‹ De Québec à VictoriaChapitre 20 sur 67 · CRE · texte numérisé non relu

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à 50 milles ouest de- Portage-la-Prairie s'élève une

‘autre ville aù ilieu d'immenses chanips de blé : c’est Carberry, On y voit déjà trois églises, cinq élévateurs, * des écoles, un journal, des magasins, des manufactures, trois hôtels, . deux bouchers, deux boulangers,: trois mnédecins, deux libraires, cet la ville est réa, :luière électrique. ° A vs - La quantité. de > grains ‘entassée dans les ES | Cubery Jannée dernière (1891) a atteint le chiffre d'un million . de minots. Les, terres de 160 acres s’y vendent 81,000 à $4,000, suivant leur location et leurs améliorations.

À partir de la Station suivante à se produit une dé-

jression assez sense dans lé prairie, et nous descendons

h pente de la väl ée où “eule 'Assiniboine, Bientôt nous traversons" cette rivière sui“in pont en fer, et de | nunbreux élévateurs qui, Lordent dl voie ferrée-xfous

annoncent le voisinage d’une ville mportante. C'est Brandon, agréablement située sur une colline, et très bien bâtie. +.

Cette ville a un grand avenir. Le commerce de grains et de bestiaux y prend de vastes développements, et-il—

FE étendra encore à mesure que s ‘allongeront les chemins . de fer dont Brandon est Je centre.

Un de ces chemins court vers le Nord-Ouest; nn autre va relier Brandon à Morris, au Sud; un troisième atteint les mines de, chaïbon de Souris, au Sud- Ouest.

Une dizaine d’élévateurs domine Ja ville, et plus de deux millions de minots de blé Y. ont -été apportés en "1891. : -

Il s'y fait. en même temps un grand commerce de billots 4’ épinette qui viennent des forêts du Nord pr - .…l’Assiniboine et qui sont sciés et vendus par les grandes scieries ‘de M. Christie, à à-une petite. distancé de la gare.

Je ne puis que mentiônner en courant ces villes -florissantes, et je passe sous silerice bien des stations qui seraient dignes de mention.

. Je ne décris d'ailleurs que les endroits que nous traver: sons. Mais que d'autres. ‘centres de’ pôpulation sont échelonnés le long de l'Assiniboiné et des lignes de chemin de fer an Sud et au-Nord de la: voie principale: Quand-nous quittons Brandon il fait nuit, et quoique” 77 noùs étardions encore. nos môntrés . d’une heure nous em voyons plus” un

Mais, au retour,-HOus - A VORs pu voir plusieurs des petites villes Qui grandissent à l’ouest-de Brandon, et nous'avons surtout remarqué Oak Lake, Virden, Elkhorn et Moosomin. Ce sont autant-de-centres- -agricoles pleins”

L ‘ie promesses pour l'avenir, : Moosomin est la première ville importante de l’Assiniboia. | . Quand nous avons: traversé Broadview, Grenfell, Wolseley et Qu Appelle, il y avait Pere que nous dormions profondément. |

C’est le calme et le silence qui nous réveillérent. Notre palais roulant était seul sur-une voie d'évitement, et le train régulier avait continué sa route sur ses rails - «

: interminables. Nous étions à Regina, capitale des Teri toires du Nord-Ouest.

On nous y attendait, et nous trouvâmes un solide déjeuner dans un des hôtels voisins de la gare. Puis, Dons NOUS réinstallons dans notre cher Canton, qu une: locomotive vient d'accrocher, et tournant le. dos à. Reyina nous filons vers %e nord. * |

Bientôt nous nous enfonçons dans une étroite vallée, #rrusée pat une branche ou un affluent de la riviere Qu’Appelle. Quelques fermes et'de rares troupeaux nous apparaissent de distance en distance.

. à une vingtaine de milles la voie se: bifurque. La ligne de droite court directement vers le Giand Lac, . qui a 6U milles de long, 2 à 4 milles de Jarge, et sur

lequel navigue. un bateau. :

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Ce serait la voie la plus courte-prour se rendre à

- -Prince-Albert-; maïs au-delà du Gr ecrit peu favorable-à- la -cuifüre, dit-on ; et l’on a calculé qu'il

serait plus avantageux de décrire un grand arc.à l'ouest pour atteindre la Saskatchewan du- Sud; Ja travéréer, & | courir ensuite vers Vrince-Albert entre les-deux rivières Saskätehewan. | D ot

La prairie‘ n’est guère plus accidentée à mesure que

-nous avançons vers le Nord, et les spectacles qu'elle

offre à nos regards sont toujours les mêmes.

: En étudiant la carte du pays, j’aperçois un carré rose, indiguant une réserve sauvage, et qui se nomme Pasquaw Band. J ‘interroge Mgr Taché— qui voyage . avec nous depuis Winnipeg — et il me raconte l’histoire suivante. | N

pisquas est le nom d'un chef sauvage qui vivait ic) ya quelques années, Le R. P. Hugonard avait entrttenu avec lui des relations plus ou moins fréquentes, et. le vieux chef, qui était resté païén, lui:avait dit : si tu apprends jamais que je suis malade viens me voir.

