‹ De quelques sépultures d'anciens indigènes de l'Amérique découvertes à Montréal [microforme]Chapitre 9 sur 9 · SES DRE · texte numérisé non relu

SES DRE

PS

ont une espèce de rainure pour recevoir un manche, et les autres, pour être employés à la main nue, sont arrondis comme ceux que nous voyons représentés sur les monuments égyptiens ; des pierres plates qui servaient à cuire le pain ou à préparer les peaux.

Il y à aussi une grande quantité de pierres qui ont éprouvé lac. tion du feu, peut-être ont-elles servi aux sauvages à faire ewire leur pain de blé-d’Inde.

7. Objets métalliques.—Parmi le petit nombre d’omjets de ce genre, trouvés dans des circonstances qui empêchent d’attribuer leur présence à un simple accident, les plus intéressants sont : un petit couteau ressemblant à un scalpel ; un clou sans tête, arrondi et affilé à la pointe ; un petit morceau rectangulaire d’une plaque de cuivre, qui paraît avoir été détachée d’une masse plus considérable à l’aide d’un ciseau en pierre ou de quelque autre instrument.

Fig. 8.

8. Restes de nourriture.—Le menu des repas de l’ancien Hochelaga semble avoir compris tous les mammifères sauvages du pays et en même temps un assez grand nombre d’oiseaux et de poissons ; mais on y voit aussi figurer le castor qui domine de beaucoup, et de nombreux restes d’ours, surtout la mâchoire inférieure. J’ai parlé, dans mon précédent article, de grains de bléd’Inde : il s’en rencontre seaucoup dans un endroit qui vient d’être fouillé et où abondent les débris de poterie: ces grains semblent appartenir à l’espèce commune qui est encore cultivée dans ce pays,

A la même place, j’ai trouvé une fève qui paraît être la /hoseolus vulgaris ; ce qui fait voir que cette plante était cultivée aussi bien que le blé. Les grains de blé et les fèves qui se sont conservés sont ceux qui ont été carbonisés accidentellement dans les foyers : ils sont parfaitement noirs et très-friables. Dans un endroit, on a trouvé une grande quantité de glands rôtis : ce fruit servait probablement de nourriture dans les temps de disette. Les noyaux de prunes sauvages sont très-communs, et M. Murphy a trouvé des noix douces.

Les collections des différents objets dont nous avons parlé dans ce mémoire seront déposées dans les musées de la Société d’Histoire Naturelle et du Collége McGill, afin que nous puissions conserver ces restes fragiles de l’art grossier et de la vie simple de ceux qui nous ont précédés sur le sol de Montréal, peuple infortuné dont le nom comme la race s’est éteint prématurément ; aujourd’hui, heureusement, il est préservé de l’oubli par le souvenir de son hospitalité et de sa bonté envers l’ancien voyageur français, et par les témoignages qui viennent d’une manière si inespérée confirmer la véracité de Jacques Cartier.

Dans le rapport du S'mithsonian Institution de 1856, il y a une notice de M. Guest, sur les restes de villages sauvages situés près de Prescott, C. O,, et il est très-intéressant d’observer la similitude de détails qu’il y a entre ces restes et ceux trouvés ici à Montréal. Ces villages sembleraient, par les dimensions des arbres qu’on assure s’être élevés sur leur emplacement, avoir été abandonnés avant la découverte du Canada. 1ls méritent qu’on y fasse de nouvelles recherches, dans le but, surtout, de s’assurer s’ils appartenaient aux Hurons ou à une population de même origine que celle d’Hochelaga.

J. W, Dawson, Canadian Naturalist.

Page 1