JUSTINE HONORINE FE JUSTINE
âge as-tu ?
(Er des compliments quon lui adresse, il vient se réfugier
dans les bras de son père.)
Viens vite, mon petit |
Viens vite. Elles t’impressionnent ?
Il ne faut pas en avoir peur, va — laisse-les.
Je fais en ce moment, vois-tu,
Mes comptes. Oui, j’additionne,
Je multiplie et je soustrais.
Je regarde ma vie et la passe en revue.
Eh! Bien, deux choses seulement subsistent :
L'amour et le travail. Et je ne suis pas triste, Cependant qu’aujourd’hui tous deux ils m’abandonnent, Ayant fait l’un et l’autre autant que je l’ai pu. Pierrot, j'ai blasphémé
Quand j’ai dit qu’être aimé
Ca valait mieux que tout —
Et je m'étais trompé.
L'amour sans le travail.
Mon Dieu... ce n’est pas mal,
Evidemment — mais c’est bien peu.
Le travail sans Pamour, ça ne vaut guère mieux.
Et si tu veux connaître un jour le paradis,
Je suis sûr aujourd’hui de ce que je te dis:
Tâche d’avoir les deux.
Tu travailles ce soir pour la première fois,
C'est déjà magnifique, eh! bien, mon vieux, crois-moi, Si tu veux que ce soit vraiment un très grand jour, Le plus beau de ta vie,
Quand ce.sera fini,
Laïisse-moi rentrer seul —— et va faire l’amour !
Le DEBURAU
ie FAMOEX DE: L’ABOTYEUR Mesdames et Messieuts…
É. (La musique joue au dehors.)
= HONORINE < Chut ! Chut! Attention. Silence.
2 Le boniment commence.
ER JUSTINE
Ouvre pour qu’on entende mieux.
- PANMOEXSDESLCABOVEUR
Mesdames et Messieurs, J’apporte à votre connaissance Un fait nouveau | Et d’une très grande importance :
É2 Nous avons un nouveau Pierrot ; Qui va remplacer comme il faut, Je sais, Messieurs, ce que j’avance, Notre célèbre Deburau !
Ce n’est pas de l’outrecuidance.
Nous connaissons votre exigence, Et nous savons ce qu’il vous faut.
Nous ne réclamons pas, Messieurs, votre indulgence, Nous n’en voulons pas aujourd’hui.
*à Nous avons la ferme espérance Que lorsqu'il paraîtra, vous crierez tous : « C’est lui !, « Gest Deburau !
nu u« Bravo!»
"4 Et pourtant, non, Messieurs, - Ce n’est pas Deburau — mais c’est peut-être mieux. Et leur très grande ressemblance, Dont vous allez être surpris,
Ch ES
LE
N'est pas le résultat d’un banal artifice, er Et vous conviendrez bien qu’elle n’a pas de prix Quand vous saurez que c’est son fils | Il en a, Messieurs, l’apparence, Il possède sa nonchalance, Son élégance
’ Et sa gaité.
s Donnez-lui votre confiance,
RE Cat d’avance
1féemertEesS
Vous le verrez dans tous ses rôles. S LE ES Dans tous il vous plaira, j'espère, : Et vous direz que c’est son père Avec trente ans de moins, Messieurs, sur les épaules !
(Depuis quelques instants, Charles s’est aperçu que son père,” resté à l’écart, était à la torture — et qu’il était comme un pantin dont on a coupé les ficelles. Alors, il vient à L très vite, et le prend dans ses bras.)
Le .
n Non, non, ce n'est pas vrai, tout ça c’est faux, papa.
0 Pourquoi mentir ainsi.
Es Pauvre homme, il est fou, n’est-ce pas ?
Lie Û | 4 r Mn DEBURAU 7 TL re Mais non. 15 > #
: ER | CHARLES DEBURAU ; se Mais si.
Puis-je avoir ton succès, voyons, moi, dans tes rôles?
D ÉBURAUS Se
Eh! Sait-on jamais. le public est si drôle! + Do LA VOIX DE L'ABOYEUR e anes gens qui passez, ee
spectacle va commencer | È L’orchestre TS une TR brillante et c'est
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ner 4 | * FIN DE
DEBUR AU
f LE-PROLOGUE 24 or a CO OR