‹ De quelques considérations sur la "Res publica" européenneChapitre 17 sur 74 · te · texte numérisé non relu

te

Seigle

1907. Thé....

Froment

Coton

1907. Daïzou

Tabac

(sorte de

Soie

fève)

Laque

1907. Pommes

Canne à sucre.

de terre . . .

Camphre

Le Japon fournit en surabondance et vend à l'étranger du thé et de la soie, du tabac, de la laque et du camphre. Par contre il lui achète du riz, des haricots et des pois, des graines oléagineuses, des sucres, des farines et des poissons salés, du coton.

En 1908 :

Exportations

Francs.

Thé 28.810.201

Camphre 5.329.788

Soies grèges 284 . 000 . 000

Importations

Francs.

Riz 55.000.000

Daïzou 28.000.000

Sucres 50.578.000

Coton brut 232.000.000

Le riz est récolté en assez notable quantité. Ses grains servent à préparer une sorte de bière, le saké et sa paille

JAPON. — EÉVELOPPEMEM ÉCONOMIQUE. -43

à confectionner les objets les plus divers. Le tabac est employé à la fabrication de cigarettes répandues dans tout l'Extrême-Orient. La presque totalité du camphre est produite par Formose et exportée; les nombreux usages que reçoit le celluloïd rendront son commerce de plus en plus actif. La culture du mûrier couvre 1/16^ de la superficie arable et s'étend d'année en année.

L'élevage est peu développé. Les bêtes à cornes au nombre de 1.200.000 ne sont utilisées que comme animaux de trait. Le mouton réussit mal. L'on en compte à peine 4.000 contre 80.901 chèvres. Les chevaux nécessairesà l'armée sont achetés en Australie. Les porcs (317.640) autour des centres urbains, les volailles et les œufs augmentent les ressources alimentaires du pays. En 1907 il a été abattu au Japon 160.00) bovidés, 65.000 chevaux, 177.000 porcs.

Le long des côtes la pêche fait vivre o 0/0 de la population totale, fournit un appoint précieux à la subsistance des habitants et contribue à atténuer le déficit alimentaire annuel.

Ainsi les Nippons ne peuvent demander à leur territoire la totalité des éléments de leur nourriture. Leur nombre qui s'accroit chaque année de 500.000 unités atteignait, sans compter Formose peuplée de 3 millions d'individus, 47 millions en 1904. Tandis qu'en vingt ans la population augmentait de 21 0/0 la superficie des rizières ne s'accroissait que de 10 0 0.

Le gouvernement japonais s'est préoccupé de cette situation et s'est efforcé d'améliorer la productis'ité de l'agriculture nationale. Dans ce pays de forte densité, 122 habitants au kilomètre carré, la culture intensive est depuis longtemps une nécessité. Le sol est divisé en nombreuses petites parcelles soigneusement fumées et irriguées. Des herbes vertes qui se décomposent rapidement sous l'eau et la boue dont on les recouvre, les poissons non consommés ou les détritus de ceux qui sont absorbés, des

tourteaux achetés à rétranger' — pour 75 millions de francs en 1908 — sont d'excellents engrais universellement employés. Le salaire des ouvriers des champs est encore peu élevé, outre la nourriture 1 franc pour les hommes et 0 fr. 65 pour les femmes. Div erses mesures ont été prises par les pouvoirs publicsqui ont abouti à la fois àVaug"mentation des surfaces cultivées et à l'accroissement des rendements à l'hectare.

« Avant tout il était de la plus grande importance d'agrandir les lots de terrains petits et irréguliers, de refaire et redresser les petits chemins ruraux ainsi que les rigoles et fossés, de mettre en état de rendement les lopins de terre improductifs mêlés ça et là à des champs cultivés, d'améliorer les terres par tous les moyens possibles et enfin d'encourager l'usage desmachines et autres procédés agricoles ))(i).Une loi « de l'ajustement des terres arables » est venue en 1900 accorder des faveurs spéciales aux entreprises coopératives de la classe agricole. Les associations créées en vue de constituer des approvisionnements d'<îau ont été déclarées d'utilité publique. La réunion des capitaux a été facilitée par l'organisation de divers établissements de crédit, Banque hypothécaire du Japon (-), Banque d'agriculture et d'industrie. Banque de défrichement et de colonisation du Kokkaïdô. « La loi sur les sociétés coopératives » promulguée en 1900 encourage la formation d'associations de crédit, d'achat, de vente, de production et leurs combinaisons (sociétés coopératives), ainsi que l'agglomération de petits capitaux qui, par voie d'assistance mutuelle, sont appliqués à des entreprises agricoles. Ces associations à la fm de 19(^8 atteignaient le nombre de 4.344 ». Une Ferme nationale d'essais et diverses succursales procèdent à des expériences pratiques

(1) Annuaire financier et économique, 1909, p. 50.

(2) Sa prospérité est telle que les dividendes distribués aux actionnaires n'ont pas été inférieurs à 10 0/0.

J\POx\. — AGRICULTURE. 45

« recherches sur les semences, les maladies végétales, les dégâts causés par les insectes, les instruments agricoles, l'élevage du bétail, etc. ».

Deux Instituts d'État vulgarisent les meilleures méthodes d'élevage des vers à soie. Les quantités et la qualité de la soie produite augmentent tous les jours. Depuis 1896 un établissement spécial vérifie à Yokohama la qualité des soies écrues. Des expériences faites sur la préparation du thé ont eu pour résultat l'adoption de nouvelles machines et de procédés originaux « grâce auxquels on obtient à la fois une réduction du travail manuel, une diminution des frais de production et une amélioration de la qualité ». Des sociétés agricoles douées de la personnalité civile et subventionnées par l'Etat ouïes administrations locales existent actuellement au nombre de 46 sociétés départementales, 600 pour les arrondissements et les grandes villes et 10.000 pour les petites villes et les villages. Une loi spéciale, qui est rigoureusement observée par les cultivateurs assure VA?muaire, a été votée « pour éviter et faire disparaître les maladies et insectes nuisibles ». La a loi préventive des maladies du ver à soie » ordonne des mesures énergiques de désinfection contre les œufs contaminés. Les lois préventives « des maladies du bétail » et « de la tuberculose bovine » sont destinées à protéger le cheptel national et la santé publique tandis que celle sur « l'utilisation des engrais » a pour but de favoriser le développement de l'agriculture.

Les résultats de cette politique n'ont pas tardé à se faire sentir. Presque toutes les cultures sont en progrès, moins à cause de l'extension des étendues cultivées qui ne porte guère que sur le riz et le seigle, les pommes de terre et les patates, le tabac et la canne à sucre que sur l'accroissement du rendement par unité de surface.

Page 1