‹ Debats des communes, troisieme session, quatrieme parlementChapitre 1 sur 1 · Debats des communes, troisieme session, quatrieme parlement · texte numérisé non relu

Debats des communes, troisieme session, quatrieme parlement

étions assez heureux, si le Canada avait assez do crédit sur le marcué où se réunissent les principaux capitalistes, pour en induire quelques-uns à so charger de cotte grande entre

le

Sir JOHN A. MACDONAI.D. M. L'Orateur,. V(

dernier, jo mo proposais do faire quelques ob sujet do l'amendement alors entro vu-- mains. Mais, par malheur pour moi et heureusement peut être pour laChambre, j'étais trop indisposé poflr m'acquittor tic cette tâche et jo dus quitter la salle. Quoiqu'il en soit, cette mo réglée. La discussion du contri

mais elle est encore à l'ordre du jour, el avec votre bien- .

veillante permis-ion et celle de la Chambre, je ferai quelques autant que possible, toute compl.cation.touto responsabilité, observations-elles ne seront pas longues-sur la question toute incertitude, et enfin tout danger do faire do cette e ainsi et définie dans la résolution et l'amendement, grande entreprise un engin politique. Chacun admettait et le débat auquel elle a donné lieu. . qu'il était do la plus haute importance de faire disparaître

En premier lieu, M. l'Orateur, jo voudrais parler do l'atti- tous les obstacles à a continuation régulière des travaux, à tudo prise par le gouvernement au sujet do toute cette .pics- l'accomplissement do ce grand projet ayant, pour l tion. il est vrai qu'on l'a discutée ad nauseam, dans, cette relier, par un chemin de fer allant d un océan a 1 Chambre et dans le pays; mais vu la position que j'occupe, toutes les parties de notre pays qui, alors formera un tout il no me semble , as hors de propos, oiseux ou inutile do compact, aussi bien en fait qu en droit. Chacun comprenait p à l'attention de la Chambre certains faite relatifs à qu'il était do la plus haute importance do hfitor 1 .exécution

nous aurions obtenu un grand avantage pou Canada.

Telle était l'idée qui inspira notre législation en 1ST2. Lesurcs de l'administration qui nous succéda étaient sur lo même principe, savoir, qu'il importait d'éviter,

but de

'autre,

l'état îwtnol do cette grande entreprise, et en lo faisant, jo des travaux ; que cette q

mes excuses les plus humbles et les plus respec- celles dont les partis rivai

au collôeuo oui siéffO auprès de moi. à l'honorable l'entreprise devait être c

que cette question ne devait plus être une do mx font l'objet de leurs luttes ; que lD conduite d'après les principes du ■des Chemins !l6 1er; parce qu'il a mainte fois traité commerce et la ligne construite par uno corporation do £ question d'une manière que je puis envier, mais que jo capitalistes, comme tout autre chemm de , fer dans 1 espoir n'ai point l'espoir d'égaler. On sait que du moment où fa et l'attente que les capitalistes seraient honnêtement et Colombie anglaise entra dans la Confédératïbn-et je n'ai pleinement indemnisés dos risques qu'ils auraient courus, oin do lire les journaux do la Chambre pour prouver des dépenses qu ils

auraient faites et de la responsabilité

nas besoin uo lire n\s îournaux uo ia uiiuuiun- uum i"""^' ->~ .. r — . ? - m 1.1 -a 1 ■ 1

Fe fait-les deux chambres du parlement d'alors se pronon- qu'ils auraient assumée Tout le ipays se sera, déclare en

cèrent formellement on faveur du projet do faire cous- iaveur de cette proposition, s .1 eut ete possible do la mettre

truiro le chemin de fer du Pacifique canadien par uno corn- à effet Nous essayâmes sans -ceo^apr^avoiMente un

pagine 'légalement constituée. Commençons au point do énergique effort, un oflbrt presque couronné de succès, en

•■ '-nitc la con- 1872, pour construire

isi le chemin de fer.. Jo n'introduirai,

départ valons en revue toute la discussion, toute la con- 1872, pour construire aras

Ï8Ï de vernements qui ont ou à s'occuper de dans cette discussion, aucune allusion a la politique du passe,

ce projet, nous copslattms quo c'est la le fil do la question ou ce nui me concerne et en co pu a ,tat a J^question,

et qu'il en relie tous lp« détails de halle s

fication le brise compl

Chambre, tous les hommes sérieux ont compris quo si nous

an relie tous les détails de telle sorte que toute modi- Dos allusions do ce genre ont été faites par les adversaires le brise complètement. Dans le pays et dans cette du gouvernement, surtout par ceux qui désiraient noircir

- réputation. Mais les laits sont la, M. 1 Orateur, Jo

/?jms^^-

de l'appel au pays est devant vous et je suis premier ministre du Canada.

Hais quelle que soit la cause de l'échec désir Hngh Allan et de la première compagnie organisée pour construire cette ligne, je pais expliquer cet échec sans faire allusion à aucune raison politique. Je dirai seulement, que la plus forte opposition qu'ait jamais eu le gouvernement dont je suis le chef, ne négligea rien, et quo notre insuccès eut deux. la détermination d'attaquer le gouvernement et le Le faire échouer le p On a prétendu dans cette chambre, je dirai même, on a prouvé que le projet actuellement soumis à l'approbation de la Chambre est plus avantageux que celui de 1872. Quels que soient les mérites des offres et soumission', quels que soient les mérites de la dernière offre déposée sur le bureau de la Chambre, je crois que tous les hommes francs et sincères, ayant quelque connaissance des chiffres, admettront que la convention que le gouvernement actuel a conclue, propre responsabilité, avec le syndicat de 1880, est vantageuse que l'arrangement fait avec sir Hugh Allan, en 1872. Et je demande à la Chainbio et au pays si le Canada n'y eût pas beaucoup gagné en acceptant et mettant à exécution le contrat de sir Hugh Allan en 1S72. Depuis cette époque, neuf années précieuses ont été perdues, neuf années qui ne reviendront plus et pendant lesquelles la construction de la ligne aurait régulièrement avancé. Les engagés dans cette entreprise, si les capitalistes européens avaient voulu les entendre, auraient été assez forts pour établir la ligne à travers le continent, et à la fin de la neuvième année, en dehors do la province duManitoba où l'on voit à peine aujourd'hui la trace des pas des blancs, il y aurait des centaines de mille habitants, que le déscsil a conduits aux Etats-Unis, se pressant dans nos Ouest. Cette légion où l'on ne voit auj lurd'hui qu'an petit nombre de colons, à l'extrémité orientale, serait l'heureuse patrie de centaines de mille — au bas mot — d'hommes civilisés, d'hommes déterminés, . laborieux, travaillant pour eux-mêmes et leurs familles et qui auraient fait de cette région, beaucoup plus tôt qu'on ne pout l'espérer maintenant, an pays bien peuplé et prospère. ce sont là de vains regrets. Nous, députés de la ne sommes pas responsables du délai, nous no sommes point responsables du temps perdu, i

arec confiance, au pays, a la postérité. Nous en

appelon fiance, à tout hommo sincère, et il nous

dira si ce Canada dont nous sommes .-i fiers, dont l'avenir est

l'objet di itudes, bien qu'il soi! assuré, n'aurait pas

n infiniment plus enviable de notre temps,

du vivant du plus ancien de nous, il nous dira si celte ré-

dovcnùe une partie importante

canadienne, si le contrat de 1872 eût été

mis à effet, mais cela ne devait pas être, .M. l'Orateur; nous

./ts, ot ces efforts, nous le savons.

furent < • l'administration qui nous

ion forte d'une grande majorité, forte do l'habileté

i ombn ' a la tête <!<> laquelle se trouvait un

homme éminommen q homme prati-

ntèi juste titre.

il employa toute son énoi

i i par uno si I i opposi-

tion no pouvait le conti'edi ùter des

embarras sérieux. L'honorable i clarc lui-mêmo

qu'il n'a pai rencontré d'obstacles, que l'opposition i n'a entravé aucunement nos déniai

il fldopl ;'"j',l do 1872 ; il t( nia des

mini -(ration, lui

par lui-même i I

i is que l'on no pouvait t*on obligations donl il fallait comprom 1 1 notre bonnour,

Chacun admet que ces obligations étaient sacrées, chacun admet l'existence d'un traité conclu avec la Colombie anglaise, avec la population et le gouvernement de la Colombie anglaise, et non-seulement c'était un marché, une convention solennelle entre le Canada et la Colombie anglaise, mais cette convention a été formellement sanctionnée par le gouvernement de Sa Majesté. La construction de la ligne était une question de politique coloniale et do politique impériale en Angleterre, et l'ancienne administration dirigée par mon honorable ami'de Lambton — que je ne vois pas à son siège et qui, je le crains, est absent pour la mémo cause que moi vendredi sou- et je regrette très sincèrement son absence,— l'administration de mon honorable ami se crut liée par cette politique. L'administration dont j'étais le chef et l'administration dont il était le chef lui-même, se trouvaient également liées par les résolutions adoptées à l'époque où la Colombie anglaise est entrée dans la Confédcra-* tion, toutes les deux étaient engagées à faire construire la ligne, — au moyen d'une subvention en espèces et eu terres, — par une compagnie légalement constituée, s'il était possible, et quelques personnes allaient même jusqu'à dire que la construction ne devait se faire par aucun autre moyon. Cette obligation l'embarrassait; mais bien qu'ollo ait embarrassé les deux administrations, comme elle était l'expression formelle d'un vœu du parlement, ectto résolution no dérangeait aucunement la convention première. Les délégués de la Colombie anglaise siégeaeint en cette Chambre lorsque la motion fut adoptée ; ils y donnèrent leur assentiment lorsqu'elle devint la loi du pays, et à leur retour chez eux, la législature et la population do la Colombie anglaise no leur adressèrent pas un mot de reproche. Ils demandaient seulement que l'esprit do la résolution fût mis à effet, autant que les hommes peuvent remplir, avec honnêteté, justice et franchise, un pacte solennel, igement* obligatoire. Nous no pouvions, sans déshonneur, manquer à la foi du traité. Les deux administrations so sentaient obligées de faire tous leurs efforts pour faire construire la ligne par l'entremise d'une compagnie do capitalistes, légalement constituée à cet fin. Ce que nous avions essayé, l'administration qui nous .suivit dût lo tenter, et elle lança <.\qa avis publics, comme on l'a dit et expliqué ; inutile quo j'entre duys de nouveaux détails à cet égard. L'honorable députe de Lambton, alqrs chef de l'administration, lit publier des avis demandant aux capitalistes du monde entier des soumissions pour cette entreprise. -Mais les soumissions n'arrivèrent pas. Le Canada n'avait-il point le crédit dont il jouit actuellement? Le gouvernement du jour n'avait-il pas le crédit dont jouit lo gouvernement actuel?" L'état du marché monétaire offrait-il peu de La région du Nord-Ouest n'était-ello pas aussi bien connue qu'aujourd'hui ? C'est co quojo ne saurais dire. Peut-être i auses réunies, ou seulement quel-

is d'entre elles contribuèrent-ellos à empêcher le suc- ( >•-.; mais, en tous cas, l'appel de l'ancienne administration aux capitalistes du -. no réussit pas.

