V. Desnaireterres V, 133 sq
Poème sur
le désastre
de Lisbonne
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sont ceux mêmes que Jaquelot invoquait contre Bayle ;il y a beau Jemps que le débat est épuisé. Il montra « que de tous ces « maux il n'y en avait pas un dont la Providence ne fût disculpée « et qui n*eût sa source dans Tabus que l'homme a fait de ses « facultés plus que dans la nature elle-même » (1). Mais l'imprévu, c'est l'attitude religieuse de confiance et d'acceptation, premier indice du divorce prochain de Rousseau et des philosophes. (f Moi homme obscur, pauvre et tourmenté d'un mal sans remède, « je médite avec plaisir... j'espère... » (2). Le révolté contre les hommes ne l'est pas contre la nature ni contre Dieu.
Candide. L'abbé Guyon vint aussi au secours de la Providence dans la
L'Ecclésias- Suite de l'oracle des nouveaux philosophes (3), où il réfute les
te. Le erreurs de Candide, du Précis de VEcclésiaste et du Cantique des
Cantique cantiques. Dieu est certainement auteur du mal physique (4), mais
non pas du péché qui n'est rien de positif.
Que Voltaire ait paraphrasé deux livres de l'Ecriture pour la Pompadour ou pour son plaisir propre, peu importe (5). « L'un de ces ouvrages est tendre, l'autre philosophique », écrit-il à Thiériot le 11 juin 1759. Ils sont donc les plus piquants de la Bible et les mieux faits pour rendre suspecte la révélation. De plus, en ces heures de pessimisme, le ton désabusé de l'Ecclésiaste lui convient momentanément.
A en croire Voltaire, dit Guyon, Salomon nous enseigne « Tépi- « curéisme, le manichéisme et le spinosisme tout purs. Il nous « donne pour conseils et pour règles de vie toutes les maximes « des nouveaux philosophes sur les plaisirs physiques... sur le « fatalisme, sur le matérialisme, sur l'égalité de notre nature avec « celle des bêtes, sur notre anéantissement commun par la mort, V sur le mépris des peines et des récompenses qui doivent la « suivre, et voilà ce que M. de V. nous présente comme un cours « de morale fait pour les gens du monde, comme la doctrine d'un « livre inspiré de Dieu » (6).
C'est comme si l'on donnait les paroles de la Discorde pour le précis de la Henriade. Voltaire prend pour les opinions de l'au-