‹ De Québec à VictoriaChapitre 52 sur 67 · AT RATE · texte numérisé non relu

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“sement vêtu et assis sur un trône, se lavait les mains.

dans vi bassin où ni 1 esclave e, debout à côté du d trône,

sable enter avec souniission En sènteñice inique,

. tandis qnè plisienrs juifs sombres et méchants, xaient

eur ui des regards furieux. Li

Le quatrième tablean était une image très réaliste

‘dela tagelation. Attaché, les mains deïritre le dos, : à

une colonne basse, et nu jusqu'à la ceinture, Notre- Seigneur s'inclinait sous Jes coups des’ bourreaux qui tenaient leurs: fonets levés, et ses épaules, ses reins et «à poitrine ruisselaient de sang. ‘ .

Le nième. réalisme sé retrouvait dans Xe. cinquième “tablean qui représentait le couronnement d'é épines. Vètu

Ÿ une Jongüc rabe blanche, et assis sur une chaise gros-

So, le Sauveur était entoure "de Juifs ét de soldats, et.

deux d'entre eux ajnstaient Ja. core d'épines à SON : fruit, dote s sans voulait snr sa face nuguste

. Mais’ nous avons’ été tont purtielitrement impres- ‘

sionné jar Je sixième t tiblein, et l'Indien qui personui-

init Fésns nons paru rendre avec une-vérité effrayante ‘a “chute de Natre Seigneur SOUS. le fardeau de K° croix. Fevêtu d'une ur inde tuniqne roue, le front couronné d'épines et. insanglanté, Les cheveux en désordre ef :retombant en larges mèches Sur sa figure souillée de sang'et de poussière, il était présqiüe . étendu. sur le sol,

sa md -croix-en travers sur ‘les épaules. Des soldats

“ns os ter

eriels le rouaient de. conps pour Je forcer-à se iclever,

cet Jui, appuyé sur sa main gauche. et soutenant la: croix de Krdroite, ‘redressait à. demi li tête.ei regardait. ses . hnurreaux avec une tristesse -indicible, tandis qu'une "femme indienne, figurant sainte Véronique, s s'avançait

avec un voile déplié pour essuyer son visage. |

Après le septième tableau, qui nous montr rit Jésus | rencontrant les. femmes de J érusalem et échangeunt av ec elles des regards attristés, la roctssion, chantant toujours sori lugubre céntique, arrivait enfin au sofnmet du Calvaire, © | \ .. F., |

Un grand crucifix, représentant le Christ de grandeur | mturelle, Y était planté. Une femme sui 196, | portant

le custurie que les. peintres attribuent génbralement à

: Madeleine, accrogpie sur 585 genoux, embrass uit le pied & la croix de ses deux bras et bnisuit es pieds du

Sinvedr. "Elle t tournait le dos au publie, et son abon- ‘7 “dante chevelure : noire recouvrait ses épaules etflottait

i JUSQU à sa ceinture ; mais quelques tresses tombaient sur Rs pieds du Christ et semblaient les essuyer.

‘Chrice à certain mécanisme qu'un sauvage fit mouv oir dans le crucifix, le: sang commença à couler des plaies ‘du Sauveur, De son côté ouvert, de ses mains et.de -

ses pieds percés, de sa tête couronnée d'épines, des jets . | des sang Coulèrent léntements $ur son corps, blanc comine. |

neige, et tombèrent goutte à goutte ‘sur Ja chevelure et. ls vêtements de Madeleine, | | CD k

© répand s sur scène üne empreinte

Tous les chants cessèrent, et la foule agenouillée, en proie à la plus: poigmante émotion, se mit à prier, -

Les Indiens psalmodiaient des prières dans leurs langues respectives et en Jatin, et ‘les voix d'hommes

alternaient avec les voix defemmés. Pendant léngtemps . N «

le murmure des Voix, tour à tour fort le ou mourantes, e solennité et de

tristesse. D TO ; un u

Ê ‘Au pied de la croix, Marie Madeleine semblait morte de douleur sous les flots de sang qui l'inondaient, A

“wauche de la croix, la Très Sainte Vierge se tenait debout, muette de souffrance, les mains jointes, et les

y eux x ides de lurmes levés vers le. divin crucitié: A

droite, se tenait saint Jean dans. l'attitude de la dotleur sans espoir. En arrière, étaient groupés -des J pis aux

costunes variés, des soldats et des. cavaliers romains

portant des larfces et'des épées. L'un d’eux'portait aùx

lèvrés du Sauveur une éponge ‘trémpée de fiel et de. vinaigre ; et.tous ces personnages ne bougenient pas

plus qué.des Statues. UN -

On sentait pesé sur la foule une o spréssion doulon-

rense, “et lé silence qui avait suecèlé. aux prières

ajoutait encore au sombre caractère de la lugübre.sc scène,

lorsque les chefs des tribus se levèrent, et dirent, dm. Mans sa lang ue : “ “Le Christ est mort !: Le Christ est N EH EU

mort!"