Si je comprends bien la chose, M. l'Orateur, ce n'était point une offro ordinaire', fixant aux capitalistes un certain jour pour répondre, comme la chose so pratique quant il s'agit do construire uno maison, et leur disant que les souqu'àtcl jour, à midi, les informant, on outre, qu'au i après ce jour

ml in\ itail un con-

■• ation suivante invita les

urir. C'était un avis

u ,: reçûmes, avec pli

confiance, une particuliers qui, nous lo croyons,

eus do mon

s'ils voulaient s'en charger, non- Crûmes, av..ir accompli le

vecu humblement exprimé par lo parjomont, lo vœu de" tous

i ibléo, qui d,ésiraienl voir le gou-

abilité.

M. l'Orateur, j,' pourrais l'aire allusion à un dlsOOUTB quo j'ai

prononcé avant do partir pour L'Angleterre, au printemps do 1880, et je mentionne -ce discours parce que c'était un avis public jtour le pays.

L'honorable député do Durham-Ouost dont l'esprit, à la tournure légale, i s'attache volontiers aux défauts du forme, pourra prétendroqué mon discours ne constituait pas un avis égal. Mais, en certaine occasion antérieure, lorsque l'honorable député do Lambton essayait d'imposer, sans avis pvèîi: lable, certaine mesure au pays, il dit, avec indignation, dans cette Chnmbro : "Tout le monde a lu. le discours que j'ai prononcé à Samia. Lorsque je retournai (liez moi pour me Faire élire-comme premier ministre, j'ai fait connaître au pays le programme du gouvernement, et le pays n'a pas été pris à 1 improviste/' Je demande à l'honorable monsieur si cola n'est pas exact, et si la sauce qui convient pour apprêter certain volatile, ne convient pas à autre volatile de la même famille ?

M. BLAKE. Je n'ai point dit que c'est une oie.

Sir JOHN A. MACDONALD. Telle est la réponse (answer) empressée du jars (anser). J'espère que mon honorable ami me pardonnera l'allusion, parce qu'il l'a provoquée. Toutefois, bipède lui-même, il ne mérité aucunement d'être classée dans la famille des bipèdes auxquels j'ai fait allusion. Mais qu'on me permette de lire ce que je disais att printemps de 1880 : "Quand je vous dis ici que nombre de capitalistes offrent de construire la ligne, sont désireux que le gouvernement la leur* transfère, et comptent réaliser des fortunes en l'exploitant et en colonisant les ' terres mises en réserve pour la construction, etc." J 'ajoutais : " En ce moment le gouvernement a une offre sous considération." Ces paroles furent répétées dans tout le pays. L'organe des honorables messieurs do la droite les commenta. Tous les journaux politiques du Canada voulurent les publier avec commentaires. Nous avions. clairement annoncé nos

lien à demander au parlement, NF'e&fc-ce pas lu i épouse qu'il

M. BLAKE — Non ; à cette partie do la question, il répondit q*u'il avait déjà donné avis de la présentation d'iin bill

autorisant la construction du chemin de fer ; c'était une réponse bien différente A mon interpellation. Dans le même discours, je demandai à l'honorable monsieur, s'il se proposait de soumettre la convention Carnarvon à l'approbation

do la Chambre, et il me répOBditque, sur ce point, il n'avait rien à demander au parlement .

Sir JOHN A. MACDONALD. Èh ! bien, M. l'Orateur, M. Maçkenzie répondait à l'honorable monsieur qu'il n'avait rien à demander au parlement, et c'est après cela, après avoir constaté que les honorables messieurs lui feraient uno opposition sourde, après avoir aperçu derrière. fui la caverne des Adulamites que l'honorable chef de l'opposition força M. Maçkenzie affaire cette déclaration. Je ne saurais me tromper. Je me rappelle tous les détails do l'incident. Je répète que le gouvernement avait le droit de faire tous ses efforts pour se libérer lui-même et libérer lo pays de l'obligation de construire la ligne, et do l'obligation encore plus lourde de l'exploiter. Que chacun examine un instant la' nature de ces obligations et la manière dont elles s'imposent au gouvernement. Les mêmes faits se sont produits au sujet de l'Intercolonial et se produisent dans toute entreprise publique. (.Bien que mon honorable ami ait "triomphé de beaucoup d'obstacles sur l'Intercolonial, il est impossible que le gouvernement exploite avec avantage un chemin do fer. Cette exploitation donne, lieu à toutes sortes de récriminations politiques. Les hommes que nous employons sur la commencer par les portefaix, deviennent des

employés publics. Si l'un de ces hommes est nommé, pour une raison quelconque, on dit quo c'est un protégé politiqUo. S'il est destitué on prétend quo cela est-dû à ses opinions intentions, et personne ne prétendit que nous n'avions pas politiques. "Si une vache est tuée sur la ligue, ie député qui ersonne ne vint nous contredire, compte sur. lo vote du propriétaire do cet animal, fait une motion au sujet de l'accident. La responsabilité, les frais, les tracas et les ennuis réservés au gouvernement qui exploite cette ligne, sont tels que, pour ces causes seules, nous avons cru devoir dégager notre responsabilité. Nous avons eu assez de preuves à l'appui, dans cette Chambre. Quant à la question soulevée par mon honorable ami alors député do Bruce Sud, voici la réponse :

On nous félicita d'avoir reçu pareille offre. 'Toute la presse de l'opposition essaya de tourner la chose en ridicule. " Vous ne trouverez pas de capitalistes pour construire la ligne, disaient ces journaux ; vous ne réussirez point ; néanmoins, bon voyage ! " Voilà ce que disait la presse do l'opposition avant notre départ pour l'Angleterre. Nous aurions pu conclure ce contrat dans l'esprit et aux termes de l'acte passé par l'administration précédente. Je serais heureux de discuter cette question de droit avec l'honorable chef de la gauche; mais cette question est trop vaste.

Nous avons compris que ce projet devait nécessairement engager l'avenir et les revenus du Canada pour un grand nombre d'années, et qu'avant de le mettre à exécution le gouvernement devait consulter la population et le parlement du Canada. A cet égard, nous n'avons pas suivi l'exemple de l'administration qui nous a précédés. Certains embranchements devaient entraîner la dépenso d'octrois considérables et lo chef actuel de l'opposition protesta fortement contre l'ancien chef de l'opposition quand l'honorable député de Lambton annonça qu'un contrat avait été adjugé et qu'on allait commencer certains travaux. L'honorable député de Durham-Oucst lui demanda — j'oublie les termes de la question, mais M. Maçkenzie répondit qu'il ne pouvait taire davantage et qu'il avait agi sous sa propre responsabilité.

M. BLAKE — Jo croisque l'honorable monsieur se trompe. Il veut parler de l'interpellation que je fis pour demander à l'honorable député de Lambton sur quelle autorité il se basait pour entreprendre la construction de l'embranchement d'Esquimault et de Nanaïmo.

Sir JOHN A. MACDONALD— C'est eela, peut être. La réponse parle d'elle-même. L'honorable monsieur demandait sur quelle autorité le premier ministre d'alors so basait pour entreprendre la construction do l'embranchement d'Esquimault et Nanaïmo. M, Maçkenzie répondit qu'il n'avait

" Xous n'avons jamais demandé d'autorisation au parlement ; nous lu avons simplement communiqué cette décision, et nous espérons que la Chambre nous approuvera en acceptant les termes convenus grâce à l'intervention ou à la médiation de Lord Carnarvon; nous espérons que Cet appui nous sera généreusement accordé."

Eh ! bien, M. l'Orateur, nous nous rendîmes en Angleterre, et bien qu'éloignés du pays, nous eûmes parfois l'occasion de constater les agissements de l'opposition. Oh! comme elle craignait de nous voir réussir. Dépêches sur dépêches étaient envoyées au Canada, informant lo pays, avec une expression de regret, que nous avions misérablement, honteusement échoué. Les dépêches ajoutaient que c'était là une preuve qu'en Angleterre on n'avait aucune confiance dans l'administration actuelle. Comment une compagnie de de capitalistes pourrait-elle avoir confiance dans une administration entachée du scandale. du Pacifique? On disait encore que le résultat aurait été bien différent si le Canada avait eu un gouvernement plus honnête, plus capable et possédant, à un haut degré, la confiance des capitalistes européens qui s'étaient chargés do l'entreprise. On versait des larmes — des larmes de crocodile peut-être — sur le malheureux sort du Canada gouverné par une admini tellement incapable et criminelle que, neuf ans après la date du premier contrat, elle mettait à effet le projet avantageux d'engager des capjtalistes;anglais à prendre sa place et à construire la ligne.

Toutefois, M. l'Orateur, nous avons rêu isi ; et [dans mon discours à llocholaga, discours dont on a tant parlé, bien qu'il

no méritât pas tant d'honneur, j'annonçai le fait que nous avions passé un contrat en bonne et due forme. Je le répète aujourd'hui ; le contrat est arrêté. Voici dans quelles circonstances je pris la parole à Hochelaga. Le Club Cartier, association conservatrice, me présenta une adresse à laquelle je dus répondre. Je ne rétracte pas an seul mot de cette réponse. Voici mes paroles : " A présent j'espère — et l'avenir confirmera cet espoir — que bientôt je pourrai regarder le chemin do fer du Pacifique comme achevé." J'espérais aussi que cette entreprise s'achèverait avec le concours des honorables messieurs de la gauche, tant que nous serions au pouvoir ; mais le projet déposé aujourd'hui sur le bureau de la Chambre, prouve que ces messieurs ont tout-à-fait abandonné l'idée de construire le chemin de fer du Pacifique canadien. Ils trament un complot politique, ils essaient de jeter le blâme sur d'autres. Mais malgré ce complot, nous allons construire la ligne, et le premier marché sera mis à exécution. L'engagement pris envers la Colombie anglaise, les engagements qui doivent assurer le développement futur du Canada seront mis à effet sous les auspices du gouvernement conservateur et avec l'appui du gouvernement conservateur. Cetto ligne sera construite et, malgré tous les artifices de l'opposition, malgré la proposition sans consistance qu'elle vient d'élaborer, les travaux de construction vont être poussés vigoureusement, sans interruption et avec succès jusqu'à l'achèvement, et alors le sort du Canada, comme confédération, sera définitivement scellé ; le sort du Canada, comme grande nation sera fixé, et les honorables messieurs de la gauche no pourront plus le compromettre. L'êmigrant européen trouvera une patrie dans la grande région de l'ouest, grâces aux efforts du parti conservateur.

