CHAPITRE IV
LA POSITION DES DÉBRIS D'ÉTOFFE SUR LA PARTIE ANTÉRIEURE DES PRO- JECTILES EXPLIQUE LES EMPREINTES LAISSÉES PAR CEUX-CI SUR LES BALLES DE PLOMB NU
Toutes ces expériences permettent de donner l’explication d’un phénomène mis en valeur par V. BALTHA- ZARD qui, le premier, a montré que les balles de revolver en plomb nu, conservent après avoir pénétré dans l'organisme l'empreinte du PREMIER VÊTEMENT QU'ELLES ONT TRAVERSE.
Ila pu identifier ainsi la trace laissée sur la tête du projectile par des éloffes de trames différentes. Cette méthode à rendu possible le diagnostic de la nature d’un tissu, d’après l'empreinte laissée sur la balle qui l’a frappé ou perforé.
Dans une expertise il s'agissait d'établir si deux balles en plomb nu ramassées sur un tapis, l’une le jour
même d’un attentat, l’autre trois semaines plus tard,
SRE
avaient bien atteint la victime. Ces balles qui n'avaient pas eu ‘une force suffisante de pénétration pour perforer les vêtements (redingote, etc.), avaient rebondi sur le sol. On put remarquer qu'il existait sur ces balles des empreintes quadrillées, laissées par la trame du tissu de la redingote, grâce auxquelles l'identification fut possible avec des empreintes analogues obtenues sur des balles tirées contre la même étoffe étendue sur une planche de sapin.
A l’occasion d’une photographie faite au laboratoire de Médecine légale de Nancy, BEbiX avait d’ailleurs indiqué que l’étoffe des vêtements était poussée et déprimée par la balle à lorifice d'entrée. L’empreinte de la première étofle sur le plomb avait permis d’affirmer, dans l'affaire dont il parle, qu’un cadavre avait été déshabillé avant l’arrivée de l'expert.
GENONCEAUX, après les expériences de V. BALTHAZARD,
indiquait que dans des cas exceptionnels, la balle peut.
conserver l'empreinte de la seconde étoffe traversée, soit que la première ait été déchirée, soit que l’étoffe ait été très fine.
PISDELIÈVRE par une série d'expériences de laboratoire donne une explication du mécanisme de ce phénomène. Tirant avec des balles à extrémités antérieures plates, ils constate que celles-ci découpent dans l’étofle traversée des confettis qui s'appliquent à sa face antérieure. Si la balle traverse successivement trois vêtements, la première étoffe est appliquée directement sur le plomb, la deuxième étofle sur la première, la troisième sur la seconde. Si la balle ainsi chargée
vient frapper un corps dur, où est arrêtée progressi- se
vement par un corps semi-résistant (paralfine, mastic), la pression exercée se transmet à la troisième étoffe, puis à la deuxième, enfin à la première ; les fibres de celle-ci tendent à s’incruster et à se mouler dans le plomb. Inversement, si l’on examine le fond du trajet d'une balle tirée dans ces conditions, onpeut observer.
que celui-ci a conservé l'empreinte de Ja troisième ee
étofte, c’est-à-dire la dernière traversée, à condition que la cible soit d’une consistance telle qu’elle puisse garder l'empreinte de la troisième étoffe c’est-à-dire la
dernière traversée. La photographie que nous publions <
en-est un exemple frappant (fig. 5) Si la première étoffe particulièrement fine, ou s'étant
laissé perforer pour une raison quelconque, s’est rom-
pue sans que des fibres en soient détachées par la
balle, celle-ci sera en contact avec la seconde étoffe, et c’est elle qui donnera l'empreinte. C’est l'explication du
phénomène observé par GENONCEAUX, phénomène qui se.
produit rarement, semble-t-il. <
Les expériences que nous avons faites avec des balles
en plomb nu, plates, rondes, ou eylindro ogivales, con-
cordent et donnent des résultats analogues. Ke
Mais alors que des morceaux d'éloffe étaient découpés et entraînés avec des balles plates ou rondes ; avec des
balles pointues ou cylindro-ogivales il ne s’agit plus que de débris (quelques fibres d’étofte) : les empreintes y seront, par conséquent, moins abondantes.
Par ailleurs, nous avons voulu nous rendre compte
si une compression était nécessaire pour que l'empreinte
soit marquée, ou si le seul fait de traverser une étoffe pouvait suflire à la produire.
Septième série d’expériences
| PREMIÈRE EXPÉRIENCE. — Tiravec des balles plates” an 6 mm.en plomb nu, carabine Flobert, à 0m, 50 d'une
“La balle de recueillie dans du te à2 mètres en arrière.