‹ Début poétique, ou, Choix de poésies diversesChapitre 20 sur 24 · CONTRE UN MENTEUR · texte numérisé non relu

CONTRE UN MENTEUR

Le roi passe! crie Alidorc, — C'est vrai, je le vois à vingt pas; Mais j'en serais plus sur encore, Si tu ne rae le disais pas.

Nous avons tous, soit tuteurs, soitparens, Pour nos péchés , des enfans iguorans, Et nous payons afin qu'on les instruise. Mais je voudrais, par un retour égal , Qu'on nous payât quand on les instruit mal. Vous qui, pétri d'une sainte bêtise.

Les rendez sots plus qu'il n'étaient chez nous, Frère Asinus, combien nous paierez -vous?

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Uii gros villageois à confesse Disait un jour à son curé :

« J'ai bu, j'ai menti, j'ai juré; « Mon père excusez ma faiblesse :

« De mes péchés tel est le cours « Que j'y retombe tous les jours, « Ainsi qu'une franche pécore.

n Or, tandis que je suis en train , « Permettez que j'accuse encore '< Ceux que je commettrai demain. «

i7a POÉSIES FUGITIVES.

(g^^i()ramme.

Certain fâcheux me dit : « J'irai vous voir. > Je lui réponds : « Monsieur, venez le soir. » Puisjele quille; alors le jeune Eugène, Un mien parent, présent à cette scène, Fourme reprendre allait parler... « Tais-toi, « "Voici le mot de l'énigme : j'indique « A mes amis l'heure où je suis chez moi; « Et puis, usant d'une heureuse tactique, « J'indique aux sots, aux fâcheux que je hais, «L'heure précise oià je n'y suis jamais. •

Tocjouas parle trop haut un mauvais orateur. C'est vrai; mais quand Dumour captive l'auditeur Aux accens de sa voix facile et sans emphase, Et que Broque en hurlant ne le captive pas, Je me dis à moi-même , en retournant ma phrase , Un mauvais orateur parle toujours trop bas.

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tamme.

Pour diffamer la nation française L'Anglais solde l'Europe, et, sous d'autres climats, L'Amérique se tue à diffamer l'anglaise;

Et cependant nous ne la soldons pas.

POESIES FLGITIVES. 17$

;:|)i()rainm«'.

MoRiN VILLE à ma table admis, Et qui se dit de mes amis, Partout sans pitié me diffame; Le trait est noir, il est infâme; Mais je me tais, j'attends... un bruit M'apprend bientôt qu'on le poursuit Pour mille écus... je les lui porte, De joie alors il se transporte , Il pleure, il m'embrasse, il me dit :

« Tu viens de sauver mon crédit.

'< O mon ami! mon dieu propice!

« Puis-jc payer un tel service?... »

Je réponds : « Oui, c'est... — Ah! dis, quoi ?. « — ■ De ne pas parler mal de moi. »

^^ptcjramme.

Je vois chez nous mainte société.

Sans notre aveu, s'intituler savante : Sur cette ardeur dont chacune se vante, Si par malheur la science a compté, Ah ! mes amis, la science est à plaindre! Car on y passe une moitié du temps A fabriquer de très-longs règlemens, Et l'autre après se passe à les enfreindre.

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^^i^tammd.

Mon ami, tu veux savoir Pourquoi je vais peu te voir?

Écoute : ton domicile Est d'un accès difficile, Par son triste éloignement.

C'est peu: ton étage même Est si près du firmament, Que, quand, par un zèle extrême, Quand , par l'effort plus qu'humain D'une marche longue, active.

Chez ton portier l'on arrive.

On n'est qu'à moitié chemin.

Celui qui dort sous ce tombeau funèbre, Traiteur habile et pourtant peu célèbre , Avait fondé sur l'appétit des gens L'espoir flatteur d'une haute fortune ; Mais, en dépit de ses soins diligens, Il succomba : sa mort est peu commune ; Car ce pauvre homme, au bonheur étranger, Mourut de faim en donnant à manjrer.

i8o POÉSIES FUGITIVES.

^fitaf^i

Faite d'avance et par précaution ponr nn antenr romantiqaa assez coanu.

Ci-cÎT mort tout entier le rimcur Gloirentcte , Qui des siècles futurs a rate la conquête. Ce grand homme, chagrin de voir tous ses écrits A la livre vendus comme du papier gris, Finit, pour se ravir à cet affront extrême. Par user tout son bien à s'acheter lui-même.

POESIES FUGITIVES. i8t

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,^,i...pÇc.

Sous cet humble tombeau gît le poëte Olinde, Que son génie ardent fit voyager ainsi : Il ]c porta d'un trait jusqu'au sommet du Pinde, Du Pindr à l'hôpital , de l'hôpital ici.

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