‹ Décades américainesChapitre 7 sur 19 · LES BOSSUS DANS L'ICONOGRAPHIE MEXICAINE ET PERUVIENNE · texte numérisé non relu

LES BOSSUS DANS L'ICONOGRAPHIE MEXICAINE ET PERUVIENNE

hn étudiant le:» remarquahles séries» eéraiiiiqueâ péruviennes du Mui»ée d Ethnographie du Trocadéro. nous y avons remarqué deux vases figurant dej* hossuîireproduitsHvec une fidélité pîirfaite. Nos photographies pi. III. lig. I el2) représentent cesdeux vases. Ledosarrondiestindiquéavec unegiande précision. I>a gibbosité semble porter sur uneassez grande hauteur de la colonne vertébrale dans la région cervico-dorsale. (> est probablement la figuration d'une gibbosité rachitique. Les figures ont été soigneusement observées par les céramistes et ont tout à fait le caractère très particulier des faces de bossus rachiliques avec nez assez volumineux, menton saillant, en galoche, face allongée.

Sous ce» deux vases nous avons reproduit un petit personnage en terre cuite Hg. 3 sorte d'amulette funéraire, également péruvienne, et qui présente une ^ibbosité très marquée m«is de caractère différent. La bosse est bien plus saillante et forme un angle. Il semble qu'il s'agisse là dune gibbosité pottique. c*est-à-<Iire due à un mal de Polt lésion tuberculeuse des vertèbre*» avant amené la destruction d une ou de plusieurs vertèbres, d'oii leurefFondrement et par suite saillie marquée de la colonne en arrière, au niveau de ce point .

Dans la céramique mexicaine, on peut trouver également des représentations de bossus. Deux pièces, que nous avons publiées jadis 1 existent dans la collection de notre ami Hoban : ce sont deux petites statuettes creuser* renfermant de menus cailloux, de telle .'^rirte qu'en les agitant on obtient un bruit analogue à celui que produisent les hochets. J>es personnages sont assis et montrent une saillie marquée à la région cervicale. La face de l'un d'eux présente aussi, comme sur let» vases péruviens sus-indiquén. les caractère» très nets de la figure du bossu pottique.

Si maintenant on cherffi" 'JMri- h'-^ ^iodex. on pt-of irouv'-i' également des

(1) Travaux df Seuroloijie rhirvrfjiml^ dr f'hipauU, 1W7.

tiiîurations de bossus. Dans le manuscrit bien connu : Hisloire de la jmtion chichinièque, légué par M. Goupil à la Bibliothèque nationale et décrit par E Boban dans la belle publication : Documents pour servir à V Histoire du Meriqae, on peut voir sur les planches 2, 3 et 5 de Talbum reproduisant les dix feuilles du manuscrit (V. pi. III, fig. 4, 5 et 6), trois figures de bossus pottiques avec saillie dorsale très exagérée.

L'un d'eux (planche 3 du manuscrit) fait partie d'une scène complète (fio- 6) dans laquelle Atcolhuatzin, roi d'Azcopot/olco tire de l'arc sur le chef Cozcaque qui vient de soulever la province de Tepotzotlan (de tepolzotli, bossu et du suffixe: tlan, auprès).

A la planche 5 d'ailleurs, où existe la mêmepetile ligure de bossu (fig. 4), il n'y a pas de doute possible, puisque au-dessus de la figure, on peut Ure le mot de tepotzotlan.

Enfin sur la planche 2 on peut revoir encore la même petite image du bossu pottique avec saillie très exagérée de sa gibbosité (fig. o). FauL-il conclure de là que les bossus étaient abondants dans cette province ?

On peut se demander, en présence de ces diverses figurations pourquoi les Péruviens, comme les Mexicains, se sont donnés la peine de reproduire d'une façon si précise ces infirmes? Il est probable que les bossus étaient considérés comme des êtres particuliers, anormaux et parsuile étaient l'objet d'une certaine attention, peut-être d'un certain culte fétichique.

D'autre. part, ils semblent, au moins pour le Mexique, avoir joué un certain rôle à la cour de l'empereur. En efl'et, dans un très curieux passage de Torquemada (1) décrivant le palais de l'empereur du Mexique, on peut lire ceci : « Il y avait dans d'autres chambres, des nains, des bossus (corcohados), des disloqués, des contrefaits qui avaient été disloqués dans leur jeunesse pour le service de la maison royale, parce que dans le palais, on se servait d'eux comme en d'autres temps, les princes infidèles se servaient des eunuques. » Il est difficile de prendre au pied de la lettre cette explication de Torquemada, car on ne peut créer à volonté un bossu. Mais il résulte de l'affirmation de l'évêque espagnol que les bossus avaient des emplois à la cour impériale.

En somme, les figurations de bossus dans la céramique péruvienne, dans la céramique et les Codex mexicains, traduisent des faits sociaux particuliers que l'on ne saurait négliger.

(1) F. Juan de Torquemada. Primera jmrte de los veinte i un libros rituales i Monarchia Indiana, Madrid, 1723, Tome 1. Libre Tercero cap. XXV, p. 298.

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