‹ De Québec à Mexico, souvenirs de voyage, de garnison, de combat et de bivouac [microforme] (volume 2)Chapitre 1 sur 34 · PEL PC · texte numérisé non relu

PEL PC

Montréal—Typographie de Duvernay, Frères & Dansereau,

212 & 214 Rue Notre-Dame.

1 volume

PI

Avant le Déluge. — L'établissement du pays de Cesagne. — Un pupitre de collégien. — Comment l’histoire du Canada peut avoir quelque influence sur le choix d’une vocation. — En route ! — Une tombe, — La gloire militaire — Une goutte d’eau, — Rouse’s Point, — Burlington, — Ce que c’est qu'un sleeping car ? — Troy. — Au voleur ! — L'Hudson d’Albany à New-York, — Les pilules de Bristol,

Comme il convient toujours de commencer son premier volume de la manière la plus grave possible, et que tous les sujets sérieux remontent à la période antédiluvienne, je me garderai bien d’enfreindre cette

Lrègle méconnue trop souvent de nos jours, et, sous prétexte de vous mener sous le tropique, je m'en vais vous raconter une histoire.

Il lui manque, il est vrai, un certain air de jeunesse ; mais il me semble qu’abrités derrière ses cheveux blancs, nous n’en ferons que meilleure connaissance, ec que notre poignée de main n’en sera que plus cordiale,

Lorsque Dieu, sortant de son éternel repos, se décida à pétrir le globe de ses mains divines et à l'envoyer rouler dans l’espace, ses cinq doigts, en s'imprimant dans la substance informe, laissèrent derrière eux, comme traces de leur pression, cinq grands continents.

Chacune de ces parties de la terre reçut l’ordre de garder pendant la durée des siècles l’empreinte oubliée par le doigt de l’Eternel.

L’Eurvpe, qui avait à peine été effleurée, demeura blanche. L’Asie resta cuivrée comne les flancs d. son Caucase et de ses Ourals. L'Amérique rougit d'indépendance et de plaisir en se sentant caressée par les brises sauvages de ses forêts. L’Océanie, brisée en se plaçant .1r le sein des mers, conserva un peu de la physionomie du tout, et l'Afrique, malheureuse esclave, se couvrit d’un sombre voile de deuil, comme si elle avait prévu tous les malheurs que lui préparait l’avenir.

Puis, quand Dieu eut pétri de leur argile respective les populations de ces cinq vastes îles, il laissa errer pendant quelque temps son esprit snr l'immense

DE QUEBEC A MEXICO. 9 étendue de son ouvrage, de l'Orient à l'Occident, du pôle Arctique au pôle Antarctique, et vL ‘ant que les choses étaient bien à leur place, il se réserva pour l'avenir un petit coin de la terre où il devait plus tard — lorsque l’homme se serait bien habitué à voir couler la sueur de son front — établir le pays de Cocagne.

Quelques géographes en goguette, ignorant quels étaient les projets de la Providence, crurent faire une niche aux confrères qui viendraient après eux, en baptisant ce pays solitaire du nom de Canada — deux mensonges espagnols, qui veulent dire aca ici, #ada rien ; —et dès ce jour, pour donner un démenti à ces savants, il fut décrété que tous ceux qui feraient leur apparition de ce côté-là de la boule, y deviendraient médecins, avocats, notaires, députés ou ministres.

Le pays de Cocagne était désormais un fait acquis à la science géographique, et le 18 avril 1844, j’arrivais, tout essoufflé, grossir l’heureuse phalange de ces prédestinés.

Comme un grand nombre de mes compatriotes qui se destinent aux honorables carrières sus-mentionnées, je fis tant bien que mal mes études dans un collége quelconque. J’y appris un soupçon de latin, quelque peu de français, et de la paresse, comme seul sait en faire un lézard.