Mais voici une nouvollo objection, M. l'Orateur. Après que l'administration a conclu les arrangements, après qu'elle a passé un contrat dont les honorables messieurs se seraient réjouis et vantés, il y a trois ou quatre ans, et qu'ils auraient cité comme preuve do leur merveiljeusc habileté administrative, ils viennent affirmer que nous n'avons pas l'autorisation do passer ce contrat. Tant que Mardochée demeurera à la porte du palais des rois, il ne cessera de protester. Dans cette discussion nous avons affaire à des comédiens hors ligne, — je veux parler de mes honorables amis de la gauche. Ces honorables messieurs sont des acteurs achevés. Mais lo meilleur acteur no réussit pas toujours. La gaucho joue, tour à tour, la tragédie, la comédie et la farce. Kilo a commencé par la tragédie, M. l'Orateur. Mlle a déclaré lo contrat oppressif et la subvention énorme. Suivant elle, nous abandonnons les terres du Nord-Ouest. Pas un seul acre n'est réservé où le colon libre et indépendant puisse promener ses pas. Nous cédons un monopolo à cette compagnie. L'opposition nous a dépeint la tyrannie de cette compagnie qui doit opprimer le peuple en établissant un tarif élevé et la tyrannie d'un grand monopole qui maintiendra pendant des siècles son contrôle sur un o vaste étendue do telles — dont la vento lui fournira les capitaux nécessaires pour construire la ligne — pour foire augmenter la valeur de ces terres par le travail des colons. Telle est la tragédie; et les honorables messieurs l'ont si bien jouée, «juo si tout l'auditoire n'a pas été ému, nous avons nu voir de» larmes de pitié et de douleur baigner le visage des honorables messieurs de la gaucho.

Ensuite, nous avons eu la comédie. Lorsqu'on a lu à chacun de ces messieurs son discours de l'an dernier, il a été prouvé que l'année dernière, l'année précédente el nntériouroment, il- pensaient d'une façon cl disent aujourd'hui tout le contraire. Nous avons alors assisté au Bpeotacle le plus amusant et le plus comique. Chacun de ces messieurs pour protester, en disant : " Je ne suis pas lie par •les. Jai ail c :.: l'an dernier, ou l'année p écé

dénie, mais, autres tem] • aulie. jdées, les choses ont changé depuis doux ans, OU un an, ou même dans huit mois, '•■.lune- l'a dit un d'entro eux, mais je ne suis auounemenl lié aujourd'hui par les paroles que j'ai prononcées il 3 a huit

mois. Rien de plus comique. Nous en avons tous ri. La Chambre s'en est amusée et un immense éclat de rire a retenti d'un bout à l'autre du pays. Les honorables messieurs ajoutent, il est vrai, que nous étions fous il y a huit mois et rnême il y a deux ans. Mais si nous étions fous alors, vous n aviez pas le droit, comme ministres, de partager notre folie ; vous n'aviez pas le droit de défendre les folies que nous recommandions nous-mêmes, puisqu'aujourd'hui nous faisons preuve de sagesse. Tclie est la comédie.

Ensuite est venue la farce, M. l'Orateur. Lo libretto do cette farce a été déposé aujourd'hui sur le bureau de la Chambre. La tragédie et la comédie ont assez bien réussi ; mais devant un auditoire impartial, la farce, j'en ai bien peur, sera sifflée, pour me servir d'une expression reçue au théâtre. C'est une véritable farce ; mais je no saurais dire si les conséquences en seront bien drôles. Pour ma part, je crois que les conséquences nous feront rire, parce que lo plus grand châtiment que peut subir l'auteur d'une farce, ou l'acteur qui la joue, est que la pièce fasse four, quo l'auditoire siffle la pièce, et c'est lo sort réservé à cette charmante farco. Elle a été jouée, M. l'Orateur, mais pour changer la métaphore, je dirai que la trame était cousue do fil blanc. Les aveugles no s'y laisseraient pas prendre. Les plus crédules n'en croiraient rien. Les plus confiants diraient : " A d'autres ! " Pas un homme de bon sens, pas un hommo sachant que deux et deux font quatre, ne s'arrêtera: un instant à ce projet sans consistance, M, l'Orateur. La trame a été ourdie ici, à Ottawa. On veut en faire un engin politique, et voici comment raisonnent les auteurs de ce chef-d'œuvre : " Le gouvernement actuel s'est engagé sous le sceau et sousla signature de s^s membres en particulier, sous le sceau du ministre des Chemins de fer, par un Ordre en conseil, et lo contrat est signé, scellé' et délivré, .Le gouvernement est. engagé par ce contrat. Il ne s'en dédira pas, notre affaire est bonne. Faisons n'importe quelle offre. Nous pouvons par exemple, offrir de construire la ligne moyennant fl,O00 par mille. Notre affaire est bonne. Nous pouvons faire signer un tel et un tel, etc." Je n'étais pas présent, on le ponsc bien, mais mon honorable ami de Niagara a démontré quo parmi les jrétitionnaircs et membres du nouveau syndicat, qui font l'offre formulée dans ce précieux document, six ou sept

M. PLUMB. Il y en a sept.

Sir JOHN A. MACDONALD. Qu compte sept candidats désappointés et battus à des élections précédentes. En lisant le discours de mon honorable ami, je vois qu'il s'agit d'un complot politique. Je demanderai à mon honorable ami, le député de la division ouest do Durham, si John Walker n'est pasun homme politique très remarquable. Je demanderai à mon honorable ami, si 1T. 11. Cook n'est pas un homme politique remarquable. Il s'agit d'un complot politique tramé ici. 11 était bien facile, oh! très facile de faire une offre, car l'on savait quo lo gouvernement no pourrait, ne devait, ni ne voulait L'accepter. Nous avons passé, de bonne foi, un marché avec la compagnie, et nous avons promis quo le marché deviendrait un pacte entre le gouvernement et la compagnie, du jour où le parlement le rati fixera. Nous ('lions obligés, de soumettre cette convention à la sanction du parlement, et l'opposition s'est dit à elle-même : " Si cette mesure est rojotée, ajoutaient les conspirateurs, le ministère ne lient honorablement, décemment demeurer en charge; par suite, nous arriverons au pouvoir et nous aurons soin de nos amis, des sept ou huit hommes politiques et de leurs confrères. Nous Iob mettrons à l'aise et nous Arrangerons toutes choses do manière h ce que, si leur offre est acceptée, il nous sera facile «do los. libérer de leur engagement lorsque 1 iroir."

Il e 1. ■ elon moi, de toute évidence que oe document a été élaboré ici, el pour onleveraux membres du nouveau syndicat toute appréhension de se trouver, un jour, dans quoique ombarras, on y a inséré une série de clauses spécifiant que

le gouvernement peut les libérer do leurs obligations. Les Su- JOHN A. MAODONALD. On a dit encore, "Mais

honorables messieurs ont décidé que nous devons quitter ces le gouvernement va construire la ligne entre la baie du

sièges, que nous no pouvons pas décemment demeurer en Tonnorro et la rivière Rouge, cuire Kamloops et Taie,

charge Ils se sont dit: " Nos opinions sont connues, cha- entre Yale et Port Moody. il va devenir ainsi l'associé du

cuti sait ce que nous pensons de la construction du chemin syndicat. Cela n'est pas acceptable." Les députés qni ont

do fer du Pacifique canadien, ce que nous forons, quoi est eu recours à cet argument, ne peuvent voter pour le nou-

notre programme, et quand nous arriverons au pouvoir, nous veau syndicat.

vous libérerons do l'obligation de construire les parties diffl- Un autre argument est que le mode d'émission des pbli-

cilos de la ligne." C'est un jeu où tout l'avantago ost d'hall gâtions est vicieux; que -les autres personnes émettront

côté, M. l'Orateur, mais la mèche est éventée. C'est en des bons et laisseront lés porteurs attendre en vain leur

vain que l'oiseleur tend ses filets sous les yeux do l'oiseau, argent et la population du Canada attendre en vain la cons-

Nous serions aveugles commo des chauves-souris, le pays traction do la ligne. Pourtant", le mode d'émission des bons

serait une société d'hommes aussi aveugles que les hiboux est identique à celui que je trouve dans la proposition do

en plein jour, si chacun no voyait pas qu'on a tendu un filet, sir \V. P. Howland et Cie.

et le filet ne servira de rien. Personne n'y sera pris. Avec Ensuite, M. l'Orateur, on s'est hautement plaint de ce que

une toile d'araignée, on no saurait attraper une société intel- le dépôt est trop faible. L'offre est d'un million de piasr-

ligente en possession de ces documents. très. Le nouveau syndicat offre la même somme. Mon

M. l'Orateur, ces honorables messieurs auraient mieux fait honorable ami m'apprend que les membres du nouveau

de traiter la question en général. Ils auraient pu nous dire syndicat ont monté d'un cran — pour employer l'expression

que d'autres particuliers étaient prêts A passer un contrat, do mon bon ami H. H. Cook — et ils ont envoyé des certi-

S'ils nous avaient dit, de leurs sièges, qu'à leur connaissance, ficats jusqu'à concurrence de douze ou treize cent mille

certains entrepreneurs étaient prêts à construire la ligne- dollars. »

pour un faible montant alors, M. l'Orateur, tes personnes qui n'auraient pas vu que c'était un mouvement do flanc, ayant pour but d'entraver la formation et l'organisation de la compagnie, do différer indéfiniment la construction de la ligne, auraient pu être ébranlées dans leurs convictions ; ,mais le député le plus naif, dans cette Chambre, peut voir, par ces documents, qu'il s'agit d'une ruse politique, d'une ruse peu honorable, comme je l'ai déjà dit, que l'on citera toujours à la honte de tous ceux qui l'ont imaginé et de ceux qui leur ont prêté assistance. Je ne pense pas que l'honorable représentant de la division ouest de Durham oso conseiller au gouvernement et à la Chambre d'accepter cette proposition d'un nouveau syndicat. Je le défie de faire pareille recommandation. Je sais qu'il ne la fera pas; je ne crois point tout ce qu'il a dit; je no crois point tout ce que les honorables députés de lagauche ont faitvaloir contre le premier syndicat, pour conseiller ensuite à la Chambre

d'assumer '

par le second syndicat. Ces

ront point.

