TROISIÈME CHANT
J'écoute et j'applaudis, lorsque, loin de la ville, Une musc, effleurant les pipeaux de Sicile, Fait entendre, en ses vers échappés au hasard, La voix, de la nature et quelquefois de l'art ; Célèbre les bergers, leurs champêtres domaines, Leurs jeux et leurs plaisirs légers comme leurs peines ; Conduit deux jeunes cœurs sous le hêtre écarté. Et fait tomber l'amour aux pieds de la beauté.
Mais la nôtre moins souple, en son humeur plus fièn Su'- le sol des héros naquit assez guerrière;
FRAGMENS. i53
El, sans ctrc insensible aux doux besoins du cœur.
Si parfois on la vit, oubliant sa rigueur,
Quitter le casque altier pour la paille légère.
Et travestir ainsi l'amazone en bergère,
Ce fut pour reposer quelques instans son bras
Des durs travaux des camps et du choc des combats.
C'est en vain que naguère , usurpant la houlette , Je semblai préférer, dans une humble retraite, Les bosquets à la tente et la rose au laurier : Lorsqu'abaissant déjà mon accent trop altier. Sur mon hautbois, enflé d'une haleine mourante, Je chantais... tout à coup sa trompette éclatante D'un bruit impérieux a retenti trois fois, Et le hautbois craintif est tombé de nos doigts:
Muse! l'heure a sonné, plonge dans la mêlée !
•« •*•«»« 8^" »««te»f«»«teg»eeeaee«e» Stac se »»»»»»«— —
DE ARTE POETIGA,