‹ De Québec à VictoriaChapitre 13 sur 67 · LOS · texte numérisé non relu

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des sympathies pour la race francaise, et elle aurait

fini par triompher infailliblement de sa puissante

rivale, : ,

En devenant le principal actionnaire de la Compagnie de la Baie d'Hudson, Thomas Douglas, comte de Selkirk, tavait compris que la prépondérance au Nord-Ouest

“passati à la Compagnie rivale, et ilavait résolu d’enrayer ce mouvement. |

Pour cela, il ne fllait pas, rester isolé sur la rive robe de la Baie d'Hudson, et il fonda une colonie sûr les bords de Ja rivière Rouge.

“ Au commencement de l'année 1818, dit M. l'abbé Dugas, cette colonie. se trouvait composée d’environ cent personhes, et au mois de septembre 1814, elle en comptait à peu près deux cents.” ‘

° Les Bourgeois du Nord-Ouest virent dans cet ctablis- “sement une menace formidable. Ils contestèrent. les titres de concession de Lord Selkirk, et lui déclarérent une guerre de corsaires. | |

A deux reprises la colonie fut en, grande partie

| détruite, Mais Lord Selkirk avait une énergie indomptable, et- il comprit Pue ses essais de colonisation

- trouveraient une aide puissante dans la religion. Pour attirer à lui les voyageurs canadiens et les sauvages, il lui fallait des missionnaires. D

Il écrivit done à Mgr Plessis, évêque de Québec, én avril 1816, pour lui offrir sa coopération et ses secours,

si Sa Grandeur réalisait le dessein qu’elle avait déjà formé d'envoyer.des missionnaires à la rivière Rouge.

“Ce serait, disait-il, avec la plus grande satisfaction que je coopérerais de tout mon pouvoir au succès d’une. celle œuvre; et si Votre Grandeur veut choisir un sujet convenable pour l’entreprendre, je n'hésite pas à lui assurer ma considération et à lui offrir tous les secours que Votre Grandeur jügera nécessaires. .…,.?

Lady Selkjrk et plusieurs employés des jus influents de la Compagnie de la “Baie d'Hudson, presque tous protestants, écri virent dans le mênge sens. -

Monseigneur Plessis délégua Ye à la rivière Rouge È M. Tabeau," curé- de Boucher ville, avec, instructions de visité le pays et dé faire rapport sur l'opport gant faitèy.

d'y établir une inission,

Mais-AM. Tabeau se Inissa effrayer par les hostilités :

“qui se poursuivaient entre. Jes deux Compagriies, et il

suit :

ne se rendit pas même jusqu’ à la rivière Rouge. Pour. des raisons qu’on ignore, il ne fit rapport de son voyage que dans l’hiver de 1818,æt si l’on en juge par la Titre sévère que Mor. Plessis lui adressa, le 8 mars, ce Tapport n "était guère satisfaisant. | Mais le grand évêque n’abandontia pas’ son projet, et sa Jettre au curé de Boucherville- se-terminait comme

“J'ai la confiance qu’on trouvera, dans le clergé canadien, des hommes assez généreux pour .se mettre

à la téte de cette entreprise. N'est-ce pas honteux que pour le seul motif d’un gain temporel, des marchands nous aient devancés dans ces pays lointains.”

M. Provencher, curé de Kamouraska, et M. Dumoulin, un des vicaires de Québec, répondirent: à l'appel de leur. évêque, et partirent pour la rivière Rouge dès “qe miers jours de mai 1818. . ci

En même temps, M. Tabeau s'embarquait avec: les ‘ gens de la Compagnie du Nord-Ouest, pour se rendre | jusqu'à Fort-William, le siège principal des affaires de ;. la Compaguie,‘et pour aller donner des missions dans

Je s postés voisins, ‘ "i ge T Youte que l’on suivait aloïrs était celle que Champlain lui-même avait parcourde jusqu'au lac Huron, en 163 . rt. Le +

