MOEURS
La "alanterie t-crit en vers, et 1 amour en pro^o.
On ne marie pas un homme raisonnable ^ il se marie.
Lliomnic passe la première moitié de sa vie à ruiner sa santé, et l'autre moitié à la rétablir.
Les'ferames jolies et capricieuses sont comparables à ces montres qui ont une belle boîte et un mauvais mouvement.
Celui-là est vraiment grand qui, entrant vertueux dans Paris , en son vertueux encore.
Avouer qu'on a tort est presque aussi beau que d'avoir raison.
Il n'y a qu'un moyen à employer pour que certains hommes soient modestes, c'est de leur rendre justice.
Beaucoup de gens , après avoir trouvé b
bon , clierchoiit encore et trouvent le niaii-
II est parmi l'espèce humaine des elres si stupides, qu'ils semblent n'avoir été créés par la nature que pour remplir une lacune dans l'échelle animale , et servir de transition de l'homme au singe : encore y a-t-il moins de différence entre cet animal et un sot qu'entre un sot et Voltaire. Cette idée , émise sans conséquence, pourra tirer d'un grand embarras nos naturalistes classiûcateurs.
Si tous ceux qui se plaignent de l'injustice et de la partialité des Sociétés savantes ou lit-
téraires étaient réunis et constitués en sociétés semblables , ils deviendraient de suite à leur tour injustes et partiaux.
Les hommes se donnent, pour acquérir la fortune, beaucoup plus de mal qu'il ne leur en faudrait pour s'en passer.
On tiouve des gens tellement mesurés dans leurs actions , et qui emploient un si long- temps à combiner les derniers détails de leur conduite, qu'ils arrivent quelquefois à la fin de la journée en méditant ce qu'ils feront le matin.
Il est à remitrquer que les femmes ne pro-
noncent jamais les lettres doubles dans ces mots : terreur , horrible , elles amollissent tout ce qui passe par leurs mains et par leur bouche.
On doit toujours avoir une provision de lieux communs pour se défendre des indiscrétions dans le commerce du monde.
Quand on raconte un bon mot, les sots, impatiens de montrer de l'intelligence , rient au commencement , et les gens sen^s à la fin.
« Ceux qui ne savent pas leur langue adoptent l'habitude d'estropier les mots, par ton ,
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d'un côté, et de l'autre, afin qu'on croye qu'ils les estropient encore par ton quand ils le font par ignorance.
L'homme se lasse d'abord du mal, et puis un peu plus tard du bien.
C'est fiîire le plus grand des excès, que de n'en faire aucun.
Quand ou éprouve une sensation délicieuse, il semble que i'àme tienne à si peu de chose, quelle soit toujours sur le point de s'exhaler.
Si la vie est un fleuve , l'homme en est le
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navigateur, le présent est le bateau, l'espoir est la rame, le passé est le point de départ, et 1 avenir est le port.
Il ne manque à certains hommes, pour être heureux, que d'avoir la conscience de leur bonheur.
Dans les plaintes que nous adressons à la fortune nous tenons compte de tous nos malheurs , et nous oublions toutes nos prospérités.
Les états qui fournissent aux besoins de la vaiiiié n'ont jamais de morte-saison.
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Il est rare que les riches qui l'ont toujours été ne soient pas durs : ils s'accoutument à 1 idée qu'ils sont des êtres d'une origine particulière , qui ont apporté, en naissant , l'or, les dignités et toutes les faveurs de la fortune pour attribut caractéristique de leur espèce. Par la même raison, il, leur semble que les pauvres sont tels en vertu d'une loi de la nature. S'ils l'osaient, ils introduiraient ces fatons de parler : riche par constitution, pauvre par tempérament. Ils se figurent volontiers , en voyant des mendians, qu'ils sont venus au monde couverts de lambeaux comme les oiseaux de plumes et les poissons d'écaillés. En conséquence, le prétexte de leur insensibilité est dans cet argument : qu'ils ne sauraient
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changer l'ordre des choses. Il faut qu'ils voyent de temps en temps quelques-uns de ces misérables tomber d'inanition sous leurs yeux, pour être tirés d'erreur et convaincus que la situation d'un homme qui meurt de faim ne saurait être habituelle.
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