 p 290.
Le bibliothécaire tire pudiquement le rideau sur le Dictionnaire critique à l'arrivée du docteur. Celui-ci fulmine contre les ouvrages de Bayle, mais l'autre de répliquer : ils ne doivent pas être si pernicieux, « autrement se pourrait-il faire que nul de ses « lecteurs ne se fût récrié, ne les eût dénoncés aux évêques et « n'eût tâché de les faire proscrire ? » (1). Le docteur affirme bien que les vrais catholiques ont jeté les hauts cris, témoin l'auteur des Abus de la critique en matière de religion. — Oui, mais les évêques ne l'ont pas interdit.
Le docteur dessille les yeux de l'abbé, et leurs entretiens nous apprennent que Bayle est obscène, pyrrhonien, mauvais critique, mauvais raisonneur. C'est sur le ton d'un capucin, non d'un jésuite, que Le Febvre appelle ses ouvrages « un repaire affreux de reptiles impurs » (2). « On dirait qu'il a voulu que ses livres « fussent comme le répertoire de toutes les ordures (pour ne rien « dire de pis) dont les libertins d'une certaine trempe assaison- « nent leurs conversations » (3). C'est un aventurier, un nouveau Rabelais, plein « de raisonnements louches, de sophismes grossiers » (4). ,. .1
A vrai dire Le Febvre ne le réfute guère, mais sa diatribe est un témoignage intéressant du revirement qui s'opère chez les chrétiens catholiques et aussi de l'action persistante de Bayle sur
les mondains (5).
L'élan était donné, les censures sinon les réfutations se multiplient (6). En 1740 paraît la traduction française des Thèses de
2*. P*. 25*. Ragnal disait du livre de Le Febvre : « l'esprit monacal s'y fait sentir à chaque ligne » loc. oit.
5! v! les' joyeux compagnons qui veulent entraîner avec eux UAnti-Bayle (Le Febvre) pour le tourner en dérision (3^ entretien). « L'Anatomie » fut réfutée dans les Lettres chinoises ; Le Febvre y est traité « d'avorton théologique «. 11 riposta par 2 réponses : Clef du cabinet de Verdun, mai 1741 et sept, l/.r.. A la 3e édition de son ouvrage, il ajouta des Entretiens sur la raison, suite de la critique des ouvrages de Bayle, Paris 1747. S». La véracité divine, qui nous garantit l'existence des objets extérieurs, nous garantit aussi la vente des mys-
6.* A côté des critiques que nous étudions il faut mentionner : en 1740, Jamet : « Lettres critiques sur le goût et la doctrine de Bayle ». «" ; « ^[""""P' tuaire de la métaphysique du Dictionnaire de Bayle ». s. 1. 12. 1743, Anare- Joseph Panckoucke : « Essais sur les philosophes ou les égarements de la raison sans la foi », Amst. 12 ; 1745 et 1743, Polignac^ : « Anti-Lucrèce ». 2 v. 8 1753. - Anonyme : « La folie des prétendus esprits forts, des impies, des indifférents et des séparatistes dévoilée par divers auteurs .». Beriin. 2 v. 12. l. esi une anthologie apologétique contre les incrédules et les protestants. Elle contient une réfutation du paradoxe de l'athéisme préférable à la superstition. SI jusqu'à présent les effets de la superstition ont été plus fâcheux que ceux de l'athéisme, c'est que les athées sont peu nombreux. La superstition n affaiblit pas comme l'athéisme les fondements de la société (t. I).
atheismo et superstitione de Buddée, dirigées à la fois contre Bayle et contre Spinoza (1) ; en 1748 deux in-folio de Remarques critiques sur le Dictionnaire de Bayle par l'abbé Louis Philippe Joly{2). Ce sont des observations de détail qui laissent entières les idées du livre. Joly n'ose pas s'attaquer aux grands sujets, surtout pas au plus grand, le problème du mal ; il se contente de renvoyer aux réfutateurs précédents. Nous rencontrerons ainsi plus tard des réfutateurs de Voltaire qui croiront ruiner son action en pointant ses erreurs de dates.
Chauffepié (3) insère dans divers articles de son Dictionnaire cette critique des idées bayliennes qu'on cherche vainement dans Joly. A l'article Pyrrhon, il démasque la fraude de Bayle vantant le pyrrhonisme comme le vestibule de la foi (4). A l'article Manichéens il s'efforce de montrer que le manichéisme satisfait moins la raison que l'unité de Dieu. Pour qu'une hypothèse soit bonne, Bayle demande justement : 1«> — que les idées en soient distinctes ; 2" — qu'elle rende raison des expériences. Or l'existence de deux principes n'est pas une idée distincte. Une hypothèse plus satisfaisante que la construction en commun d'un monde où les deux principes mêlent du leur, serait la division du chaos en 2 domaines où chacun régnerait séparément. D'autre part l'expérience ne semble pas montrer une proportion exacte de bien et de mal dans le monde.
