‹ Débuts de l'imprimerie [microforme]Chapitre 8 sur 14 · LE · texte numérisé non relu

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à Utrecht, attestant que Vlyegher, en sa présence, et en présence de deux témoins, léguait cet exemplaire au couvent de Sainte-Marie, à Zural, près d'A mesford, où il devait étre enchainé pour toujours, Cet exemplaire est relié luxeusement par le célèbre relieur parisien Thouvenin.

À la vente de la bibliothèque du comte d'Ashburnham, en 1892, Quaritch acheta l'exemplaire de ce dernier au prix de $20,000 pour le compte de Robert He, de New- York. Cet exemplaire renferme deux feuilles en facsimilé, Il avait été volé, en 1793, à la bibliothèque de l’Université de Mayence, par Merlin de Thionville, qui le vendit à un libraire de Londres du nom de Nicol.

ienrch Klemm, de Dresde, à payé son exemplaire 66,000 marcs, soit $16,500,

Ces renseignements que je pourrais multiplier, sont suffisants pour faire voir quel prix on attache aux premiers-nés de l'imprimerie, et sont de nature, je n'en doute pas, à faire rèver la plupart de mes lecteurs. Je ne m'en cache pas, je devins réveur moi-même, et le bibliophile qu'il y a en moi—vilaine manie pour un gueux de ce pauvre pays—sent son sang bouillir dans ses veines et sa convoitise s’allumer furieusement.

Mais le Psautier de Mayence a-t-il réellement été

imprimé avec des caractères mobiles ? Ces caractères étaient-1ls en plomb ou en bois ? Grosse question, qui a été longtemps débattue, et sur laquelle les bibliographes n'ont pas pu s'acccorder.

Van-Praet se prononce en faveur de caractères mobiles en bois, dont le nombre a dû être considérable, Il en rentrait 640 dans une page et 2560 par feuille. Brunet est du même avis ; mais Didot, qui a fait une étude élaborée de cette question, prétend que les caractères étaient de métal et qu'ils avaient été fondus d’après le procédé de Gutenberg.

Fust et Schæffer publièrent les ouvrages suivants :

Guilelmi Durandi rationale devino rum officiorum. 1459, In-folio.

Cet ouvrage est un chef-d'œuvre de typographie, et selon certains auteurs, il serait le premier ouvrage portant date imprimé avec des caractères mobiles de fonte.

Constitutiones Clementis papæ V. 1460. Grand in-folio.

Biblia latina vulgatæ editionis. 1462, 2 vols, Grand in-folio.

Le premier genre de caractères employés fut le genre gothique, comme on peut le voir par les fac-similés que

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nous donnons avec cette étude. Les bibliographes français appellent ces caractères lettres de somme, et les Anglais les désignent sous le nom de black-letters. Les caractères italiques sont d’origine italienne, de là leur nom. On les a quelques fois nommés vénitiens parce que les premières matrices de ce genre de caractères furent fabriquées à Venise. Les lettres aldines ont été inventées par Alde Manuce.

C’est en 1472 que le caractère romain fut introduit en Allemagne par Gunther Zainer. La forme du caractère tel qu'il s'emploie de nos jours est attribuée au célèbre graveur Nicolas Jenson.

Au quinzième siècle, comme on peut le constater en examinant des ouvrages de cette époque, l’u et le v sont employé. ‘ndistinetement, ainsi que l’ietlej. Les diphtongues sont remplacées tout simplement par l’e ou l’a, selon le cas.

Les plus célèbres éditions anciennes sont, par ordre de date, les éditions aldines, elzéviriennes, d'Abraham Wolfgank, et celles des Estiennes.

Alde l’ancien et Paul Manuce, son fils, six des douze Elzévirs qui furent imprimeurs, Isaac, Bonaventure, Abraham, Jean, Louis et Daniel, et la famille des Estiennes, ont laissé un grand nombre de chefs-d’œuvre

typographiques. La plupart de leurs nombreuses publications sont recherchées aujourd’hui par les bibliophiles et se vendent assez chères lorsqu'elles viennent sous le marteau du commissaire-priseur.

Telle a été l’origine de l'imprimerie, dont les débuts difficiles nous sont plus ou moins connus, et tels sont les premiers imprimés qui nous ont été conservés jusqu’à nos jours.

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