ARTICLE IV
Danger d'un Schisme.
Ce qui peut causer un schisme dans un Pays, c'est lo défaut de respect et de confiance pour les premiers Pasteurs ; le mécontentement, l'opposition de vues et d'intérêts ; les plaintes et les accusations que l’on se permet, et surtout que l’on manifeste dans les écrits publics ; enfin l'impunité de ceux qui osent parler ouvertement ou publier des Ecrits contre les Chefs de la Religion. Joignez à cela le refus de se soumottre à leur volonté et les actes d'une désobéissance formelle, dans ce qui concerne la Religion, ot vous aurez les marques ordinaires, et même quelque commencement de schisme. Or tel est le malheureux état. des choses en ce Pays. Une partie du Clergé du second oi dre, et un certain nombre de laïcs ne font aucun cas du Bref du Pape et du Mandement de notre Evêque. Ils refusent de reconnaître M. de Telmesse pour chef de ce District, quoique nommé par le Pape et l'Evêque. On voudrait l'empêcher de s'établir dans c ette ville, qui est le Chef-lieu de son District. En conséquence, on emploie les reproches, les accusations, dans les Gazettes et les Pamphlets. On agit ouvertement contre la volonté des Supérieurs Ecclésiastiques, etc.
Cependant, le schisme, comme on sait, est un des plus grands malheurs, ou plutôt le souverain malheur dans l’ordre de la Religion et du Salut. La crainte seule d’un schisme devrait faire trembler.
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ARTICLE V Autres effets des contestations, par rapport à notre Maison.
On se donne bien des mouvements pour se soustraire au nouveau Régime. Que gagnera-t-on à cela ? De se défaire d’un Supérieur, pour en avoir un autre: 18% priver de l’honneur et des autres avantages attachés à l'Episcopat ; d’être gouverné par un Prêtre au lieu d’un Evêque. Il y a-t-il plus d’inconvénients à recevoir une dispense ou une ordonnance d’un Evêquo que d’un Prêtre? Et encore ceci suppose que le Supérieur du Séminaire continuera à être Grand Vicaire, ce que nous espérons sans en être assurés.
D'ailleurs, au lieu d’avoir un Evêque ami de la Maison, honorant et favorisant le Séminaire, on aura un Evêque constamment opposé, qui ne nous verra que de mauvais œil, qui observera nos démarches, nous contrariera etc. Est-ce vivre que de vivre ainsi ? À
Si nous nous prévalons de notre opulence, at que nous voulions par là l'emporter sur son Evêque presque destitué de ressources temporelles, il est à craindre que nous nous perdions nous-mêmes.
Ce qu'on aurait dépensé pour l'Etablissement d’un Evêque, aurait mieux valu devant Dieu, que beaucoup d’aumônes que nous pouvons faire à nos Paroissiens ou à d'autres.
Il était avantageux et honorable pour le Séminaire, qu'un de ses membres fût élevé à l’Episcopat, et qu’il continuât de nous être uni comme à ses Confrères et à ses amis. Son affection pour notre maison, n’eût pas été douteuse, puisqu'il lui est encore attaché malgré les froideurs et les rebuts qu’il en a éprouvés ; et cette affection n’eût pas été non plus stérile et sans effet; car nous connaissons la droiture et la bonté de son cœur ; et le poste qu’il occupe le mettait à portée de nous être utile dans l’occasion. Mais ce qui eut encore mieux valu pour nous,
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c'était de favoriser cet Evêque, de l’aider de doter le nouvel Etablissement, Car nous aurions eû part du bien que cet Etablissement aurait produit ; et nous pouvions espérer une protection particulière de Dieu pour notre Séminaire, la conservation de ses priviléges et de ses biens. La conduite contraire pourra aboutir au discrédit et à la ruine.
