‹ De quelques éléments du pédicule pulmonaireChapitre 12 sur 36 · VEINES PULMONAIRES · texte numérisé non relu

VEINES PULMONAIRES

Nous avons le plus souvent étudié les veines pulmonaires sans injection préalable. Dans un certain nombre de cas cependant (8 sujets) nous les avons remplies par l’aorte ou par l'oreillette, mais chez la plupart des cadavres dont nous avons pu nous servir et qui étaient depuis longtemps préparés, l'injection veineuse a été incomplète par suite de la présence de caillots dans le cœur et les gros troncs veineux. On réussit mieux en s'adressant à des sujets où l'injection conservatrice a été faite depuis peu et en lavant les veines par un courant d’eau envoyé sous faible pression dans l'artère pulmonaire avant de faire pénétrer l'injection colorée.

Nous avons toujours rencontré la disposition classique.

Dans l’intérieur du poumon les veines pulmonaires ne sont que très partiellement satellites des bronches et des artères, et nous avons déjà vu que ces dernières ne suivaient pas les bronches d’une manière absolue. Les veines pulmonaires recueillent dans chaque lobe le sang rouge de territoires irréguliers, imparfaitement calqués sur la disposition des artères et des bronches.

Elles viennent dans la région hilaire se condenser en quelques troncs collecteurs, imbriqués pour quelques-uns avec les divisions artérielles et bronchiques, placés pour la plupart

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à la partie antérieure de la zone de dispersion du pédicule pulmonaire pour les lobes supérieur et moyen et à la partie postérieure de ce pédicule pour le lobe inférieur.

Les veines du lobe supérieur se réunissent en un tronc unique prébronchique, qui forme essentiellement la veine pulmonaire supérieure. Il descend oblique en dedans et un peu en bas pour gagner la partie supérieure de l'oreillette gauche.

Du lobe moyen se détache habituellement un tronc unique de calibre relativement réduit qui vient tantôt se jeter au niveau du bord inférieur de la veine pulmonaire supérieure droite et qui, dans d’autres cas moins fréquents, garde son individualité pour venir aboutir directement à l'oreillette gauche en constituant dans ces cas une véritable veine pulmonaire moyenne.

Au niveau du lobe inférieur les troncs collecteurs placés habituellement derrière la bronche se dégagent le plus souvent au nombre de deux. Convergeant l’un vers l’autre, ils se réunissent bientôt, s'ils ne l'ont déjà fait dans le poumon en une volumineuse veine pulmonaire inférieure qui va se jeter à la partie postérieure et inférieure de l'oreillette gauche. Quelques millimètres séparent à peine l'embouchure des deux veines pulmonaires d’un même côté.

La veine pulmonaire inférieure occupe nettement une place postérieure par rapport aux autres organes du pédicule pulmonaire. Elle constitue l'organe le plus postérieur du pédicule du poumon, d'où le nom de veine pulmonaire postérieure que lui avait très exactement donné Bourgery.

La veine pulmonaire supérieure, par sa situation en avant

des bronches et de l’artère pulmonaire,mériterait,au contraire,

au moins dans la partie voisine du hile,le nom de veine pulmonaire antérieure. Dans sa portion juxta-hilaire elle affecte toujours à droite des rapports avec le nerf phrénique placé un peu en avant d'elle.

Les veines pulmonaires dans la portion interne de leur trajet médiastinal sont situées au-dessous des bronches et de l'artère pulmonaire qui leur est sous-jacente. Un centimètre environ de ces veines est situé hors du péricarde, le reste de ces vaisseaux est enfermé dans le péricarde. Leur partie antérieure répond à la grande cavité péricardique, leur face postérieure au cul-de-sac de Haller.

ARTÈRES BRONCHIQUES

Nos recherches ont porté sur douze cadavres dont nous avions injecté les artères de la partie supérieure du tronc au suif ; c'est dire que les vaisseaux artériels de quelque importance ont été seuls conservés dans nos préparations.

Cinq des sujets qui nous ont servi pour cette étude avaient reçu leur injection conservatrice par la carotide primitive ou par la fémorale. Nous avons, chez eux, poussé l'injection artérielle par l'aorte abdominale et sous assez forte pression.

Les autres sujets où le liquide conservateur avait été introduit par l'aorte thoracique ont également reçu par cette dernière leur injection de suif. Nous risquions dans ces cas de ne pas remplir quelque vaisseau né de la partie antérieure de la crosse aortique. Nous avons autant que possible évité cette cause d'erreur en choisissant nos sujets parmi ceux dont l'aorte avait été ouverte très près du cœur et en introduisant peu

notre canule.

Voici l'exposé des faits que nous avons observés (1) : À GAUCHE, nous avons trouvé derrière la bronche, 9 fois sur 12, une artère bronchique supérieure et une artère bron-

chique inférieure.

(1) Dans nos planches de VIIT à XIT nous donnons l'image de plus de la moitié de nos dissections.

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A prorre, nous avons relevé 6 cas (sur 12) de coexistence de deux artères supérieure et inférieure rétro-bronchiques.

Ce qui donne en somme la proportion suivante qui est d'ailleurs celle des classiques :

À gauche, deux artères bronchiques dans deux tiers des cas.

À droite, deux artères bronchiques dans moitié des cas.

Quand l’une des artères bronchiques postérieures manque, c'est l'artère inférieure qui fait habituellement défaut.

Ces vaisseaux rétro-bronchiques sont assez volumineux, gros comme une plume de corbeau environ.

Sur aucune de nos préparations nous n'avons trouvé les artères bronchiques antérieures ou supérieures décrites et figurées par un certain nombre d'auteurs comme venant ou du segment ascendant de la crosse aortique, ou de la mammaire interne.

Nous avons par contre toujours constaté la présence de fines artères bronchiques accessoires dans le ligament triangulaire. Elles sont principalement développées du côté gauche. C'est vraisemblablement au voisinage plus immédiat de l'aorte qu'est dû, tant pour les artères principales que pour les artères accessoires, le plus grand nombre des vaisseaux artériels

bronchiques de ce côté.

Artères bronchiques gauches. — A gauche le mode d'ori-

gine et le trajet des artères bronchiques paraït être le suivant :

L'artère bronchique supérieure se détache d'ordinaire de la concavité de la crosse aortique, au niveau du bord supérieur de la face postérieure plane de la bronche gauche. Mais elle

PA M peut avoir une autre origine. C’est ainsi que nous l’avons

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