Le mal, dit Bayle, compromet les perfections de Dieu. Il n'y
a sur ces perfections d'autres nuages que ceux qu'élève notre ignorance. Les révolutions de Jupiter et de Saturne sont plus longues. Pourquoi ? Dirons-nous que c'est un désordre ? la ques-
1. « Traité de l'athéisme et de la superstition, avec des remarques historiques et philosophiques, tr. en fr. par L. Philon et mis au jour par J. Chr. Fischer », Amst. 80.
T, ^^f"*"^* ^* ^*^*"^- ^ ^" P^""**^ <^^ A à F) fut réimprimée en 1752, ib. foL L abbé Joly (1680-1755) était fort peu théologien. Il a laissé un Traité de la vertification et des ouvrages en vers dans l'édition de 1751 du Dictionnaire de Richelet, édité les poésies de la Monnoye (1745). la Bibliothèque des auteurs de Bourgogne, du chanoine Papillon, etc.. Ses remarques sur les articles capitaux du Dictionnaire de Bayle : Adam, Abraham, David, Manichéens, Marcionites, Pauliciens, ne touchent pas au fond des questions.
3. Chauffepié (1702-86) pasteur à Amsterdam pendant 43 ans, fut aussi estimé comme prédicateur que comme érudit. Il a laissé des Sermons (1756) et un Tableau des vertus chrétiennes (1760). Son Nouveau dictionnaire historique et critique pour servir de supplément ou de continuation au Dictionnaire de M. P, Bayle, Amst. 1750-56, 4 fol., renferme environ 500 articles originaux sur 1400.
4. « Si le pyrrhonisme peut conduire à la foi aveugle... s'ensuit-il de là qu'il peut conduire à une foi éclairée. I à une foi qui ait des fondements solides ? » t. III. 260 n. E. Comme l'a dit Crousaz, comment convertirez-vous les Indiens ? « Vous contenterez-vous de prier Dieu qu'il répande sur eux lé même esprit dont il vous a fait part ? » C'est par la prédication que l'évangile s'est établi. Il est impossible de distinguer du fanatisme la foi due à la grâce seule.
tion est oiseuse, nous ne savons pas. - Mais si Dieu est bon, pourquoi l'homme libre? - Bayle prouve trop car la bonté de Dieu exigerait alors qu'il fit aux créatures tout le bien quil
pouvait (1). , ,. j l'u
En 1755, de Marsy vulgarisait les opinions hardies du célèbre critique dans son Analyse raisonnée des œuvres de Bayle, qui le fit mettre à la Bastiïle. Il condensait en 4 volumes in-12 toute la substance active de sa grande œuvre. Le Journal de Trévoux s'émut et réclama un apologiste de bonne volonté (2).
L'abbé Gauchat répondit à cet appel. Il venait de commencer la publication de ses Lettres critiques ou analyse et réfutation de divers écrits modernes contre la religion {^), qui sont une des entreprises d'apologétique le mieux suivies et le plus considérables du siècle. L'année suivante, dans les tomes V, VI et VII, il s'acquitta de la tâche proposée, mais très faiblement car sa réfutation porte constamment à faux.
Il proclame l'insuffisance de la raison pour nous conduire a Dieu et à la religion, sans considérer que Bayle abonderait dans son sens. Il démontre a priori que les jugements spéculatifs influent sur les mœurs (4), alors que la question ne peut être tranchée que par l'expérience et qu'il faudrait opposer aux exemples négatifs invoqués par Bayle des faits plus nombreux et plus généraux. Il ne comprend pas plus que Chauffepié que le manichéisme ne représente nullement l'opinion du critique, et il s'emploie a réfuter une hypothèse jugée par Bayle simplement un peu moins absurde que la notion chrétienne d'un Dieu bon auteur du mal. Pour justifier la liberté donnée à l'homme il redit l'argument classique: un hommage libre relève la gloire de Dieu (5). Les chrétiens assignaient la prospérité et l'étendue de leur religion comme marque de vérité, Bayle leur opposa l'extension du mahométisme. Gauchat subtilise le sens du mot étendue : il s'agit d'une « étendue de vocation » ; alors que le judaïsme était cantonné dans une famille, le christianisme s'étend à toute la terre en
1 T. m. p. 18 de la lettre M. Voir surtout p. 23, n. III. 2" colonne.
2 <c II V a environ 20 ans qu'on entreprit dans nos Mémoires une espèce de « justification suivie des PP. de l'Eglise calomniés par Bayle... Peut être qu à « l'occasion de cette nouvelle Analyse quelqu'évrivain zèle reprendra le fil de « ces apologies >» (mai 1755). Le journal la réfuta lui-même dans ses numéros d'avril/mai, juin. Grimm écnivait en mars que personne ne daignait regarder rœuvre de de Marsy. Il ne l'avait sans doute pas ouverte. Corresp. II, 504.
3 Paris 1755-63, 19 v. 12. L'auteur, né à Louhans en 1709, était abbe de St-Jran de Falaise. Il consacra sa plume à combattre les incrédules. C'est un écrivain facile mais sans profondeur.