OBSERVATIONS VII ET IX
Extraites de Saint-Bartholomew?’s Hospital, reports, volume VI, 1870 par G. W. Callender.
FRACTURE DE LA TÊTE DU PÉRONÉ. NÉVRITES INTENSES CONSÉ- CUTIVES; AMPUTATIONS ET GUÉRISONS
Au musée du Guy’s Hospital, on trouve la tête du péroné, avec la portion du nerf poplité externe qui a été déchirée dans un cas de fracture de cet os; le malade mourut trois semaines après l'accident.
Un jour, un homme, âgé de 45 ans, fut pris et entraîné par les rouages d'une machine à vapeur ; la jambe droite resta pendant quelques temps gonflée et douloureuse, un peu au dessous du genou, surtout en dehors vers la tête du péroné. Les artères tibiales battaient normalement.
Peu à peu, le gonflement gagna toute la jambe, dont la peau devint tendue et froide. Les piqûres ne provoquaient aucune sensation douloureuse.
Au bout de quelques jours, le membre tout entier devint le siège d’une douleur intolérable, qui, malgré de fortes doses d’opium, resta si atroce que le malade commença à dépérir rapidement; aussi sir William Lawrence résolut-il d’amputer le membre, ce qu’ilfit le douzième jour après l’accident. Le malade guérit de l'opération.
À l'examen des parties amputées, on trouva la tête du péroné en morceaux ; les tissus voisins étaient fortement contus, et le nerf péronier fut trouvé écrasé et déchiré. Pas de fracture du tibia.
Une autre fois, un homme présentait une fracture simple des deux os de la jambe, du tib'a vers son milieu, du péroné un
Hors
peu au dessous de la tête. Il fut longtemps traité à l’hôpital St-Barthélemy. Son retour à la santé était retardé par les mauvaises conditions de nutrition de sa jambe, qui fut le siège d'inflamations répétées. Il en arriva à ne plus pouvoir se servir de son membre, dont la peau était sèche, lisse, tendre, sujette aux inflammations ; la jambe était le siège d’abcès douloureux, violents, dont la cause fut attribuée à la lésion du nerf péronier au niveau du siège de la fracture du péroné.
Cinq mois plus tard, les douleurs étaient si vives, l’impotence du membre si absolue que M. Little, à l'hôpital de Londres, se décida à désarticuler le genou. Le malade guérit.