Les Séminaires doivent être les appuis de la Religion et les boulevards du Diocèse. En qui l’Evêque se confiera-t-il, et à qui aura-t-il recours pour sa défense, si ce n’est pas à eux? Et s'ils se tournent contre lui, et en donnent exemple au Clergé, qu'arrivera-t-il ? Leurs amis entreront dans leurs sentiments : ceux qu'ils ont instruits et élevés, ayant natureilement confiance en eux suivront volontiers leurs exemples ; critiqueront la conduite de l’Evêque, s’opposeront à ses volontés, et iront peut-être jusqu’à lui résister ouvertement, et abandonner son obéissance. Que de malheurs à craindre !
Dans la contestation présente, 8i les Évêques ont le dessous, on l’imputera aux Prêtres français, qui par là deviendront odieux à une partie du clergé et des Laïcs. Si les Evêques ont le dessus, ils n'oublieront. pas ceux qui ont excité la tempête; et les Prêtres Canadiens qui les auront suivis en rejetteront la faute sur eux. De plus, l’'Evêque Diocésain, mécontent des Prêtres français, en fera venir d’autres d'Europe avec peine, et pourra s'opposer à leur venue dans ce pays.
Enfin, le Séminaire est mal vu des Evêques, qui n’ont plus de confiance en lui, et qui sont persuadés qu'ils affaiblissent l’obéissance Canonique dans les Étudiants et dans le Clergé. Les nouvelles maisons d'éducation qui se sont établies en peu de temps, et celles qui pourront se former encore, se fortifieront et seront favorisées à mesure que le Séminaire déchoira ; et il pourra se faire que l'éducation nous soit enlevée.
Pour remonter à celui qui tient tout entre ses mains, souvenons-nous que N. S. a dit que ‘tout Royaume
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divisé sera désolé, et que les maisons seront renversées l’une sur l’autre. ”’ Et qu’on remarque bien qu’il ne dit pas: plusieurs royaumes divisés, mais tout royaume, sans en excepter. Craignons que cette menace ne s'exécute sur nous et notre pays.
Il pourra se faire que, dans quelque temps, nous nous repentions de ce que nous avons dit et fait contre notre Confrère, et que nous soyons forcés de dire : meritothæc patimur, quia peccavimus in fratrem nostrum, dùm deprecaretur nos. et non audivimus : idcirco venit super nos tribulutio.
N. S. disait aux Juifs ; ‘“ La pierre qui a été rejetée ‘“ mar ceux qui bâtissent est devenue la principale pierre « de l'angle..…...celui qui tombera sur cette pierre s'y ‘ brisera.”” Mat. 21,42. Je ne prétends pas faire l’application de ces paroles; mais je pense qu’elles méritent notre aitention, aussi bien que celle-ci : Quiconque s'élève sera abaissé. Luc. 14, 11.
La Providence veille sur tout. Tôt ou tard la vérité et le bon droit se fernnt connaître, et Dieu mettra au grand jour ce que l’on trame avec bien &u secret. (1)
Nous usons de raisons subtiles contre les autres: on nons a déjà rendu la pareille, et on pourra encore le faire à notre détriment. L'homme est puni par où il a péché. Puisque nous nous plaignons des autres en ce point, ne les imitons pas.
Le Séminaire n’est pas assuré de son existence. On lui a contesté ses droits et ses possessions ; et nous avons sujet de craindre pour l’avenir. Pour nous soutenir, nous avons besoin d'une Providence particulière, que nous n’obtiendrons que par l'humilité, la charité et une solido piété. Or ces vertus sont-elles bien compatibles avec l'opposition et la division où l’on vit ? D’ailieurs
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(x) Ces paroles du vénérable Sulpicien étaient prophétiques : La Comédie Infernale ‘ea est la preuve.—(Note Editoriale.)
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pour obtenir cette protection spéciale de Dieu, qui nous est si nécessaire, nous devrions, étant faibles comme nous sommes, secourir les faibles : Beatus qui intelligit super egenumn ct pauperum...……. et non pas profiter de l’état de faiblesse et de dépendance où ils sont.
Enfin, l’union avec eux nous rendrait forts et peutêtre invincibles : Frater qui adjuvatur a Fratre, quasi civitas Jirma. Prov. 18, 19.
Il y a des peines canoniques contre ceux qui arrêtent l'effet des Bulles et Brefs des Papes.