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Quelques sanglots. étouffés rompirent ne silence

qui suivit ;. des larmes jaillirent %e bien: des ès, et.”

les psilmodies plaintives recommencèrent.

Peu à “peu cependant les” prières se turent, et les | personnages du drame se dispersèrent. La foule Ssilen-

cieuse et recueillie 8 écoulr. Le soleil se voila æ épais ue

na en men ee rerenennen eee 9 Ne Pan 7 eee

E tmibèr, C'était le ciel mélant ses armes di | cellés de

htere. L —— ‘ Je m' “approchai du crucifix solitaire. Les planes de”

Ÿ l'estrade où .il était fixé étaient toutes’ rougies et le sue

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du Clrist coulait toujours. ns

O sang de mon Sauveur, c'ést ainsi que tu couleras Sur Ja terre jusqu'à. la fin des temps, afin de laver ls péchés sans cesse renouvelés. de notre triste humanitc!

Ah! qu'ils étaient loin de soupçonner cette merveille les bourreaux qui.ont crucifié Jésus! Quel sens profond’ se-cachait dans cette parôle divine pronom. à leur

sujet: “Ils ne saveht pas ce qu'il font :” —

. Non, ils ne savaient pas que ce sang qu'ils, versaient

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| était. unë fohtaine de vie dans. laquelle l'humanité était

régéuérée ! IK-ne savaient pas.que ce sang dont is

4 cry aient avoir épuisé les dernières gouttes en perçant

le divin cœui\eontinuerait d’arroser la terre, et due Û lng Fles régions ein lus lointaines. et dans les solitudes

! « . ue

les plus sanvages, il Coulerait sur des: autels pangant tes sièeles et des siècles ! —

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À 7 heures P. M. tous les habitants du camp sauvage :

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remontèrent la colline, musique en tête, et se massèrent daris la. grânde tente cathédrale, élevée à quelques pas dt calvaire. Ils x récittrent le chapelet, “qui fut suivi

Durien, évêque de New-Westminstér, officiait, et lex autres évêques assistaient au chœur. Tous les sauvages -chantaient les hymnes du salut avec ün ensemble

« étonnant, . | à

"Le camp | “des sept tribus offrait dans ta soirée. AU

panorama des plus pittoresques. Des céntaines de fox, étillnient aux portes des tentes, et projetaient ai Join . ‘des reflets rongeñtres et tremblants. Hommes, femmes

et enfants, accroupis en cerele autour des feux, fumaient et causaient. Pendant quelque temps les bébés criérent,

| les chicus aboÿèrent et hurlèrent ; puis le. silence

se se fit, les feux s'éteignirent, et l’on ne vit plus passer Ne que quelques ombres erfantes. à travers les tentes."

Be lendemain matin une- “cérémonie funèbre impo-

jeu dans la grande. tente cathédrale : c'était nn service. 50 lengel pour le repos “de l'âme du regretté

| évêque. de New-Westininster, Mr d'Herbomez.” Sa. grandeur Mer Femmes, dréque de Victoria, 0 officinit.

| .Ae.la bénédiction solennelle ‘du-Saint-Sacrement. Mr,

* ‘La fanfare des Indiens exécuta avec une-rare perfec-

tion les marches funèbres les plus connues ; et tous les

mutets, le Ayrie, le Dies re, le Libere furent

chantés, én Jitin .et pur cœur, par les quatre où cing

cents voix de la foule. - | - J'ai rarement entendu un cèncert sagré pluss urandiose.

"et plus | toüchant.. Ene particularité de ce. chœur: était-

le chant des jeunes filles sauvages dont les v voix sont, d'une vctave plus hautes que celles des fe mes. J'ai cru d’abord, en les entendant, qu'il y avait des violons | dans la fanfare et que c'était nn necompagnement du

‘ chanterelles ; ; je me retuurnai, “et vonstatai qu'il L + avait

ue à

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pas d'autres chanterelles que des gosiers de | jeunes fille»

Senles, ces, voix seraient criardes ; mais dans ce churur nombreux et puissant elles produisuient un left à Le ais curienx ét beau. | :

Et voilà douc, pensais-je, ce que la religion a fait de Xe urbares ! | Comment les missionnaires ont-ils réussi

Tir ? P avoie qne cela inè semble! prodige.” Le R. P. Lejeune — qui est'jeuhe comme son nuit,

et fort intelliuent — me dit que c'est par le stént rage QU ‘il leur appynd à hlire, Cela me parait plus extranr-- \inaire encore ; et ot-cependaut l'expérience est faite ut ke

sUCUÈS incontestable, les lenfuuts SEVRES Appreuent it Ere en huit j jours de cette manière.

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