‹ De tout un peu (volume 2)Chapitre 30 sur 50 · L’INCENDIE DE HAMBOURG · texte numérisé non relu

L’INCENDIE DE HAMBOURG

Paris, le 20 mai 1842.

Au jour où nous sommes, la plupart des peuples doivent encore avoir pour première visée de fortifier leur sentiment national, ou plutôt de l’exploiter, .afin de parvenir à l’unité intérieure, à la centralisation de leurs forces, et par conséquent aussi à se fortifier au dehors, en face de leurs menaçants voisins. Mais le sentiment national n’est qu’ùn moyen pour atteindre un but ; il s’éteindra de nouveau du moment que ce but sera atteint, il n’a point un avenir comparable à celui de ce cosmopolitisme qui fut proclamé par les plus nobles esprits du xvme siècle, et qui, tôt ou tard, finira par triompher pour toujours. On a pu voir, à l’occasion de l’in-

cendie de Hambourg, quelles profondes racines ce cosmopolitisme a jeté dans le cœur des Français. Le parti de l’humanité a célébré là un grand triomphe. On ne peut se faire d’idée de la puissance avec laquelle un sentiment sympathique s’est emparé de toutes les classes du peuple en apprenant le désastre qui a frappé cette lointaine ville allemande, dont la situation géographique n’était peut-être connue que d’un très-petit nombre. Dans de semblables moments, on peut se convaincre que les peuples de cette terre sont plus étroitement unis qu’on ne le pense ou ne le désire çà et là, et que, en dépit de la diversité des intérêts, un brûlant amour fraternel s’allumera en Europe quand le moment sera venu. Mais, si la nouvelle de cet effroyable incendie a provoqué la sympathie la plus touchante chez les Français, qui venaient d’être atteints euxmêmes par une douloureuse catastrophe 1 , cet intérêt devait être plus considérable encore chez ceux des Allemands établis ici, qui ont à Hambourg des parents ou des amis. Parmi les compatriotes qui se sont distingués à cette occasion par leur zèle

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