AVANT-PROPOS
En terminant nos études médicales, nous avons le devoir d'adresser à nos Maîtres nos remerciements pour les enseignements que nous avons reçus d'eux.
Depuis deux ans déjà nous attendions l'heure où il nous serait donné d'inscrire, en préface de notre thèse, notre reconnaissance envers tous ceux qui ont contribué à faire de nous un médecin. La maladie seule, en nous éloignant des armées où nous avons passé plus de dix mois, nous a permis d'achever ce travail.
Nous ne pouvons penser sans angoisse que, cette thèse, nous aurions dû la soutenir devant les maîtres de notre chère Faculté de Lille, aujourd’hui entre les mains de l'ennemi. C'est avec tristesse que nous songeons qu'en ce jour nous aurions eu près de nous nos chers parents restés dans la cité envahie ; notre pensée va vers eux dont les sacrifices ont fait de nous un homme et vers les maîtres dont la science n'avait d'égale que la bonté. Par delà la ligne de feu, nous leur adressons l'hommage de notre reconnaissance, l'assurance de notre affection et de notre pitié pour ce sol encore foulé par l’envahisseur, en attendant l'heure rédemptrice de la hbération.
Mais, exilé du pays natal, il nous est doux d’être consacré médecin dans cette Faculté de Montpellier à l'antique renom.
Nous avions demandé au clair soleil du Midi de nous rendre la santé, aujourd'hui nous sollicitons de maîtres illustres la consécration de nos efforts. Nous avons reçu auprès d'eux l'accueil le meilleur, et-la vieille École fut hospitalière à l'étudiant exilé.
Sur la nostalgie de notre cœur, un rayon de soleil a glissé, ce chaud réconfortant et lumineux soleil des cieux méridionaux.
Qu'il nous soit permis de dire aux professeurs, qui nous ont reçu avec tant de bonté, toute notre gratitude. Leur souvenir restera gravé dans notre âme, comme dans notre mémoire repasseront toujours les paysages enchanteurs de cette terre ensoleillée, sœur et rivale en beauté de la Grèce antique.