Que nous ont-ils dit, M. l'Orateur? que notre proposition est illégale. L'honorable député de Gloucoster nous a dit que le gouvernement avait agi contre la loi en faisant cot arrangement avec lo premier syndicat. Mais, alors, comment pourra-t-il voter la proposition qui donne le contrat à ce se-

PLUSIEUPS VOIX. Oh ! oh !

Sir JOHN A. MAC DONALD. Les honorables députés de la gauche ne devraient pas enfreindre les règles de la Chambre. Je parle avec une certaine difficulté, parce que je ne suis pas très bien, mais je me ferai entendre. La proposition déposée sur le bureau de la Chambre spécifie que les membres du nouveau syndicat foront un dépôt d'un million de dollars. Us ont télégraphié, me dit-on, qu'ils avaient déposé une garantie de 81,200,000; qu'une fois le contrat signé, ils feront un dépôt permanent d'un million de dollars. Eh ! bien, M. l'Orateur, c'est une pauvre ruse d'ajouter $20J,O0Q. à ce million, quand le contrat déposé sur votre bureau, prescrit qae le syndicat devra déposer $ 5,000,- 000 au 1er mai, 1882.

M. ANGLIN. Non, non.

Sir JOHN A. MACDONALD. Je demande encore qu'on Je crois qu'un ex-Orateur doit

la responsabilité do voter pour la proposition faite ne m'interrompe pas. Je crois q nd svndicat. Ces honorables messieurs ne réussi- connaître les convenances d'un débat

UNE VOIX. Le 1er décembre, 1882

cond syndicat? L'honorable député de Norfolk-Nord nous dit que certaines- clauses do ce contrat constituaient une escroquerie. Mais je retrouve ces mêmes clauses dans les pro-

Sir JOHN A. MACDONALD. Le syndicat doit faire un dépôt permanent d'un million, entre les mains du gouvernement. Il versera les autres $4,000,000 le 1er décembre, 1882 — et c'est une garantie suffisante pour lo pays et pour la Chambre, que le syndicat ne trouvera pas d'avantage à vendre les obligations pour abandonner ensuite les travaux. Cette idée est absurde, honteuse pour ceux qui l'ont mise en avant et ne vaut presque pas la peine qu'on s'en positions du nouveau syndicat! 11 trouvera, dans le nouveau en a™nt, B 1 H 1 i

contrat, sauf deux exceptions, les clauses que l'honorable occup^. ^ r0l>at avanfc de siglia]er ]e nouveau syn-

monsieur, dans un langage fort éloquent, bien que peu par- ^^ ^ Chambrej avant de lui faire voir que c'èst'une lementaire, a qualifiées d'escroqueries. véritable farce— et ce mot n'est lias trop fort— je dirai que,

Qu'on me permette d'examiner quelques-une., de ces ^^di, je me proposais de prendre la parole pour déclarer clauses. On nous a reproche, en premier lieu, que nos cou- venarea '.i^V^ ^^ adra;nistl.atilon> se gonfc

diiions sont excessives. On peut prétendre cela si on les 1^.^ d,Jxêcntel. de bonne foi le eontrat qt.n a passé et compare avec les termes de cette soumission pour rire. ^ ^ ^ ^^ de demander ct ^yn demande le vote de la

En second lieu, on dit que nous n'avions point le droit Chambre. d'adjuger un contrat à.dWoe qu'aux soumissionnaires ^Qm CTQ q„e cette offre est la meilleure qpi ait été

qu'aux soumissionnaires ayant'répondu à un avis public.

Mais voici un autre point sur lequel j'attire l'attention de l'honorable député de Norfolk-Nord. 11 a dit due le mode d'après lequel les terres sont choisies, aux termes de notre proposition, constitue une escroquerie, une fraude, un vol. Mais voici que des membres du nouveau syndicat, sir. VT. 1 . Howland & Cie., demande qu'on les autorise à pratiquer cette escroquerie, cette fraude, sans quoi ils ne se chargeront pus de l'entreprise. Si tel est le cas, l'honorable monsieur ne votera assurément pas en faveur du second syndicat,

UNE VOIX. H est prêt à tout.

faite jusqu'à présent. Nous croyons que le pays sera satisfait dos conditions du contrat. Nous croyons qu'il n'entraînera pas, en fin de compte, une dépense do dix centins au peuple du Canada. JSlous croyons qu'il atteindra le but pour lequel il a été tait; que nous devons mener à bonne fin la construction du chemin de fer dans un avenir peu éloigné; et, sur le propre mérite du contrat, sans tenir compte des embarras que l'on veut taire à la onzième heure, en présentant un simulacre de soumission, — j'emploie le mot simulacre malgré la respectabilité de quelques-uns des messieurs qui l'ont signée,— sur le propre mérite du

contrat dis-je, rions sommes tenus de demander qu'il soit adopté et que le chemin soit construit selon les désirs du peuple et du parlement du Canada.

Ce ne serait pas conforme aux usages constitutionnels, si je disais ce que le gouvernement ferait dans. le cas où, après' avoir soumis à la Chambre ce qui dans son opinion est la meilleure ligne de conduite à suivre et ce qui devient une partie de son programme, — il voyait que le projet n'est pas ndopté, et je ne voudrais pas pour un instant tenir à la Chambre un langage pouvant sembler contenir une menace <le nature à indiquer la ligne de conduite que le gouvernement adopterait dans cette éventualité. Mais tout ce que je puis dire c'est que, si cela- arrivait, pour me servir d'une expression devenue célèbre au Canada, nous nous apercevrions, et les honorables messieurs de la gauche ne manqueraient pas de nous dire que notre utilité aurait cessé. Ce document a probablement été préparé par les honorables messieurs de la gauche dans le but do leur procurer l'occasion de nous dire ces mots.

Le- honorables messieurs de la gauche n'ont pas caché leur lumière sous lo boisseau, leurs paroles n'ont pas été. prononcées dans un coin. Nous connaissons le programme de l'opposition pour l'avoir entendu énoncer et répéter maintes fois en cette Chambre par le chef de l'opposition pendant la session actuelle. Nous savons qu'il est opposé à la construction du chemin à travers la Colombie anglaiso ; qu'il a protesté contre la construction de cette partie du chemin, dos "que la question eut été soumise au parlement, en dînant à cette province: " Pauvre sœur égarée, allez en paix." Nous savons qu'il a tourné en ridicule l'idée de pousser à travers une région inhospitalière, une mer de montagnes, la construction d'un chemin de fer qui n'aurait aucun trafic, mais qui goûterait des sommes énormes et qui m- -liait d'aucune valeur réelle. %

L'honorable monsieur est resté fidèle à ce programme. Pendant la dernière session, il a proposé, à propos des entreprises données par l'administration actuelle, conformément aux annonces publiées par le ministère précédent, et dans le but de mettre à exécution le programme de ce dernier, que la continuation des travaux de construction du chemin, à ti avers la Colombie rtnglâise/fut remise à plus tard ainsi que toute mesure à cet effet; et je dois exprimer le regret (pie me cause L'absence inévitable de "honorable député de Lambton en* cette occasion. Mais qpel que soit le regret que me ; oiiver l'absenoe de ce monsieur, j'ai regretté encore pins l'humiliation qu'il a subie;, lorsqu'à la dernière session, la motion de l'honorable monsieur aélé mise entre vos mains. Si j'étais son ennemi le plus acharné, el si je voulais triorapher.de lui, je no saurais désirer lui voir subir une humiliation plus profonde, un destin plus triste, ni une fin nias déplorable pour un homme d'état, que de le voir, BOUS

le fouet de l'homme qui l'a déposé, de L'homme qui l'a chasse

el BUpplanté, oblige d'avaler ses propres paroles et de donner

Bon vote pour que la construction du chemin à travers la Colombie anglaise lu' remise â plus lard, do le voir obligé de démentir — je n 'emploie pas le mot dans nn R6qs injurieux — -e. propret annonces dans les journaux et toute, les démarches faites par son administration lorsque cette dernière

avait demandé des BOUmh iODS pour la Construction du

chomin.

Mue voulaient dire ces annonces et la demande de BGU-

i<- duperie, un.- fronde, el pouvait ou inre ceux qui ignora enl le fond de l'afrairo. que able monsieur était dans les dernières pm-

fondeur dal ou. pour ci 01 atgumenl lui-

même et dire .pu- (cite annonce ne prouvait rien, et qu'il

avait voulu tout simplement s'a-surcr du COÛt probable de

l'entre; e< tto ( îbambro, ■ u

i.i le but qu'on avait voulu n publiant I .

: opi pneurfl h

•cent de toutes lés parties du < îanada, mai

i ai !■ i \ ! i. Lei re el de toutes les

parties du monde, qu'ils auraient dû explorer tout le terrain avec leurs arpenteurs et leurs ingénieurs pour faire leurs études et leurs estimations, au prix de grandes peines et de dépenses considérables, pour constater la nature do l'entreprise, afin que le gouvernement pût leur dire ensuite: " Messieurs, nous vous sommes très reconnaissants des renseignements que vous nous avez fournis et que vous avez recueillis à vos propres frais et non aux frais du public."

Je suis certain que pas un seul des messieurs do l'ancien ministère n'aurait pu agir ainsi, ni dire que l'annonce n'a pas été publiée de bonne loi, qu'elle na pas été rédigée dans le but d'adjuger l'entreprise. Autrement c'eût été une moquerie, un leurre et un piège, une injure a chaque homme qui aurait encouru des dépenses eu conséquence de sa publication, et à tous les hommes du métier et à tous les capitalistes de l'univers.