Les voyageurs partaient de Lachine en ‘canot, ets: remontaient la rivière des Outaouais jusqu'à Mattawa.. De là, par la rivière Mattawan et unésérie ‘de petits lacs et de portages ils atteignaient: le lac Nipissing, d'où ils gagnaient le lac Huron par la. rivière dés Francais. Longeant ensuite les bords du he Huron, et cinglant au milieu des îles innombrables de. la Paie Georgienne, ils arrivaient auBaut-Sainte-Marie, parcoüraient le lac Supérieur dans toute sa: longueur ei abordaient à Fort:

, William à l'embouchure de la rivière Kaministiquia, + CE

Nous ne suivrons pas les missionnaires dans leur long

os

he

voyage qui dura près de deux mois. Qu'il nous suffse. d'ajouter qu'ils arivèrent au fort Douglas, bâti au bord . dè la rivière Rouge, le 16 juillet ‘après-midi.

Le temps était splendide,: et la population réunie les attendait au rivage. Il y avait là de vieux coureurs:

des bois qui w’avaiunt pas vu de prêtres depuis leur

enfance, et des. Métis qui n'en avaient jamais vu.

C'étaient les. premières robes-noires qui venaient les

visiter, et elles- alluent à l'avenir demeurer au milieu d'eux. ‘ | :

Ce fut un jour mémorable et de grande joie pour la. rivière Rouge, et des lines d’attendrissement coulèrent ” de bien des yeux.

Le grain de sénevé était jeté en terre ; mais la germination en fut d’abord assez lente. .

Revenu au Canada, en 1820, M. Provencher y demeura deux ans. Ily fut sacré évêque de Saint- Boniface, le 12 mai 1822, et quand il reprit la route de

ses missions ii ne pût décider à le suivre qu’un jeune

. ecclésiastique, M. Harper, qui fut-plus tard ordonné

prêtre à la rivière Rouge.

Les premiers prêtres canadiens qui plus tard voulurent bien se dévouer à,ces lointaines et difficiles missions fureut M. Boucher en 1827, M. Belcourt en 1831, M:

.Poiré en 1832,"M. Jean-Baptiste Thibault en 1833,

Puis, vinrent M. Demers en 1837, M. Blanchet et M. Mayrand en 1838, M. Darveau en 1841, MM. Lafièche.

et Bourassa en 1844. Dans cette dernière année arrivaient aussi à la rivière Rouge les quatre premières religieüses, appartenant à la’ communauté des Sœurs ‘Grises. à | |

Depuis quelque temps déja Mai: Provencher réclamait l’aide d’un ordre religieux pour Îni"confier plus spécialement l'œuvre de ses missions, Ses vœnx furent enfin exaucés;et l'ordre des Ohlats de Marie Immaculée entra dans cette carrière immense où il exerce son ztle apostolique, depuis près d’un demi-siècle. ‘

C’est en 1845, que Ton vit arriver à la rivière Rouge, après un. voyage de deux mois, le R. l-Aubert, et le Frère Alexandre Taché, qui n’était alors que sous-diacre, et qui, x aus après seulement, devait recev oir la consécration épiscopale. ot . .

‘ Désormais, la vigne plantée par Mer Provencher, ne pouvait plus périr ;, car l’ordre des Oblats était tenu de

lui envoyer des ouvriers, et le .coadjuteur qu'il fournis-

‘sait À l’évêque de Saint-Boniface, possédait des qualif-

cations exceptionnelles. «

l« Je désirais un coadjuteur plus capable que moi, :

écrivait Mgr Provencher ; je ne doute pas de lavoir

trouvé en Jui. - Il possède les langues pour $e fat

entendre de tout son peuple ; : ila l’activité de la jeunesse, -et la prudence de plus d'un vieillard. J e crois que l'expédition des affaires ne le gênera pas. Dieu s'en est

mêlé, je l'en remercie.”

sr «

Aussi le vénérable prélat salua-t-1l le retour d'Europe de Mgr Taché, qui avait été sacré en France, en répétant les paroles du saint vieillard Siméon :. Nunc d'imitéie. servum tuum, Domine...

Ce salut était prophétique; car moins d’un an après, le T juin 1853, il s’éteignait doucement. à Saint-Boniface, où. vit encore le souvenir. de ses qualités et’ de ses.vertus.

Nous verrons plus loin ce qu est devenue l'œuvre. des missions au Nord-Ouest sous la direction de son

“illustre successeur,

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