PHOSPHURE D’ALUMINIUM
11 ne m’a pas été possible d’obtenir le phosphure d’albuminium par ce moyen, parce que ce corps se détruit à cette température élevée à mesure qu’il se forme, et le dégagement d’hydrogène phosphoré qui se produit pendant l’opération est la preuve de ce fait.
Une communication de M. J. Régnault à la Société chimique, sur les propriétés de l’amalgame d'aluminium, me suggéra l’idée d’essayer l’action du phosphore sur ce corps. Une lame d’aluminium, soumise à l’action du courant électrique dans une solution de nitrate ou chlorure de mercure, s’amalgame, le mercure vient se déposer à sa surface; si, après avoir lavé cette lame avec de l’acide sulfurique dilué, on la laisse à l’air, elle se couvre à l’instant d’une couche d’alumine, l’aluminium s’est combiné avec l’oxygène de l’air plus rapidement qu’un métal de la première section. J’ai voulu voir si les propriétés de l’aluminium ainsi exaltées pour l’oxygène le seraient pour le phosphore; je jetai la lame amalgamée au milieu des vapeurs de phosphore et la combustion s’effectua, très-superficielle il est vrai, mais enfin assez sensible pour donner l’espoir de produire du phosphure d’aluminium si l’on opérait avec une grande quantité d’amalgame. On pourra toujours se débarrasser facilement du mercure. Ce phosphure, comme celui de magnésium, a donné naissance, au contact de l’eau, à de l’hydrogène phosphoré gazeux.
Le phosphure d’antimoine ne s’obtient pas non plus par mon procédé. J’ai cherché à le faire sous pression dans des tubes semblables à ceux que M. Cloëz a employés pour fondre l’arsenic, c’est-à-dire un tube en verre
vert, maintenu par du sable dans un tube en fer fermé aux deux bouts. Le phosphore et l’antimoine introduits dans le tube de verre le brisèrent au moment de la combinaison et l’expérience n’eut aucun succès. En remplaçant l’antimoine par le mercure, il n’y eut aucune réaction, le phosphore devenu rouge contenait des globules de mercure disséminés dans la masse.
Je suis parvenu à effectuer la combinaison du phosphore et du bismuth en faisant bouillir le phosphore sur le bismuth en fusion, dans un matras d’essayeur toujours plein d’acide carbonique. Le bismuth fondant à 264“ et le phosphore distillant à 290“ se trouvent ainsi en contact à l’état liquide. La surface du métal devient couleur marron et offre une petite cristallisation. Quand on chauffe ce phosphure, il laisse échapper son phosphore.
L’appareil que j’ai décrit à propos du phosphure de zinc peut servir à la préparation des phosphures des métaux des dernières sections, à condition que ces métaux soient à l’état réduit. Seulement, les phosphures que l’on obtient ainsi sont pulvérulents, noirâtres, et sont loin d’offrir l’aspect des phosphures cristallisés de zinc, de cadmium et d’étain.
Vu bon à imprimer, Le Directeur, BUSSY.
Permis d’imprimer,
Pour te Vice-Recteur de l'Académie de Par L'Inspecteur de l'Académie ,
DELALLEAU.
Pari». — Imprimé par E. Tiiuküt et C, ta, rue Racine.