Je dois dire que le programme du chef de l'opposition a été avoué et formulé. En premier lieu, son programme comme ministre serait d'arrêter tous les travaux dans la Colombie anglaisé, — pas un mille ne serait construit, — pas un convoi ne traverserait la Colombie anglaise s'il pouvait l'empêcher. Pas un article de commerce ne passerait sur une ligne de chemin de fer à travers cette province pour aller à Test, s'il pouvait arranger les choses à sa guise, et cette province serait obligée d'eu appeler au pouvoir suprême, à l'impartialité du gouvernement et du parlement anglais, où justice est toujours rendue, pour la débarrasser du lien qui l'unirait avec un peuple aussi dépourvu d'honneur, aussi dépourvu de caractère, aussi indigne do figurer parmi les nations et lui permettre do renouveler une union avec lo gouvernement do Sa»Majesté, lequel verrait à ce que justice fit rendue à une population ayant longtemps souffert. C'était là la politique du chef de l'opposition ^ju sujet do l'ouest. Maintenant sa politique au sujet de l'est est' hostile à la construction du chemin au nord du lac Supérieur. Il avoue ses prédilections pour la ligne du Sault Sainte-Mari 3, pour détourner le commeiee vers les Etats- Unis, pour renforcer, pour renouveler, pour eiendreet développer notre commerce avec les Etats-Unis, au prix do la destruction complète du grand projet, base et programme de la Confédération, qui consiste à relier les grandes provinces composant la Confédération canadienne, d'un océan à l'autre, à l'aide d'une immense chaîne de fer qui ne pout être et ne sera jamais rompue.

Mus par les sentiments de loyauté ot d'allégeance envers noire gracieuse Souveraine, qui nous sont communs à tous, influeiïcé-t par tous les principes qui portent les sujets britanniques à vouloir vivre et mourir sous la couronne britannique, nous dovrions avoir, en faveur de ces moyens de communications, les intéiê.ts pécuniaires do la Colombie anglaise., et les lésant servir à resserrer plus étroitement lo lien qui unit ensemble toutes les provinces de la Confédération, nous deviendrions ainsi une même nation unie par les principes, la loyauté et les intérêts.

C'était- là le programme des honorables messieurs, et il a

été appuyé cl il serait encore appuyé partout le parti. Ll 4 été

aussi appuyé par l'organe de ce parti, .le ne ie lis pas s.mi-

trjone considère pas, qu'il offre U.nc lecture saine.

mais on me dit qu'il s,, prononce fortement en faveur du

chemin de 1er du Sault Sainte-Marie. Cependant nous nous rappelons tous, car je l'ai maintes tois entendu lire, la •'ont cel organe, au temps jadis, dénonçai! la construction du chemin du Sault, comme trahissant les intérêts du Canada, et comme propro à détruire l'avenir de la Confédération,—comme étant de nature n nous unir 1

aux Etats lads, par Ut) Il ai. qui devait

amener un peu plus tari un lien politique; Les temps sont

et l'on me dit que cet orgam brtemont

opposition, aussi fortement qu'autrefois

il lo combattait ment, dans un esprit de loyauté

toute britannique. D'autres hommes dirigent aujourd'hui

ce journal, et si lechcl'qiii b> d i r i gea i ( jat 1 1 s vivait oncoie,

je ne crois pas qu'il renierait tout son passé, et tous 'ses de jeter par-dessus boni la section du lac Supérieur. C'est

intérêts au point d'abandonner un grand principe, commun à tous les patriotes, un principe qui a toujours pu, quels

assez clair pour que tout liomme puisse le lire avec facilité. J'en arrive à la clause 21me qui se rapporte à la division

de mon honorable collègue de la division électorale de Victoria:

An l'as (iii le gouv

qu'aient pu être les sujets de discussions dans l enceinte électouale que je représente, et j'attire sur ce point l'attention jmrlemontaire, le retenir uni' au parti dont je suis l'un des humbles membres, toujours uni avec nous pour la défense

désintérêts britanniques, pour la, défense dos institutions » Au cas où le gouvernement désirerait abandonner la construction de

monarchiques, et pour essayer, autant quo possible, à nous la section ouest du dit chemin de ter, syétendant*de Kamloop i Port

préserver commo peuple libre et indépendant de toutes Moo'dy, il sera libre de le faire, moyennant une somme de $3,£00>qoo.

relations extérieures avec les autres pays du monde à l'ex- C'est bien cela, aucune chance pour un chemin so diri-

ception do notre noble mère-patrie la vieille Angleterre. géant vers la ner jusqu'à Yale. L'honorable- monsieur est

Maintenant il est parfaitement clair quo co document a opposé à ce qu'un seul mille de chemin de fer soit construit

été préparé ici pour des fins politiques. Je ne ferai qu'attirer dans la Colombie anglaise, et avec qu'elle joie ne recevrait-il

l'attention de cette Chambre sur quelques rares variantes qui pas ces messieurs lorsqu'ils viendraient lui dire : " Eh ! bien,

existent entre ce contrat et celui quo nous avons déposé sur vous no voulez pas vous presser de construire cette partie,

le bureau, variantes qui se trouvent dans le nouveau con- de le continuer maintenant." L'honorable monsieur répon-

trat. Vous verrez qu'il a été préparé dans le but exprès drait : " Non, nous sommes trop heureux de nous en débar-

do permettre à l'homme le plus timide, — y compris sir rasser." La clause so lit comme suit :

William P. Howland, qui ne risquerait pas $5,000 sans être « Au cas oh ,e gouvernement désirerait retarder ou abandonner la

certain quo la somme lui serait remise — il est rédige dans construction par la compagnie ci-dessous, de la partie ouest de la section

le but de permettre à l'homme le plus timide de signer ce centrale du dit chemin de fer."

document, sachant qu'il ne risque rien. C'était: Face, je gagne ; pile, tu'perds. Ceux qui se sont joints à cette affaire, savaient que le ministère actuel devait s'en tenir et s'en tiendrait au premier contrat, qu'en conséquence, une nouvelle administration le remplacerait et que mon honorable ami prendrait le place que j'occupe très indignement aujour- le pays d'hui — une place que ses grandes personalités personnelles et son zèle et les luttes qu'il a engagées pour son parti lui donnent le droit d'orner de sa présence.

Ils savaient quoi serait son programme. Il y a si peu de temps qu'il l'a exposé, que jo no crois pas qu'il puisse le changer. Il est certain qu'il peut changer entre 1880 et 1881, mais dans le cas actuel, le changement serait si rapide

C'est-à-dire qu'en vertu du premier contrat l'on devra construire la partie qui s'étend de Kamloops à Emory's .Bar, laquelle est déjà donnée à l'entreprise ; mais les 450 milles quirestent,de Kamloops à travers les Montagnes Eochcuses jusqu'à Jasper House, est la région la plus difficile de tout

" Etant les 450 milles situés à l'ouest de cette section, tel que mentionné dans la 9e clause de cette proposition, la compagnie offre deiséduire la subvention en espèce et en terres du montant affecté aux dits 450 milles."

C'est-à-dire que la première clauso retranche la section du lac Supérieur, la seconde clauso pourvoit à la construction du chemin de fer du Sault Sainte-Marie et le troisième pour-

que même le talent versatile 'de mon honorable ami ne lui voit- à ce que je gouvernement pnisse abandonner la con s- „u „-4. „, i„ „r „,. : .+„™ f „„„ „«i„ truction de la ligne a partir dTimoiy s Jiar jusqu a fort

permettrait pas do changer aussi promptoment que cela

J'en arrive à la nouvello offre. Que dit la première proposition ?

" La Compagnie offre aussi par les présentes, dans le cas ou le gouvernement désirerait ■abandonner la construction delà section dele t, de réduire la dite subvention en argent et en terres du montant affecte à la dite section de l'est du chemin de fer en vertu du 9ième paragraphe de cette proposition.''

Les messieurs qui ont fait la 'soumission n'avaient pas l'intention de construire la section du lae Supérieur parce P^Z^^f:, Z JE?ÏJ?1ÎÏL,

y s -tsar jusqi abandonne la construction de

igné a part Moody, et l'a quatrième claus tout ce qui se trouve à l'ouest de Jasper House.

Maintenant, M. l'Orateur, c'est le programme du gouvernement de construire toutes ces sections; l'opposition s'est engagée par son programme à les retrancher. Elle y est engagée. Elle ne peut revenir sur le programme qu'elle a exposé. C'est de fait une soumission pour la section rémunérative, la section la plus facile, la moins dispendieuse, la

lemont pourra être construite à peu de frais, mais qui donnera des profits lorsque

qu'ils croyaient que le gouvernement actuel, insisterait à ce ™ * - - „ *» = ^t^ g on! a" ufte du7bequo la section du lac Supérieur fût ^^St^oT^^ mi « e fer Et tout cï plan qui avaif ostensiblement pour nue nous serions battus par l'offre du second syndicat, quo les '»" "c e Lu;mÀ aa — ,a+,.*i™ „t «PaW&tAr

que nous serions battus par

wndicat nue les mm ae Iei- rjl LULlu uw F"1" ^Ul ^ v=«.u»i»«ux™» Tr?~"

ient au pouvoir but d'assumer la responsabilité de construire et j d exploiter

océan Paci-

honorables messieurs do la gauche monteraient au pouvoir, ^ — '"^r'C Ninissinmie jusqu'à 1

et que dans ce cas, le gouvernement déM^g^r> ^l^^^^o^^L de cons

construction proposée, ils prendraient 1 entrcpi.se mo} en- nq^ ^ ^ de8Fprairieg et de le faire avec l'aide d'amii

accorderont mettront de

nant une réduction déterminée. nolitioues oui, lorsqu'ils arriveront au pouvoir,

Ils avaient pour les encourager le programme par lequel poétique qu q i ,

l'honorable monsieur s'engageait a l'abandonner. I s se ^ ^S efforts, ses responsabilités et toutes ses obli-

préparaient donc d'avance, et ces trois autres clauses me borner ^to ^ ,, ^ ^^ ^ ^ à

convainquent et convaincront tout autie que ceci est m b ^ prairies, chemin qu'elle pourra relier avec les

complot politique, ourd. par des hommes politiques, et que ^Ve chemins de fer américaines, et enlever ainsi !o

ces hommes,-dont quelques-uns possèdent- plus de richesse, ^£^J Nord.0nest au rac les autres moins et les antres n'en possèdent pas du toutne pouvaient en aucune manière courir le risque de perdro

.... ce du Nord-Ouest au moyen d'un ou do -plusieurs chemins de fer américains, pour la ruine complète du grand

une somme de dix contins, soit en construisant la spetion du PJOg qu

lac Supérieur, soit en l'exploitant pendant dix années. La section suivante se lit comme suit :

i a donné naissance à la Confédération cana-

dienne, pour la ruine complète des espérances que nous avons de devenir une grande nation, de la perspective que nous avons de nous emparer du commerce du Pacifique, et de relier l'Asie à l'Angleterre par un chemin do fer passant à travers le territoire britannique.

