LES LIVRES D’AMATEURS
es publications faites dans ces dernières années par certains bibliophiles ont développé dans le public le goût des beaux livres. Bien des personnes qui n’avaient jamais vu dans l’impression qu’un procédé purement mécanique pour traduire la pensée commencent à comprendre que la typographie est véritablement un art. On devient sensible à la beauté du papier, à la richesse de l’impression, aux clartés de la marge et de l’interlignage, et l’on reconnaît que les œuvres du plus grand mérite sont encore rehaussées par le luxe de l’édition, qui en fait mieux ressortir toutes les beautés.
En présence de ce retour vers les belles publications, nous avons pensé qu’il pouvait y avoir désormais pour les livres d’amateurs une place marquée dans la librairie. Ayant eu, dans nos rapports avec la plupart des bibliophiles, l’occasion d’étudier les monuments typographiques du XVIe et du XVIIe siècle, nous avons combiné les données anciennes avec les innovations de l’imprimerie moderne, et nous avons entrepris de faire des éditions dignes des amateurs auxquels nous nous adressons.
Nous n’avons, du reste, appliqué ces conditions de luxe dans l’exécution qu’à des œuvres d’une valeur reconnue ou d’un intérêt littéraire incontestable. Nos principales publications se divisent en trois séries : Classiques français, in-8°, qui comprendront les chefs-d’œuvre les plus intéressants de notre littérature; — Romans classiques du XVIIIe siècle, grand in-8°, — et Cabinet du Bibliophile, in-16, recueil de pièces rares ou curieuses et de textes originaux.
Nous avons rencontré partout jusqu’à ce jour l’accueil le plus encourageant. Nos éditions nous ont valu une médaille d’argent à l’Exposition de 1867, et S. Exc. M. le Ministre de l’instruction publique, en souscrivant à notre collection des Classiques français, a donné à nos efforts une consécration que le public amateur se plaît tous les jours à ratifier.