Mon pupitre représentait en petit la chambre d’un

célibataire de nos jours ; à cette exception près que la vieille malle, le lit de sangle réglementaire et la

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chaise écloppée étaient remplacés par un tohu-bohu de vieux bouquins bien jaunis, de bouteilles d’encre donnant de fraternelles accolades à quelques flacons d’un vin assez hétéroclite, et d’un nombre très-restreint de classiques, neufs pour la plupart, et tous relégués dans un des coins les plus poudreux.

Malheureusement, entre certaines racines grecques — de votre connaissance, sans Coute, — et un gros Virgile, édition ad usum Dedphini. dont mon grand’père m'avait fait l’héritier légitime — s'étaient discrètement glissés, sans qu’on ait jamais pu savoir comment, les trois volumes de la première édition de l'Æistoire du Canada par Garneau.

Un soir — je n’avais pas encore fait mon thème, si je me souviens bien — j’entrouvris le fameux pupitre — histoire de flâner pendant l’étude. Un des tomes magiques était là; je me mis à en lire quelques chapitres détachés, et cette nuit, je me couchai après avoir fait une importante découverte, qui va vous faire sourire, Je m’aperçus que nos ancêtres ne manquaient pas d’une certaine gloire militaire. Toute la nuit, je ne rêvai qu'Iroquois, Hurons, amiral Phipps, frère Latour, etc., tout cela entremêlé d’un tourbillon de tomahawks, de cuevelures scalpées et

de mille gentillesses eusdem farine.

Comme l'imagination va vite, au collége surtout — cela dit sans malice aucune — quelques jours après avoir terminé la lecture de l’histoire de mon pays, je me surpris à me demander pourquoi le Canadien, ce fier soldat, ce hardi trappeur d'autrefois, n’était

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plus qu’un humble pékin, dans toute l’acception du mot, un bon Berrichon échappé à l’un des romans de George Sand.

Je ne pus m'expliquer comment il se pouvait faire que la vivacité d’un sang ne püût se transmettre d’une génération à l’autre. L'expérience ne m'avait pas encore appris qu’à la fatigue toujours occasionnée par une longue lutte succède un moment d’apathie qui fait bientôt place à l’amour de la paix et de la tranquillité. Je crus que l’un'que solution possible au théorème que je me posais serait de tâcher de faire agrandir le cercle rétréci des professions, où nous sommes obligés de graviter misérablement, au sortir du collége, en y ajoutant, par l’exemple, celle qui avait jeté un rayon si lumineux sur le bon ‘vieux temps ”” de notre histoire, la carrière militaire.

— Idée fille d’une cervelle née du vent ! pense déjà le lecteur qui vient à peine d’entrouvrir ce volume.

Oui, tout ce que l’on voudra ; mais je m'étais crânement posé en face de mon problême, décidé à en venir à bout, coûte que coûte, et Dieu sait si je tiens de mes dignes ancêtres une tête bretonne.

Pendant trois longues années je luttai, sans rompre d’une semelle, avec parents, amis, famille ; peine inutile. Dans l’armée anglaise, le grade était alors chose vénale, et, nonobstant l’appui du gouverneurgénéral, Sir Edmund Head, comme je n'étais pas assez heureux pour avoir suivi la mode du siècle, qui consiste naïvement, pour certaines célébrités, à

12 DE QUEBEC A MEXICO, naître après leur père, force me tut de choisir entre renoncer à la carrière militaire ou m’expatrier.

Le jour où je me vis obligé de reprendre Pothier, mes malles se firent.

Une heure après, je causais avec le capitaine de l’Zuropa, M. Labelle : j'étais en route pour Montréal et de là pour Mexico où les lettres dont on m'avait fait porteur me mettaient à même de prendre du service.