Il est aussi facile de construire un chemin- de fera travors les prairies et de l'exploiter qu'il est facile de rouler ^ un tronc d'arbre ; mais ceci est tin effort fait dans le but d'enïo^ur,'~J.n,,ÏÏÙV <iîi lever au pays, d'enlever à Ontario, d'enlever à Québec, soumission que les honorables messie urs do ^ la gauche au- feve au p maritimes toute communication par

viionr îiccontéo ahn de pouvoir construire, en \Oitu tic ce u^mov^i j j.

coXaWHe'tTccepîé! le chemin du Sault Sainte-Marie et voie ferrée avec le Nord-Oucst,

" Au cas ou le gouvernement désirerait abandonner la construction de la dite section de test, la, compagnie offre par les présentes de construire, dans un délai de trois ans, d équiper, "de posséder et d exploiter, pomme partie du chemin de 1er l'aciliiuie canadien, un embranchement de la haie du Sud-Est; lac Nipissingue, au Sault Sainte-Marie,"

Ainsi do l'autre section. Elles ont été insérées dan3 la

L'honorable monsieur avec orgueil, si notre

M. ANGL1X. Vraiment!

Sir JOIIX A. MACDOXALL dit : Vraiment ! Oui, je le dis

projet est mené à bonne fin, le vapeur arrivant ;\ Halifax s ra son fret et débarquera ses émigrants sur un chemin de fer anglais qui traversera Québec et Ontario jusqu'au far west, sur le territoire anglais et sous le pavillon anglais, Bons la protection des lois canadiennes et sans qu'il y ait aucun danger que les immigrants soient trompes, séduits, enlevés à leur allégeance ou engagés à aller fixer leur résidence ailleurs qu'au Canada, ou sans que le trafic venant d'Angleterre ou de l'Asie soit assujéti à la prohibition possible on à des droits, des restrictions et des règlements de douane vexatoires d'un pouvoir étranger. De sorte qu'il est clair que ces messieurs ne couraient pas le moindre risque. Ils ne seraient nullement obligés de construire les parties très coûteuses du chemin. Après dix ans Os ne seraient pas obligés d'exploiter aucune partie du chemin qui ne rapporterait pas do bons bénéfices. Le Canada pourrait chanter en attendant ses communications par voies ferrées sur son propre territoire, mais le peuple verrait graduellement les colonies se séparer les unes des autres. .Nous deviendrions un fagot dépourvu de liens et nous tomberions sans force, sans pouvoir, sans but, entre les mains de la lépublique voisine.

Considérons ce que c'est que cette offre. Ces messieurs doivent construire le chemin de fer dans la prairie à raison de 87,333 par mille, et ils font une réduction correspondante dans l'étendue des terres qui doivent être concédées. Mais il faut se rappeler que s'il y a réduction dans l'étendue des terres, ces terres seront toutes le long du chemin de fer dans la prairie. Ils auront tout le terrain où il a le plus de valeur. Ces terres ont été diversement évaluées à 85, 84, 83, $2, et §1, mais il est clair que si la section des prairies est seule construite, toutes ks terres seront prises dans le voisinage immédiat du chemin de foi-, taudis que si le tout est construit, une bonne partie des terres seront prises loin du chemin de 1er dans des endroits où leur valeur sera diminuée en raison de leur éloignement. M.. Gepj-gc Stepheu et Oie., sont obligés de prendre les terres où ils pourront les prendre. Ils nu peuvent avoir qu'environ 11,000,00q d'aorea de Winnipeg à Jasper House, et le reste des 25,0011,000 d'acres doit être trouvé ailleurs. Afin de leur donner la valeur d'un dollar, une valeur quelconque, il leur faudra construire des cmbranchcmcuts do chemin de fer jusqu'à ces endroits, et cette Chambre et le pays seront bien aise dt leur donner la permission de le faire afin qu'ils puissent ouvrir d'autres sections du pays éloignées de la ligne-mère. Hais nous avons le témoignage des honorables ors de la gauche, quant à la valeur, d'après eux, des ituées dan- le voisinage du chemin de fer. Le chemin de 1er passera a travers la partie la plus fertile et augmentera ainsi leur valeur, de sorte que les profits qui pourront être réalités dans la construction de la section des prairies avec les terres qui se trouvent dans le voisinage immédiat du chemin de ter ot qui doivent être cédées au nouveau syndicat, seront de beaucoup plus considérables que celui donneront à une compagnie obligée de construire touic la ligne depuis le lac Nipissingue jusqu'au Pacifique. Le sorte que c'est un marché qui ne du rfsquo.

Il ;. a enlr< jère différence

. ur laquelle j attirer l'attention do

la Chambre, En parcourant ce th sec !■• proposition, je

e la plupart des clai • otrat ainsi que de la

cédule, ' icuments do la * !bambre,

le prix. Pourtant il y à quelquos

ci il v a le changement d'un seul petit mot,

un lequel je dois attirer l'attontion do la Chambre. Noub

nous rap] n entre mon hohoi able ami

Lincoln, (M. Rykert) et l'honorable ohef de

itionsur la question de bo voir s'il existe an pouvoir

capable de forcer la compagnie du chemin de fera construire le chemin, et mon honorable ami (M. Rykert) a mentionné la cour de chancellerie. .T'ai dit alors que si c'était seulement un contrat facultatif on ne pourrait naturellement pas obliger les entrepreneurs à en remplir les conditions. La seule conséquence de la non-exécution des conditions d'un contrat facultatif, serait la possibilité, pour lo parlement,d'annuler la charte, si c'était la loi, ou l'on pourrait intenter une action en dommage par voie de compensation. Mais s'il y avait obligation légale, si le contrat n'était pas facultatif mais obligatoire, non-seulement un simple contrat entre des parties mais une obligation statutaire, que cela devenait un devoir statutaire imposé par le parlement avec pouvoir suprême sur l'individu, et si ce devoir était imposé, il pourrait y être contraint par un mandamus. C'est là ce que j'ai dit.

La seconde clause du contrat que nous avons préparée, est suivie mot à mot pour ainsi dire, excepté les mots " par lo présent donné à l'entreprise" qui ont été rayés, ce qui veut dire sans doute par le présent soumissionné. Elle décrète que " les entrepreneurs aussitôt après l'organisation de la compagnie déposeront immédiatement entre les mains du gouvernement 81,000,000 en argent ou en valeurs ayant cours." On nous dit que la compagnie fera ce dépôt, qu'elle contracte l'obligation de le faire. En consultant la clause relative à la construction, je vois que les mots "devra construire " (shall) dans le contrat que nous avons préparé, sont rayés et que Je mot " construira " (will) est mis à leur place On a gardé l'obligation, do payer le subside que devra imposer le parlement par un statut, mais lorsque nous arrivons à la clause déclarant que la compagnie construira le chemin, nous trouvons que les mots " devra construii%e " (sliall) sont rayés et que le mot " construira " (will) y est substitué. Le mot " construira" est tout simplement une expression d'intention, et la seule conséquence, de la mise à exécution de ce projet, c'est que la partie subséquente du contrat sera lettre morte, parce qu'il dit qu'en considération do la promesse, le gouvernement s'engage à faire certains paiements. De Sorte que si la promesse n'est pas mise à exécution les paiements no seront pas faits.

Si le mot " shall " est bon pour signifier " devra déposer" il doit être bon pour dire "devra construite," et cependant i! est laissé au sujet du dépôt et rayé lorsqu'il, s'applique à la construction. Il doit y avoir un but dans cela; ceci est une obligation statutaire qui impose un devoir dont le gouvernement du jour peut exigor l'accomplissement comme il le peut de tout devoir dont l'exécution lui est confiée.

j'avais oublié un état que l'on m'a remis entre les mains et sur lequel je vais attirer votre attention. J'ai parlé de la valeur des terres le longue la section, des prairies, qui, naturellement doivent être d'une valeur plus grande que les terres que le premier syndicat aurait à prendro pour lo fardeau additionnel et la responsabilité additionnelle dont il so chargerait sur. toute la longueur do la ligne. Nous prendrons la section canadienne. Or voici un calcul fait, sur la nouvelle proposition. Nous allons évaluer la concession de^ terres pour la section de la prairie, à 81 l'acre, et tout lo monde admettra que ce chiffre est ridiculement bas.

M. MILLS. 'C'est cela.

Sir JOÎ1N A. MACDONALD. Oui, ce prix est ridiculement bas pour les terres situées en dedans d'une distance de vingt-quatre milles do chaque côté de la section des prairies ; ces terres devront valoir beaucoup plus qu'un dollar l'acre lorsque le chemin sera construit. La subvention en espèces, 900 milles a $733.33 par mille, sera de $6,000,000, et laconcession déterres 10,000 acres par mille, pour 900 milles à $1 l'acre sera do $9,000,000 formant en toui pour la construction do la serti. unies prairies, à $1, l'acre 8 15,600,000. Si vous .value/, le terrain a $2 l'acre, cl c'est beaucoup trop bas à on juger par los estimations des honorables m do la gauche. La subvention en espèces et la coiucssion

de terres à $2 l'acre, fera en tout $24,600,000. Evaluez les terres à $3.18 l'acre et olle s'élèvera à $28,b'20,000, formant en terres et en argent $35,220,000, do sorte que pour la construction, do la section peu coûteuse, la soction facile, la section qui peut être exploitée avec profit, à $1 l'acre, la compagnie recevra $17,333.33 par mille ; à $2 l'acre, elle aura $27,333,3 ^ par mille, et à $3.18 l'acre, elle aura, $39,133 par mille. Et ces prix seraient donnés par les honorables messieurs de la gauche qui disent que cette section peut être construite moyennant $8,110 par mille.

Sir ALBERT SMITH. Combien votre compagnie reçoit" elle en vertu de votre proposition ?