Un jour, le vieux Pasquaw se sentit mourir, et il fit avertir le zélé missionnaire qui se hâta d’accourir.

Mais il trouva auprès du. malade ses trois femmes, ‘et quelques-uns de ses guerriers, qui se montrèrent fort imités de voir arriver le prêtre. Les femmes surtout ne voulaient pas lui permettre d'approcher du malade, et lui répètaient sur tous les tons “ va-t-en ”, avec des

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Fagnr tu

et

meet : ‘ . regards et des grimaces qui manquaient complètement d'attrait. Les guerriers le regardaient aussi d’un fort

mauvais œil,

Mais: de--missionnaire- laissait Pis r'les à injures. que le vieux def pût imposer son autorité et le faire respecter par son entourage. De: temps en tèmps le’ moribond paraissait se ranimer, et en entendant les huprécations et les paroles menaçantes. de ses femmes, il faisait signe au missionnaire de ne pas s’en aller.

Le courageux missionnaire passa ainsi deux jours et

” deux nuits, priant en silence, et souffrant du froid et de la faim, attendant l'heure de Dieu. | - © Est-ce qe Dieu ponvait abandonner cette âme qui “lavait appelé? Est-ce qu'il n’entend pas des profonteurs de Pinfini l’humble soupir. que l'enfant des bois pousse vèrs lui du fond de son wigwam ? °

L'heure de Dieu vint enfin. Le troisième jour (c'est le troisième jour que le Christ ressuscita !) le malade fitun effort, s'assit sur sa couverte et git à à l'homme de k prière qu’il voulait être baptisé.

” Les femmes se précipitèrent sur lui, le reconchèrent tt voulurent éloigner Ie prêtre. Mais alors un d?s guerriers s’inter posa et interrogea le moribond.

Quand ses réponses fermes et nettès l'eurent con-

[vi sinçu me le vieux chef voulait résolûment recevoir >

as eo er

le baptême, il éloignä les fémmes-et dit on missionnaire de faire ce que Pasquaw demandait,

Le prêtre adressa alors la parole au vieillard, Il lui rappella les principales vérités de notre religion, et les

.—merveilleux--effets -du--sacrement qu'il allait Fécero Tout en lexhortant ainsi, le missionnaire réchauffait

dans ses mains une fiole qu’il avait apportée, et dans laquelle l'eau s'était. congelce. | À mesure que la glace fondait, ‘âme de Pasquaw s'attendrissait, Son vieux cœur, que les glaces de l'âge et les. affres de Ja mort- avaient envahi, s'embrasait : à l'approche du vrai Dieu: et quand l’eau- “sainte-du baptême arrosa son front, de, douces larmes coulèrent de ses Yeux, | Quand la cérémonie fat términée le P. Hugonard voulut se retirer: Mais alors les femmes s y opposérent. — “Puisqu' il est maintenant à ton Dieu, lui dirent-elles, reste avec-lui jusqu’à Ja fin pour lui ouvrir la porte de lantre monde eË le présenter au Grand Maître de la Vie” ‘

Le missionnaire se rendit À à leur deinande, et quand le mulade paraissait le désirer il lui parlait de son Dieu. Le lendemain, le vieux Pasquaw, après avoir bien des fois Daisé le crucitix rendit son me au Créateur. |

Son çorps repose dans le cimetière de Qu'Appellé, e celle de ses femmes qui avait fait le plus d’ spa à as son baptême va sonvent visiter sa tombe, Elle sy

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accroupit dans l’herbe, et l'on dirait qu'elle prie. Que se passe-t-il alurs entre l'âme du mort et celle de la mal-

heureuse restée fidèle à son souvenir ? Dieu seul le sait,

ämes se rejoindiont sans doute dans un monde meilleur. Nous avons: troublé la paix d’üne antilope qui paissait tranquillement dans un petit vallon où l'herbe était plus verte. Le sifflement de la locumotive Ta rendue fnlle de terreur, et elle a fait avec notre train une course | fchevelée, suivant ‘une ligne parallèle à quelques centaines de pieds de la voie. Nous avons eu ‘quelque peine à la dépasser, tant elle s'enfuyait avec agilité. De temps’ en | temps nous nous arrêtons à une gare isolée ;mais aucune ville ni village . ne s'élève encore sur cette voie nouvellement ouverte, - jusqu'à ve que nous arrivions à Saskatoun. Ici, nos regards un peu fatigués de la prairie peuvent se reposer enfin sur de grands’ aïbres dont les feuilles vert tendre ne . “ont.que s'ouvrir et sur une jolie rivière bordée de col- * lines boisées. L oo C'est la Saskatchewan 1 du sud, qui se nommait autrefois la Fourche des GrosiVentres, parce qu’une ribut de ce nom: habitait les Lords de la partie supé-

1 — Le vrai nom sauvage de cette rivière parait être Æi isiskt-

” “hkïvan (courant rapide); et celui de la station devrait être- Misaskwotonin (petite poire). Du premier mot les Anglais . ont fait Saskatchewan, et du second Saskatoon. à

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