Je ne décrirai pas le commencement de mon voyage. Tout le monde sait quels sont les délicieux paysages de Québec à Montréal, et d’ailleurs, j'avoue franchement n’avoir rien admiré ce soir-là ; j'avais sur le cœur les larmes que ma mère avait versées à mon départ. Du reste, la journée que je passai à Montréal ne fut guère propre à me faire oublier ma mélancolie ; on venait d’enterrer ce pauvre Paris (1) noyé, quelques jours auparavant, et, quoique je ne sois pas superstitieux, ce voyage commencé sur le bord d’une tombe me semblait de mauvais augure.

Un excellent ami, cette bonne Providence de la vie donnée par une autre Providence, avait tenu à m’accompagner depuis mon départ de Québec jusqu’à St. Lambert, terminus du chemin de fer de New-

York, il y a quelques années. A quatre heures de

(1) M. Ovide Paris, jeune ingénieur et architecte de la ville de Montréal, frappé d’apoplexie le 13 Juillet 1864, en se baignant au Pied du Courant.

de la enu à squ’'à Newes de

la ville ignant

l'après-midi, je m'embarquais pour cette ville, après avoir pressé pour longtemps la main d’un compatriote :

— Adieu ! mon cher, me cria-t-il, au moment où la locomotive se mettait en marche. N'oubliez pas que Byron a dit que, pour avoir la gloire militaire, il faut mourir sur le champ de bataille, et voir son nom légué à la postérité avec une faute de typographie !

Plus tard, j'ai vu que la boutade du sceptique poëite renfermait plus de philosophie que cela ne semble de prime-abord. Combien de fois, là-bas, n’avons-nous pas semé des cadavres qui avaient renfermé de grandes âmes dont la vie n'avait été qu'abnégation ? Pourtant, la gloire militaire ne leur avait gardé qu’une simple croix de bois sur laquelle la main d’un soldat dévoué avait estropié un nom le plus souvent illisible, et en fait de pleurs, que les larmes de la pluie, les sanglots du vent qui venaient

s’engouffrer dans les gorges solitaires de la Sierra- Madre.

Longtemps je tins, morne et silencieux, ma tête hors de la portière du wagon.

On a beau avoir vingt ans et de l'enthousiasme, cela donne toujours des spasmes à l’âme lorsque l’on quitte son pays, une première fois. Je suivis, tant que je pus le faire, les vagues de notre grand fleuve miroitant au soleil couchant, et il me semblait que mon cœur navré s’en allait, à mesure qu’elles disparaissaient à l’horizcz.

Ce que c’est pourtant qu’une goutte d’eau, lors-

qu’elle s'appelle le Saint-Laurent et qu’elle coule » . dans la patrie ! Jamais je ne l’ai trouvé aussi beau 4 v que ce soir-là : je ne puis dire si c'était par un effet M" l des sombres idées où j'étais plongé ; mais il me % d paraissait avoir un peu de cette coquetterie qu’a une 3 n

poitrinaire, lorsqu'elle va mourir.

J'en étais là dans mes réflexions qui commençaient ki: F à friser la gaieté des ‘ Vuis d’ Young,’ lorsqu'une L Si rude tape, m'’arrivant sur l’épaule, me fit faire un D li soubresaut, lequel soubresaut me mit face à face avec ; . la figure joufflue et enluminée d’un monsieur tout HN d

chamarré de boutons et de galons dorés. C'était un douanier américain, et nous étions à Rouse’s-Point, là où se terminent «eux énormes contradictions : une monarchie qui ne voit jamais le soleil se coucher sur ses terres, et le gouvernement du peuple par le peuple. Ce bon monsieur me demanda, avec une intonation nasale fortement prononcée, tout ce que j'avais en fait de clefs sur moi ; mais, sur production de mon passeport, il me salua profondément, me souhaita un bon voyage, et cinq minutes après, quelques bouteilles d’une bonne vieille eau-de-vie que ma mère m'avait glissées dans ma malle faisaient triomphalement leur entrée sur le territoire de la République, sans être molestées le moins du monde.