Sir JOHN A. MACDONALD. Lorsque la Chambre a discuté la répartition da la subvention, on a prétendu qu'une somme disproportionnée était accordée à MM. Stephen et Cie., et cette otfre a été faite pour faire croire au public que cette somme est excessive. Croyant, comme doivent le croire tous ceux qui examinent cette offre, que l'intention des soumissionnaires est de ne construire que la section des prairies, je vous ai démontré que le prix de construction de toute cette section devra varier entre $17,000 et $39,000 par mille selon les divers prix auxquels les terres ont été estimées par acre. Ceci n'est que pour la section des prairies. La raison pour laquelle la somme accordée dans le contrat primitif pour cette section a été fixée à un chiffreélevé, c'est que cette section doit être construite de suite et que les travaux doivent être poussés avec vigueur. C'est la section qui ne peut être construite que la première, et jusqu'à ce qu'elle soit construite, la population qui devra, croyons-nous, s'empresser de chercher un refuge et un abri dans notre Nord-Ouest, ne pourra s'y rendre. Il est de la plus grande importance, aux yeux du gouvernement, que ce chemin soit construit immédiatement. Cette subvention considérable a donc été accordée pour la section des prairies, dans le but d'engager les entrepreneurs à pousser les travaux de ce chemin avec rapidité et à le terminer dans l'espace de trois ans, et les entrepreneurs se sont déclarés prêts à le faire s'ils obtenaient le contrat avant le 1er janvier. Ils le termineront aussitôt que pôs&ifelé après ce délai. Ce n'est pas un mal que cette section soi t-mieux payée que les autres pourvu que les garanties soient bonnes ; que le capital soit entre les mains d'hommes d'honneur, possédant des fortunes, peu importe où l'argent sera appliqué. La répartion a été ainsi faite dans le "but do hâter la constiuction des 1,000 milles à travers les fertiles prairies du Nord-Ouest, de façon à permettre à la population de s'y rendre immédiatement. Et, il faut bien se rappeler que la compagnie ne peut avoir de terres dans la région du lac Supérieur, ni dans la Colombie anglaise, où les terres ont été décrites par les honorable» messieurs de la gauche, comme sans valeur, cette province étant une " mer de montagnes." En conséquence toutes les terres qui doivent être concédées se trouvent dans la région des pranies, et nous noua efforçons, à l'aide de concessions de terres dans cette région, d'engager la compagnie à construire ce chemin et autant d'embranchements qu'elle peut en construire. Le but principal est non seulement d'avoir la ligne se prolongeant de l'est à l'ouest, mais d'assigner à la compagnie des terres qui devront être choisies conjointement par le gouvernement et par elle-même. Pour l'encourager à construire des embranchements nous lui donnons une subvention considérable et d'une grande valeur, afin que toute cette région soit non-seulement ouverte de l'est à l'ouest, mais qu'elle soit sillonnée par des tronçons se dirigeant vers le nord ou vers le sud jusqu'à de grandes distances à l'intérieur.

J'entends derrière moi une voix qui dit qu'ils construiront . t du ac Supérieur en même temps. Nous avons eu bien soin d'y voir. Je crois que ceux qui ont signé le premier contrat sont des hommes d'honneur possédant de grandes fortunes, et qui ne voudraient pas perdre leur réputation, leur prestige, et leur crédit sur les marchés moné-

taires de l'univers, en ne remplissant pas les obligations de leur contrat. Mais nous étions convaincus que nous n'avions pas le droit do nous contenter de leur parole, et noue avons stipulé dans le contrat que le gouvernement commencera à l'extrémité do la ligneduPacifiquo, probablement à Callendar Station, et procédera vigoureusement, d'une façon régulière, et de telle manière que les progrès annuels, n'assureront pas l'achèvemont dos travaux au bout do dix ans, mais seront tels qu'ils pourront démontrer an gouvernement la possibilité d'achever en dix ans le chemin du lac Supérieur. Il faut se souvenir que ceci est un seul et même contrat et non un contrat qu'on puisse séparer. C'est un contrat qui a pour but de construire les sections est et ouest. Il a pour but de construire ces doux sections, et si la compagnie ne remplissait pas l'obligation qu'elle a prise, quant au chemin du lac Supérieur ou quant à la section des prairies, elle n'aurait aucun droit d'exiger la subvention en espèces ou en terres, pour le montant d'ouvrage qu'elle aurait pu faire dans la prairie. Si elle ne remplit pas ces obligations dans une section, lors même qu'elle aurait construit le double du nombre de milles qu'elle aurait promis de construire dans la prairie, et qu'elle les aurait achevés à notre satisfaction, lorsqu'elle viendra réclamer les terres ou l'argent, si elle n'a pas poussé vigoureusement les travaux ians la section du lac Supérieur, et construit chaque année une proportion de cette section par année, suffisante pour nous/ convaincre que les travaux seront terminés à temps, nous lui dirons : Vous n'y êtes pas — vous n'aurez pas cet argent; il est vrai que vous avez construit la section des prairies, mais vous avez échoué dans toutes les autres parties du chemin qui doivent être continuées pari passu et nous ne vous donnerons ni un dollar ni un acre de terre, parce que, bien que vous ayez construit toute la ligne dans la section des prairies, vous avez déplorabiement failli dans les autres parties de la ligne." Afin de produire un grand effet à l'aide des nouvelles propositions, les adversaires du projet primitif ont retranché la 15ème clause qui se lit comme suit :

'' Pendant 20 ans à partir de cette date, la construction d'aucune ligne de chemin de fer ne sera autorisée par le gouvernement fédéral au sud du chemin de fer Pacifique canadien, à partir d'aucun point sur ou près la ligne du chemin de fer Pacifique, excepté telle ligne qui, se dirigerait vers le sud-ouest ou à l' ouest sud-ouest; ni en dedans de 15 milles à partir du 49ème degré de latitude. Et advenant 1 établissement de toute nouvelle province dans les territoires du Nord-Ouest, des dispositions seront faites pour continuer cette prohibition après cet établissement jusqu'à l'expiration de la dite période."

Cette clause avait été insérée après mûre délibération pour la même raison que nous avions demandé au parlement de construire le chemin de fer. Nous désirons et le peuple désire avec nous, que le chemin, lorsqu'il sera construit, soit un chemin canadien ; la grande artère du trafic canadien, pour le transport des richesses et du commerce^ de l'ouest jusqu'à la mer à travers le territoire canadien. Autant que nous pourroijàj l'empêcher nous ne permettrons pas qu'il soit construit dans l'intérêt des chemins de fer des Etats Unis. Nous désirons garder sur notre propre chemin aussi longtemps que nous pourrons légitimement le faire passer tout convoi venant du pied des Montagnes Rocheuses, et je suis heureux de savoir que l'une des régions les plus fertiles et peut-être la plus fertile de toutes, se trouve en plein sur le versant est des Montagnes Rocheuses— chargé de marchandises provenant de la Colombie-anglaise en destination de l'est. Nous croyons que ce chemin pourra transporter les marchandises à des prix aussi réduits et répondre aux besoins du trafic tout aussi bien que les chemins de fer américains peuvent le faire. Mais nous désirons garderie commerce de notre côté, que pas un seul convoi qui passera sur le chemin do for du Pacifique canadien n'aille aux Etats-Unis, si nous pouvons l'empêcher, mais qu'il traverse plutôt notre propre territoire afin que nous puissions augmenter la richesse et la population de Montréal, Québec, Toronto, Halifax et Saint- Jean, au moyen d'une grande voie ferrée.

lanadienne, profitant autant que possible du mouvement du commerce dans le pays.

Je ne prétends pas dire que nous puissions empêcher c'établissement de voies de communications moins dispendieuses. Il n'y a rien qui puisse empêcher la création d'autres chemins de fer de s'établir et d'être mis en opération à travers le continent, dans notre propre pays. Notre Confédération est aussi grande que toute l'Europe, et il vaudrait autant dire que le chemin de fer de Paris à Moscou peut répondre aux besoins de toute l'Europe que de prétendre que ce chemin de fer répondra à tous les besoins du Nord-Ouest. Dans la suite des temps il y aura place dans cette région pour autant de chemins de fer qu'il en existe en Europe, et s'il y a une tentative — la tentative serait futile — de la part du chemin de fer Pacifique Canadien d'imposer des tarifs et des taxes excessifs, ce serait une folie qui serait bien vite exposée par la construction de lignes rivales à l'est et à l'ouest, lesquelles ouvriraient notre pays dans toutes les directions et suffiraient amplement à empêcher la possibilité d'un monopole comme celui dont les honorables messieurs de la gauche ont fait un tel épouvantai!.

J'allais dire qu'un convoi partant du pied des Montagnes- Rocheuses pourrait être dirigé par une ligne traversant le pays dans* une direction sud-est vers les chemins de fer des Etats-Unis. L'honorable monsieur dit que ce sera pour vingt ans seulement ; mais j'allais dire qu'un convoi partant du pied des Montagnes Eocheuses pourrait être allégé d'une partie de son chargement au profit d'une ligne se dirigeant vers le sud-est et les Etats-Unis, et ce serait autant de trafic qui serait enlevé au profit de la république voisine, et à quelques milles plus loin une autre ligne pourrait être raccordée avec une autre ligne américaine, et ainsi de suite, de sorte que longtemps avant d'arriver à Winnipeg ou à la rivière Rouge, la majeure partie du commerce serait enlevée à notre ligne au profit des lignes américaines.

Le Rhin, ce magnifique fleuve s'élançant avec fierté de sa source, traverse les plus belles parties de l'Europe, et cependant il finit misérablement sa carriùre, et se perd dans les sables en «'approchant de la mer, tel serait le sort de notre chemin de fer du Pacifique, si nous le soumettions aux saignées que voudraient lui pratiquer les lignes tributaires de lignes étrangères. Ces lignes tributaires alimenteraient les lignes étrangères, ajouterait à la richesse étrangère et augmenterait le revenu dos pays étrangers en transportant ailleurs notre commerce, jusqu'à ce qu'arrivé aux gares extrêmes dans l'Ontario et à Montréal, il serait tellement affaibli qu'il mourrait presque d'inanition. Nul homme jouissant de ses facultés ne voudrait entreprendre de construire 150 milles de chemin dans cette région aride au nord du lac Supérieur, et l'exploiter pendant dix longues années lorsqu'il Bail ou*à moins d'imposer quelque restriction à la construction de oei lignes, pas une livre de fret n'irait au Nord-Ouest, mais qu'au contraire, tout irait aux Etats-Unis. Nous en ani ions bien une faible part, mais la majeure partie du commerco, irail par la ligne favorite dos honorables messieurs de la ganebe à travers le territoire américain, sans que nous ayons aucun espoir qu'il revienne au Canada par le Baull Sainte-Marie.

quel somme énormo d'argent possèdent les capitalistes américains engagés dans les entreprises do chcmins de fer aui Etats I . Nous avons en des preuves alités insensées qui on! existé parfois entre certaines grande compagnies <!o chemin de fer dans ce pays. Nous les avons vu exploiter dos chemins de fer dans dos conditions mineuse dans l'espoir de s'écraser mutuellement. im chemin, alimenté par une population d'à peine 1,000,000, avec un pays, el une finance qui som encore dant leur enfance oommonl pourrions-nous lutter contre les capitalistes do touj los Etats-Unis ? Quel avantage ces

derniers n'auraient il-, pat lir nous ? Les A méricains nllïi

raient de transporter los marchandises pour rien, fis iraient

même jusqu'à payer les producteurs pour les engager à expédier leurs produits par ces chemins. Le fret n'irait pas tout par le Sault Sainte-Marie. Il irait à Chicago. Il irait par une centaine de voies différentes.

