P. V. de rassemblée de 1785-86, [3] p
4. Ib. 191. Le bon Louis XVI interdit l'édition de Kehl mais refusa de renforcer la Censure. « Je me suis fait représenter, dit-il, les règlements sur cette matière et j'ai reconnu qu'ils sont suffisants pour empêcher les abus ». 477.
5. V. ces remontrances dans le Journal ecclésiastique de Barruel, [55] sept. 1788 p. 76 et oct. 187.
DU « SYSTÈME DE LA NATURE )) A LA RÉVOLUTION
« prétendent la réunion des petites maisons en grandes et se « regardent dès lors comme plus en état d'être utiles au pu- « blic » (1).
Les prédicateurs parisiens cèdent aux conseils des philosophes, non par irréligion mais pour se faire tout à tous et garder Toreille des gens du monde. « Prêcher la dévotion plus que la vertu, « écrit Pabbé Trublet, ce serait ipéconnaître l'objet propre et « essentiel du sermon » (2).
Aussi voit-on disparaître des sermons parisiens les développements de pure piété et les considérations dogmatiques, surtout celles touchant la grâce, qui s'imposaient au temps des luttes héroïques autour de la Constitution. L'abbé Beauvais, le futur député aux Etats Généraux, se proportionne à la faiblesse des grands (3). Le carme Elisée mérite l'approbation de Grimm(4) et de Diderot. L'abbé T orné (5) se préoccupe de la misère du peuple, du mauvais état des prisons et des hôpitaux, il critique le haut clergé, prêche l'amour de l'agriculture, la tolérance et la paix. On le retrouvera dans la Législative, votant la suppression des corporations religieuses et renonçant au costume ecclésiastique. En 1767 et 1769, les abbés Bassinet et Le Cousturier, prononçant devant l'Académie le panégyrique de St Louis, avaient déploré les Croisades (6).
A partir de 1774 quelques stations d'avent et de carême ne sont pas remplies, probablement faute de bons prédicateurs, car le public continue d'aller au sermon comme à un exercice littéraire (7).
1. Bachaumont : [70], 1 juil. 1765 (c. p. Bernard o. c. 368). « Dans le même « temps des désordres éclataient dans plusieurs maisons. Là on abolissait sans « formalité l'usage du maigre... Ailleurs des repas, des fêtes, des concerts... La « même année que la requête [des bénédictins] des divisions scandaleuses écla- « tarent entre les capucins à Paris. C'est à cette époque que l'on peut rapporter « les longues querelles qui déchirèrent la congrégation de St-Maur et qui privè- « rent l'Eglise et l'Etat des secours qu'elle avait si souvent fournis à l'une et « à l'autre ». Picot : « Mémoires pour servir à VJiist, eccl. pendant le xviii» siècle » 2» éd. Paris Leclère 1815, 2 v. 8®, p. 478.
2. Panégyriques des saints 2* éd. 1764. Réfl. sur l'éloquence XL, c. p. Bernard
3. Serm. sur la Parole de Dieu. Sermons, Paris 1806, 4 v. 12 et Migne, Orateurs sacrés t. 71. L*auteur (1731-90) fut évêque de Senez (Basses- Alpes). Il prêcha courageusement devant iLouis XV en faveur du peuple misérable.
4. Corresp. t. VII, 92, c. p. Bernard 406. J. Fr. Copel, dit le P. Elisée (1728-83) professeur chez les carmes de Besançon, prêcha 26 ans à la cour et à la ville. Œuvres oratoires Paris 1784-86, 4 v. 12 et Migne t. 59.
5. Sermons, Paris 1765, 3 V. 12. Migne [10] 1. 64. Torné (1727-97) ancien frère de la doctrine chrétienne, devint évêque constitutionnel du Cher et se maria.
6. V. Brunel [83], 187 sq. Le 25 août l'Académie assistait en corps dans la chapelle du Louvre à une messe en l'honneur de St Louis et à un Eloge prononcé par un prédicateur de son choix.