‹ De Quelques Notions Critiques sur la Pathogénie et le Traitement de l'Angine de PoitrineChapitre 19 sur 26 · III. — Les injections paravertébrales d'alcool · texte numérisé non relu

III. — Les injections paravertébrales d'alcool

Les dangers et les résultats inconstants de la méthode chirurgicale de la résection du sympathique cervical ont amené certains auteurs américains à pratiquer des injections d’alcool dans les nerfs dorsaux supérieurs.

C'est en février 1927 que MANDE et SwETLOW ont les premiers tenté des injections de novocaïne et d’alcool.

Puis ce sont JAMES Wire et Paul D. Wire de Boston qui en 1928, reprennent cette méthode du blocage des cinq nerfs dorsaux supérieurs et en précisent la technique.

Il s’agit d'atteindre les fiores cardiaques afférentes qui comprennent les nerfs cardiaques supérieur, moyen et inférieur du sympathique cervical, les filets provenant du ganglion étoilé et plus bas ceux venant du sympathique cervical.

Mais les plus inférieures de ces fibres ne sont pas interrompues, les communications entre le sympathique cervico-dorsal et la moëlle se font par les racines cummunicantes des nerfs dorsaux supérieurs et ce sont ces racines que l'on veut bloquer par les injections.

Le matériel se réduit à une seringue de 10 cmÿ, à plusieurs aiguilles de 10 cm., sur lesquelles sera enfilé un petit morceau de caoutchouc pouvant servir d’index de pénétration. Le tout doit être parfaitement stérilisé.

Le malade est couché sur le côté droit, le torse nu

dans la position du sujet sur lequel on va pratiquer une ponction lombaire.

Dans le cas présent, ce sont la région dorsale supérieure et les épaules qui seront aseptisées avec soin à la teinture d’iode.

Les épines des cinq vertèbres dorsales sont repérées avec précision et marquées sur la peau avec une tache d’acri-flavine qui a la propriété de faire marque noire au contact de l’iode.

À quatre centimètres à gauche de chacun de ces cinq repères on fait une injection de syncaïne à 1 %. Puis en chacun de ces points, les aiguilles sont enfoncées perpendiculairement au plan du dos de 3 à 5 cm., jusqu’à ce que l’on sente la résistance de la côte sous-jacente. On incline l’aiguille pour qu'elle passe sous le bord inférieur de la côte, à son contact et on fait faire à l’aiguille un angle de 45° avec le plan du dos vers la ligne médiane et le sacrum.

L'’aiguille est alors enfoncée exactement de deux centimètres, qui seront mesurés à l’aide du petit index . de caoutchouc enfilé sur chaque aiguille.

La pointe de l’aiguille doit ainsi se trouver entre les muscles intercostaux interne et externe au contact du paquet vasculo-nerveux intercostal.

Les Write enfoncent les cinq aiguilles à la fois. Si l’une d'elles a blessé un vaisseau, elle est retirée légèrement puis enfoncée à nouveau.

Par précaution, il est bon d'’aspirer dans chaque aiguille pour être sûr qu'il ne vient ni sang, ni liquide céphalo-rachidien.

C’est alors que l’on injecte au niveau de chaque piqûre 5 cm* de syncaïne. Si l'une des aiguilles est dans la plèvre, le malade tousse et l’on modifie la position de l’aiguille mal placée. SwirLow se servait d’un petit

manomètre pour mellie en évidence, dans le cas de piqûre dans la plèvre, les variations de pression liées aux mouvements respiratoires.

Lorsque les aiguilles sont bien placées, les injections de syncaïne produisent pendant ies dix premières minutes qui suivent, une anesthésie caractéristique. Cette anesthésie va transversalement depuis la ligne médiane dans le dos jusqu’au sternum en avant et en hauteur du cinquième espace intercostal à la région où les branches descendantes du plexus cervical recouvrent les premières côtes.

Si le blocage des deux premiers nerfs dorsaux est bien obtenu, on observe une anesthésie de l’aisselie, qui se prolonge le long du bras, de quelques centimètres, anesthésie qui s'accompagne d’un syndrome de Horner (pupille gauche en myosis, diminution de la fente palpébrale gauche).

C'est quand l’anesthésie par la syncaïne paraît complète que les injections de 5 cmc. d'alcool à 85° sont pratiquées.

Les statistiques publiées à la suite de cette méthode thérapeutique portent sur un petit nombre de cas. Il s'agissait de malades gravement atteints, chez lesquels les autres traitements étaient restés sans effet. Les crises très violentes et très fréquentes se sont atténuées ou espacées dans des proportions diverses que voici:

un cas avec une amélioration de 90 %

un cas avec une amélioration de 75 %

un cas avec une amélioration de 50 %, (mort par trombose des coronaires)

un cas avec une amélioration de 25 %

un échec.

La méthode ne comporte pas de complication grave. Les malades, ainsi traités, se plaignent seulement

d’une hyperesthénie £es 5eifs injectés pendant deux à quatre semaines. En outre, un ou deux ont souffert de ciises douloureuses à droite, qui ont nécessité pour l’un une série d’injections à droite.

Si les résultats obtenus semblent intéressants, il faut bien reconnaître que la technique de cette méthode est délicate, et nécessite un entraînement particulier de l'opérateur. C’est déjà, en dehors de sa valeur qui aurait besoin d’être confirmée par un plus grand nombre de cas, un défaut très grave qui la rend difficilement applicable.

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