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De quelques sépultures d'anciens indigènes de l'Amérique découvertes à Montréal [microforme]

(Traduit du Canadian Nafuralist et annoté pour le Jour at de l'Instructici Prublu uc)

CS SRE 73

IMPRIMERIE D'EUKEBE SENECAL, 4, RUE Sr. VINCENT.

ARCHÉOLOGIE CAMADIENNE

Vers la fin du mois dernier, l’auteur de ce mémoire, informé que des ouvriers travaillant pour M. Ed. Dorion, près de la rue Mansfield, avaient trouvé ce qu’on croyait être des ossements de Sauvages s’adressa à ce dernier qui eût la complaisance de donner, pour la Société d'Histoire Naturelle les spécimens qu’il avait en sa possession, et ordonna à ses employés de conserver tous les restes qu’ils pourraient trouver. Les spécimens obtenus de M. Dorion sont : un crâne qui accuse évidemment letype américain ; des fragments d’un autre crône, des restes de vases de terre semblables à ceux que les aborigènes fabriquaient avant la colonisation du pays.

L'endroit où ces restes ont été trouvés est immédiatement audessous de la rue Sherbrooke, entre les rues Mansfield et Metcalfe, et en ligne avec Burnside place. Il forme partie de l’élévation ou terrace sèche et sabloneuse qui s’étend entre le ruisseau du Collége et celui qui coule à travers la propriété de l’Honorable Juge Smith, sur le niveau de la rue Sherbrooke, et qui s’incline rapidement vers le bas-fond, en arrière de la rue Ste. Catherine. Le terrain a été labouré, mais aujourd’hui il est abandonné et il ne fournit que du sable à bâtir. Ce sable est du dépôt Post-Plio-

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cène, que j’ai appelé ailleurs le Sable Savicave (1) ; il forme une couche de deux à six pieds de profondeur et il repose sur une surface inégaie d'argile de Léda.

Des informations m’apprirent que les ouvriers employés à transporter le sable avaient souvent trouvé des squelettes et les avaient ensevelis dans l’argile au-dessous du sable, où leur présence plus tard pourrait faire supposer que l’homme en Canada a été contemporain de ce terrain, qui est historiquement trés-ancien, quoique d’une formation géologique très-récente. J’indique le fait de Pensevelissement de ces squelettes dans l’argile de Léda afin d’empêcher, s’il est possible, une erreur qui serait si sérieuse.

Les squelettes trouvés par M. Dorion étaient assis ou courbés en avant, mais on n’a pas remarqué leur position exacte. Quelques jours plus tard les ouvriers en découvrirent un autre que j’ai vu insitu. C’était celui d’un homme d’environ 50 ans. Le corps était incliné, la tête tournée vers l’est, la figure vers le sud ou le sud-ouest ; il avait les genoux pliés et relevés vers la poitrine et les bras placés de manière que les mains lui couvraient la figure. Les os avaient conservé leur forme, mais ils étaient jaunis par l’oxide de fer contenu dans le sable, et l’absence de matière animale les rendait cassants. Les cheveux, et toutes les parties noiles avaient complétement disparu : il est évident que le sque-

ie reposait depuis des siecles à l’endroit où il fut trouvé. Il n’y avait absolument rien qui l’enveloppât, et aucnn objet d’art ne se rencontrait dans le sable environnant. Il était à deux pieds au-dessous de la surface du sol. Un autre squelette, trouvé plus tard, avait la même position, courbé en avant, avec ja tête tournée vers l’est. Des morceaux de vases de terre furent trouvés auprès de ses mains. Tous ces squelettes apparienaient à des personnes âgées ; mais les ouviiers ont aussi trouvé les restes d’un enfant âgé peut être de 8 à 9 ans ; une partie seulement en a été conservée.

En examinant le terrain auprès de ces excavations, j’ai trouvé que cet endroit avait été occupé non-seulement par un cimetière des aborigènes, mais encore par un village ou par quelques-uns de leurs camps. Des fragments de poterie, d’autres objets travaillés, des os d’anim 1x sauvages sont mêlés en grand nombre dans le sol, surtout dans le voisinage d’endroits où des cendres, des charbons indiquent la position de feux domestiques. Quelques-uns

(1) Canadian Naturalist II, p. 402, Fig, 1, E, t.

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