De Rouse’s-Point, le train se rend à Burlington, F- de petite ville de l’état du Vermont, assise sur les 4 bords du poétique lac Champlain, et qui PERRAIE un charmant effet de paysage. à

L'Etat du Vermont est assez pittoresque ; le commencement ressemble beaucoup au Canada : même végétation, mêmes mœurs, mêmes chaumières ; seulement vers le milieu le sol est assez accidenté, et l’on dirait qu'il se yankéfie, à mesure qu’il devient plus montagneux.

Il était onze heures du soir lorsque nous quittâmes Burlington, et fatigué je pris un sÆef.ng car. On ne saurait avoir une idée de ce que peut être un wagonlit sur un chemin de fer américain, et je ne puis en faire une meilleure description que celle que m’en donnait un spirituel flâneur. Ce sont des c4ars à dormir, — traduction littérale, — debout, le lendemain, après avoir fait passer une nuit blanche. A peine se croit-ox installé pour quelque temps sur le matelas hyperbolique qui les couvre, qu’un commis entêté choisit exactement ce moment-là pour venir nous demander, toutes les cinq minutes, notre billet de passage. Puis à l’instant où, lassés et ahuris, nous nous disposons à nous endormir, un gros rosbif, orné d’un érandy nose excessivement prononcé, vous arrive à l’état de projectile, et tout en baragouinant une litanie de ‘‘ Je vous demande pardon, monsieur,” vous rélègue avec un sang-froid épatant dans la partie extrême nord-ouest de votre instrument de supplice.

Au gros monsieur classique, qui s'était donné bien de garde de manquer au rendez-vous, j’ajouterai le caquetage d’un certain nombre de blessés fédéraux, se racontant avec force ‘‘ goddams ?” leurs prouesses et leurs aventures, et l’on peut juger s’il était

possible de fermer un tant soit peu le coin de l’œil. Cependant, à leur louange, je dois dire que leurs récits étaient moins soporifiques que les ronflements sonores de mon massif voisin, et presque tous ils les terminaient en jurant, mais un peu tard, qu’ils ne se rengageraient pas, dût-on leur offrir la présidence des Etats-Unis.

Pendant la nuit, nous passons les stations de Rutland et de North-Bennington, après avoir changé de wagons trois fois, et le matin nous arrivons à Troy, horrible faubourg enveloppé fièrement dans la fumée de ses manufactures, bâti en briques rouges, à toits plats et aux trottoirs en terre cuite.

Ce fut dans la gare de cette ville que l’affiche traditionnelle, m’assure-t-on, aux Etats-Unis :

‘€ Beware of pickpockets ! ”?

me frappa pour la première fois.

Je me suis toujours un peu habitué à juger un peuple d’après ses coupe-jarrets et ses siffle-bourses, pour la simple raison que lorsque, j'étais enfant, ma bonne répétait souvent :

— Petit, quand tu voudras bien connaître une personne, commence toujours par ses défauts et ses mauvaises qualités.

Mais je con.esse sincèrement que les exploits des Gringalets américains laissent loin derrière eux ce que l’Europe a pu produire de plus subtil et de plus scientifique dans le genre,

DE QUEBEC A MEXICO. 17 Le filou yankee, suivant la classe à laquelle il appartient — il y en a de toutes les classes — vous fera votre bourse de mille manières ; en cirant vos bottes, en brossant votre habit, en vous offrant un fiacre, un verre de vin, à dîner même, toujours en se rendant nécessaire, aimable et poli.

C’est le lion, le d'Orsay de la truanderie.

Puis avec cela, il a toujours une moustache si provocante, des petits airs marquis de régence, et une figure d’honnête bourgeois tellement rassurante que ce serait le dernier homme du monde que vous prendriez sur vous de soupçonner d’indélicatesse.

De Troy à Albany, la distance n’est pas longue ; aussi y arrive-t-on en trois quarts d’heure.