Il s'écoulerait à travers les Etats-Unis, jusqu'à New-York Boston et les autres ports, et après qu'il aurait été prouvé que notre chemin est inutile, les capitalistes américains viendraient peut-être acheter notre ligne comme ils en ont acheté d'autres. On ne peut empêcher que les lignes de chemin de fer et de télégraphe soient achetées par les capitalistes étrangers. Ces derniers peuvent obtenir le contrôle de nos marchés et nous enlever le commerce qui devrait se diriger du grand Ouest par les chemins de foi- canadiens jusqu'au fleuve Saint-Laurent.

Grâce à leurs richesses énormes, leurs capitaux énormes, dépassant le revenu d'un très grand nombre de gouvernements les mieux posés de l'Europe, ils pourraient pendant une période d'années réduire leurs tarifs à un chiffre si modique, que notre chemin de fer, les entrepreneurs, la compagnie seraient ruinés, et qu'il leur serait tout-à-fait impossible de continuer la lutte. Et qu'y a-t-il de plus misérable dans n'importe quel pays qu'une compagnie de chemiu de fer insolvable. Qu'es1>ce qui pourrait être plus regrettable plus déplorable et plus ruineux pour l'avenir du pays que la mise en vente des valeurs de compagnies en banqueroute ? Ces compagnies ne pourraient pas s'approvisionner, elles ne pourraient pas renouveler les rails, elles ne pourraient pas entretenir leurs ehausséesen bon état d'entretien, et elles ne pourraient pas conserver leur matériel roulant en bonne condition. Le chemin diminuerait, diminuerait, diminuerait tant qu'il deviendrait une proie facile pour cette coterie. Nous ne saurions courir un tel risque.

Nous avons vu ce qu'une coterie commerciale a fait poulie blé à Chicago. Elle a augmenté le prix des aliments nécessaires à la vie, elle a maintenu pendant un an le pain du pauvre à un prix élevé afin de réaliser des profits aux dépens des ouvriers pauvres de l'Europe et de tout le reste de l'univers Dans le cas actuel on se trouverait en présence d'une autre association semblable, mais infiniment plus riche, possédant un capital beaucoup plus considérable, et étant encore beaucoup plus dépourvue de scrupules — et c'est un fait bien établi et bien prouvé, qu'il n'y a pas d'hommes plus dépourvus de scrupules, ni plus insoucieux des conséquences que les spéculateurs et les propriétaires de chemin de fer des Etats-Unis. Les mesures que nous avons prises lorsque nous avons décidé que ce chemin ne sorait pas dépouillé do son trafic de la manière que je viens d'indiquer, étaient essentiellement une qnestion de précaution, une question de légitime défonso et une question de nécessité. Ce chemin aura franc jeu pendant vingt ans à partir d'aujourd'hui, et pendant dix années seulement à partir do la date de son achèvement; et il doit être protégé contre ceux qui voudraient lui voler tous ses profits, tous les gains, les gains légitimes, que la compagnie espère réaliser avec cette entreprise sur les capitaux qn'elle doit y placer. Ceci n'a été fait que pour la protéger pendant los dix premières années où son trafic sera encore à L'état d'enfance. Nous savons parfaitement bien qu'il s'écoulera un grand nombre d'années avant qu'une population nombreuse soit tixéo dans cette région et les dix premières années ne rapporteront pas de profits/; nous savons parfaitement que tous les efforts, toute l'habileté administrative de la compagnie devront être

mis en ouvre pour permettre à la compagnie de retirer des sections est et ouest, des profits suffisants pour la rémunérer raisonnablement en proportion (fb ses dépenses et dosa responsabilité durant ces dix années. Afin de lui procurer dea ohanoes raisonnables de sucoès nous avons pourvu à ce que le parlement fédéral, notez bien — nous no pouvons contrôler aucun autre parlement nous no pouvons contrôler l'Ontario — nous ne pouvons contrôler le Manitoba — donne pendant les dix premières années après la construction du chemin, à cotte ont reprise, à laquelle il aecordo tant d'argent

et une étendue si considérable do terres, une chance raisonnable de pouvoir exister.

Le fait même que ces messieurs veulent conclure ce marché et le fait qu'ils consentent à construire le chemin dans ces conditions démontre qu'ils n'ont pas l'intention d'exploiter la ligne à l'est de la rivière Eouge. Il leur est facile de permettre la construction et l'exploitation de chemins de fer se raccordant à la ligne-mère dans les prairies, de tout chemin de fer local de colonisation destiné à subvenir aux besoins du pays situé le long de la ligne de l'est à l'ouest. Le trafic local et le transport que le chemin de fer pourra avoir entre Jasper House et la rivière Eouge suffiront amplement à l'alimenter et ces messieurs peuvent très facilement dire : " Nous n'avons pas besoin de ces exemptions." Mais, M. l'Orateur, s'ils doivent construire le chemin au nord du lac Supérieur, s'ils ont l'intention de le construire et de l'exploiter pendant dix ans, ils ne doivent pas chercher à priver ce chemin du trafic nécessaire à son alimentation, car ce chemin serait absolument sans valeur pour eux. Son trafic serait eidevé longtemps avant qu'une seule livre de marchandise eût traversé la rivière Eouge pour passer sur le territoire canadien. Ceci est l'une des preuves innombrables dont l'évidence est patente à la face même du second contrat, démontrant que ce n'est pas un contrat bona fide, que ce n'est pas une offre bonafide et honnête de construire le chemin sur le territoire canadien ; mais c'est une offre de construire un chemin qui devra mettre à exécution le programme formulé par les honorables messieurs de la gauche. Il a été fait dans ce but, et dans ce but seulement. La clause suivante, M. l'Orateur, est la seizième

UN DÉPUTÉ. ; Il est six heures.

Sir JOHN A. MACDONALD. Je ne crois qu'il soit à propos que je divise mon discours pour le recommencer demain. J'aurai sans doute occasion de parler encore sur cette question. Je puis dire cependant que mon honorable ami de la gauche a bien feyit l'indignation— comme il fgint ■foujours bien-*-lorsque j'àl propose que les ordres du jour cédassent le pas à la discussion de cette question. Il a pris la Chambre et le pays à témoin de la perversité de notre conduite. C'était très bien joué, mais c'était très significatif, car l'honorable monsieur nous avait bien et dûment avertis, lorsque nous siégions en comité qu'il avait l'intention de parler longtemps sur cette question lorsque vous occuperiez le fauteuil.

Nous ne désirions rien faire, mais nous voulions donner toute la latitude possible à la discussion, et Dieu sait que nous avons accordé toute la latitude possible. Mais nous voulions procéder. Je savais très bien que la discussion

serait reprise lorsque vous seriez au fauteuil, et tout ce qu nous voulions, c'était de ne pas perdre de temps. Nous n'avons jamais été assez fous de croire que cette seconde proposition no serait pas amenée devant la Chambre. Tout honorable député pouvait l'amener. Les parties ellesmêmes pouvaient présenter des pétitions exposant qu'elles avaient fait l'offre. Nous voulions continuer le débat.

J'en appelle aux députés, comme à des patriotes, comme à des hommes qui ont en mains les destinées de Ja patrie, de ne pas se laisser aveugler, de ne pas se laisser jouer, de ne pas se laisser induire en erreur par un artifice aussi ingénieux que déshonorant. Je sais que nous pouvons en appeler à nos compatriotes ; je sais que nous pouvons en appeler au patriotisme du peuple du Canada. Nous pouvons lui dire que nous voulons avoir une ligne qui reliera Halifax avec l'océan Pacifique. Nous pouvons lui dire, même par la bouche de nos ennemis, qu'à même nos terres nous pouvons payer vingt fois chaque montant pris dans le gousset du peuple, et nous pourrons avoir un grand chemin de fer Pacifique. Et nous l'aurons.

Laissez-moi établir un contraste. L'on vous demande d'adopter une ligne partant des Etats-Unis et retournant aux Etats-Unis. L'on vous demande d'accepter une ligne par laquelle le commerce de l'est va aux Etats-Unis et par laquelle les profits légitimes do la section du lac Supérieur seront détruits. L'on vous demande d'accepter une ligne par laquelle le commerce de l'ouest 8'en ira aux Etats-Unis. M. l'Orateur toute cette affaire est une tentative de détruire le chemin de fer du Pacifique. Je puis compter sur l'intelligence de la Chambre et sur le patriotisme du peuple, je puis compter non-seulement sur le patriotisme, mais sur le bon sens du peuple pour mener à bonne fin un arrangement qui nous procurera tout ce dont nous avons besoin, qui satisfera toutes les aspirations légitimes, qui nous donnera un Canada grand, prospère, uni, riche, progressant et se développant au lieu de nous rendre tributaires des lois américaines, des chemins de fer américains, de la servitude américaine, des tarifs américains, et de tous les petites et les|grandesi,superobëries auxquels le^ Américains oiitl'frabitude d'avoir recours pour ruiner notre entreprise.

Eegardez ce tableau et regardez l'autre. Je sais quel choix sera fait par le peuple du Canada. Et je crois qu'avant les élections générales de 1883, les honorables messieurs de la gauche essaieront à faire oublier au peuple, ce complot de publicains. Us avaleront leurs propres paroles devant le peuple comme ils essaient actuellement de les avaler, relativement à la politique nationale — et en ce faisant ils neront l'estime et 1p- respect du deuple du Canada.

M. BLAKE propose l'ajournement du débat.

La Chambre s'ajourne à six heures.

Imprimerie de MacLean, Roger et Oie., Rde Wellington.

The EDITH and LORNE PIERCE COLLECTION o/CANADIANA

Queens University at Kingston

Page 1