DE SAN FRANCISCO AL' CANADA
de répandre par le monde les fruits de son labeur actif et incessant.
« Vous n'eussiez pas éprouvé àe pitié en constatant la pauvreté de nos musées historiques, si vous vous étiez arrêté pour compter le nombre d'années durant lesquelles le peuple américain a figuré dans l'histoire. De ce point de vue, il vous serait bien difficile de trouver un peuple qui ait fait quelque chose de mieux que nous dans cet ordre de choses*. D'ailleurs, le passé n'apparaît valable et intéressant qu'à la vieillesse branlante, auxvieilles gens et aux vieux peuples. Notre gloire, s'il vous plaît de la voir, est celle du travail qui prépare l'avenir. Elle n'est pas enfermée dans un passé momifié, dans des musées, ou cataloguée dans des livres, que le vieillard couve des yeux et manie de ses doigts tremblants : comme si, faute d'énergie intérieure pour embellir son existence, il voulait conjurer la mort par les rêveries et les reliques dupasse*.
« Évidemment, pauvres Français, vous n'êtes pas responsables d'être nés dans un pays dont la grandeur est renfermée dans les musées historiques. De même que nous. Américains, si nous jouissons d'un sort plus heureux, ce n'est pas grâce au mérite de notre propre intrigue î Ne venez donc point parmi nous avec votre rôle héréditaire de vieillards myopes, sourds, infirmes et bougons. Nous sommes trop jeunes et trop
1. D'accord. Mais quand on n'a rien à mettre dans un musée, on n'en fait pas. C'est justement ce qui m'a fait rire — et bien innocemment — à Boston.
2. Pourquoi alors cette manie que vous avez de vous vieillir, et d'essayer de donner le change? Vous agissez comme ces faux nobles qui étalent des parchemins ridicules et sans valeur. Ayez donc l'orgueil de ce que vous êtes. C'est cela, en eûet, qui lait votre mérite, sinon votre gloire.
occupés pour songer à ce qui n'est plus. Nous ne voulons pas vous manquer de respect*, mais ce n'est pas nous donner un bon exemple que de nous gronder toujours et de nous dénigrer comme vous le faites*.
c Les digressions sur l'habileté des Américains dans l'art de cracher manquent d'esprit et de délicatesse, surtout quand elles s'adressent à des lectrices. Vous dites même que nous avons établi des concours pour ce genre de sport. Je n'ai nullement l'intention de nier, sur certains points, la vulgarité des Américains. Si je voulais être malveillante, j'admettrais qu'en une foule de cas, ils sont presque an:'si grossiers que les Français'. Mais depuis queDicke. fit pour la première fois une réflexion spirituelle sv? cette habitude de cracher tout en essayant de l'expliquer par les conditions climalériques de notre pays et leurs conséquences, depuis ce temps cette habitude est une source de plaisanteries pour la vieille Europe.
c Je ne veux pas la détendre ir-i, pas plus que je ne voudrais me moquer de la Umn des tuberculeux en France*.
« En ce qui concerne la oorrecti a des habitudes individuelles, avouez qu'il nous ma que encore celle de « manger bruyamment' >> et mal, ré leur habileté, leur adresse reconnues, il faut que les Américains