Albany est une ville plus considérable que Montréal, bâtie sur l’Hudson, à cet endroit à peine plus large que le Saint-Charles devant Québec. Ses rues sont spacieuses et bordées d’arbres, ses trottoirs sont immenses, et ses habitants résument tout ce qu’il y a de plus yankee.

J'appris que le bateau à vapeur sur lequel j'avais un billet de passage, ne devait partir qu’à sept heures et demie du soir. Il était, dit-on, retardé par une marche que les troupes confédérées faisaient sur Washington. Force me fut donc d’attendre jusqu’au soir et de descendre à l’hôtel de Lavan, palais de marbre, réunissant à un luxe inouï, les commodités les plus minutieuses de la vie privée.

De la fenêtre de ma chambre, faisant face à l'Hudson, j’apercevais les vapeurs qui le sillonnaient

en tous sens. À chaque moment, c’étaient les cris stridents du sifflet des trains qui partuient et couraient dans toutes les directions, et dans l’espace de six minutes, j'ai compté onze locomotives arrivant à la gare les unes après les autres. Quels hommes d’affaires et auels négociants que ces Américains !

A sept heures je quittais Albany par le Sant-John, grand palais flottant, qui devait plus tard, hélas ! en faisant explosion, jeter le deuil dans un si grand nombre de familles. A peine étions-nous sortis du port que nous échouâmes sur un des nombreux bancs de sable qui en bouchent l'entrée, et ce ne fut qu'après être restés là quatre longues heures, par un magnifique clair de lune, que nous réussimes à nous remettre à flot.

Rien de plus beau et de plus grandiose que ces paysages de l’Hudson, auxquels presque toujours se rattache une légende.

On se croirait en plein Rhin, ou mieux encore en plein Saint-Laurent, et je me pris à regretter amèrement le retard forcé qui nous avait empêchés de les admirer à notre aise ; car maintenant que nous voguions, la lune avait jugé à propos de se coucher derrière de gros nuages.

Cette nuit, nous laissons derrière nous West-Point, qui renferme la célèbre école militaire de ce nom, retraite favorite du vieux général Scott ; le village de Crotton, où se trouve l’immense aqueduc qui fournit l’eau à la ville de New-York tout entière, et qui a coûté le modeste chiffre de $14,000,000 ; Sing-Sing,

en ères de nous cher

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He

le bagne célèbre ; Tarrytown, bourg où se fit prendre le romanesque major André, pendant la révolution de 1780 ; Tappan, où il fut pendu ; Sunnyside, résidence d’une des plus charmantes plumes américaines, Washington Irviag ; Fordham, qui possède un magnifique collége catholique dirigé alors par un Canadien, le Rév. P. Moylan; le fort Washington, fameux dans les annales du dernier siècle par la capture de 2,000 prisonniers qu'y firent les troupes anglaises ; puis enfin Manhattanville, où le naturaliste Audubon est venu écrire quelques-unes de ses plus gracieuses descriptions.

Tous ces villages sont délicieusement encadrés dans les pittoresques montagnes des Highlands et des Catskills, et présentent l’effet le plus coquet, vus du fleuve, avec leurs formes amphithéâtrales qui s'allongent sur leurs versants rocailleux.

À mesure qu’un officier américain, né au Canada, m'expliquait les noms et les faits historiques se rattachant à ces lieux qui fuyaient rapidement, pour aller se cacher dans l’épaisse traînée de fumée laissée derrière lui par le vapeur, je maugréais intérieurement d’avoir cédé aux charmes d’un voyage de nuit. Aussi, de bon matin, étais-je à flâner sur le pont. Mais, hélas ! plus rien, si ce n’est de sales bateaux pêcheurs, des manufactures enfumées, et çà et là, gravés sur les rochers et les granits du rivage, de longues annonces réclamant l’attention du public en faveur du ‘Baume de Wistar,’’ de “l'Eau de Floride,” ou du ‘‘ Sozodont,’’

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