Voyez la page
L'Eglise est gouvernée par Notre $S. Père le Pape et par les Evêques : or, dans les matières contestées, il s'agit certainement du Gouvernement de l'Eglise. Car c'est le Pape lui-même qui, à la demande de notre Evéque, décide que le Diocèse sera divisé en cinq Districts ; et que le District de Montréal on particulier sera gouverné dans le spirituel par Mgr. l’Evêque de Telmesse. Les Prêtres et les simples Fidèles n'ont donc rien autre chose à faire dans tout cela, qu’à obéir au Pape, à l'E. vêque Diotésain, et à l'Evêque Auxiliaire qui nous est envoyé par le St, Siége, et proclamé par notre Evêque.
Si l’on prétend que notre Evêque a manqué à son devoir dans ce qu’il a demandé au Souverain Pontife, ou dans la manière dont il a conduit ces affaires, le
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Clergé et les fidèles ont seulement droit d'en appeler au Pape ; mais en attendant sa décision ils doivent se soumettre et obéir.
5o. Emprunt pour la construction de l'Eglise. Voyez page 51.
Les Marguilliers, sans demander la permission de Mgr. de Québec, comme le Droit le prescrit, et même sans le prévenir, ont obtenu de la Cour du Banc du Roi, la permission pour la Fabrique, de faire un emprunt de vingt mille louis, pour fournir aux frais de la construction de la nouvelle Eglise, somme qui est moindre que la valeur des Bienfonds de la Paroisse de Montréal et hypotéquée sur ces biens. On dit qu'il n’était pas nécessaire de demander à Mgr. sa permission, ni même de le prévenir, parce qu’il est dit dans la Requête présentée à Sa Grandeur, pour obtenir la permission de construire cette Eglise, qu'on ne pourra fournir aux frais de cons-
* truction, par les seules contributions volontaires, mais
qu'il faudra avoir recours à des emprunts ; et que comme Mgr. a accepté cette Requête, il est censé avoir accordé en même temps la permission de faire ces emprunts. Cependant, dans des affaires de ce genre, est-il permis de se contente? d’une autorisation ainsi présumée, sans en obtenir une qui soit expresse, en forme, et qui règle
le mode de l'emprunt, sa quantité, ses conditions? Ne
fallait-il pas aussi que cette autorisation fût mentionnée dans la sentence ou décision des J'uges, pour conserver le droit de l’'Evêque ; et même avant de recourir aux J'uges civiles pour autoriser une Fabrique à emprunter, ce qui n'avait jumais eû lieu dans ce pays, ne convenaitil pas d’avoir l'avis de l’Eyfque, ou au moins de l’en prévenir. Au lieu de penser ainsi, même actuellement, on fait l'éloge des Marguilliers dans ceci comme dans le reste, on relève leur prudence, et leur attention à ne rien faire que d’après la consulte des meilleurs Avocats.
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Et on dit ouvertement, en présence de la communauté, et d'étrangers, et sans en être repris, (au Réfectoire, le 1er Octobre, 1824, au soir) que la permission des J'uges vaut autant et mieux que celle de l’'Evêque. (1)
Go. Bénédiction de la première pierre de l'Eglise Paroisssiale, le 1 Septembre 1824.
Voyez page 51.
Pour cette Bénédiction on n’invita pas Mgr. de Telmesse, qui était sur les lieux, parce que, disait-on, cela ne serait pas agréable aux Marguilliers. On invita Mgr. de Québec, à venir faire cette Bénédiction, on à prier son Coadjuteur de venir la faire. Mais il se trouva que de leur côté les Marguilliers avaient fixé et fait annoncer dans les gazettes, le jour de cette Bénédiction. Comme M. le Supérieur n’en savait rien, n'ayant pas été prévenu, il fut forcé d'écrire à Mgr. de Québec, que s’il n’arrivait pas pour le 1er Septembre, il ne pourrait faire la cérémonie, fixée à ce jour par les Marguilliers.
Le Lieutenant-Gouverneur s'étant trouvé à la Bénédiction, dit qu'il frapperait sur la pierre bénite, mais après tout le Clergé, ce qu'il fit, ainsi que sa suite ; et le Dimanche suivant M. Boussin prêchant, fit marquer à ses auditeurs que cette pierre avait été affermie par Son Excellence le Lieutenant-Gouverneur ; ce qui devait encourager à fournir pour la construction de l'Eglise.
fo. Explication du fait indiqué ci-dessus, page 51, vers la fin.
Environ trois semaines avant la Bénédiction de la première pierre de l'Eglise St. Jacques, à1. L.. me dit que la division qui résnait dans L Clergé, était très-fâcheuse ; qu'il fallait prie. pour obtenir la paix ; que lui-même
(1) Qui a bu, boira ! ! ! Note Editoriale,
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avait fuit chanter plusieurs Messes à Bonsecours, à cette intention. Qu'il serait à désirer que la Fabrique procurût à Mgr. de Telmesse, un logement convenable. avec une cour et un jardin suffisant, au Presbytère de Bonsecours, afin qu’il pût y demeurer pendant que l’on construirait l'Eglise ot la maison Episcopale do St. Jacques ; et que cependant il pourrait venir officier à la Paroisse, de temps en temps, et que cette réunion produirait beaucoup de bien pour la Religion. Il ajouta que sans en être chargé par le Séminaire, il me conseilluit de recommander à mon frère avocat d’en parler à quelques Marguilliers, pour connaître leurs dispositions. Je communiquai tout cela à Mgr. de Telmesse, et j'en écrivis à Mgr. de Québec, qui répondirent que pour le bien de la paix, ils feraient tous les sacrifices compatibles avec leur caractère et leur dignité.
Mon frère fit sans beaucoup de succès les démarches que je lui avais demandées ; mais au bout de quelques semaines, me laissant des délais, j’allai trouver M. Lar Marguillier, qui, après quelques plaintes, me dit que
.le projet de faire cesser les divisions, lui plaisait beau-
coup ; et que quant à Bonsecours, si le Séminaire, trouvait bon qu’on y logeñt Mgr. de Telmesse ; il pensait que les Marguilliers y consentiraient aussi bien que lui. Cette réponse me remplit d'espérance et de joie ; j'en tis part à Mgr. de Telmesse, et je la rapportai ensuite à M. L. qui me blâma beaucoup ; et me dit, entre autres choses,
que puisque la première pierre de l'Eglise de St. Jacques
était bénite, rien ne pressait pour ces affaires. Un autre pour toute réponse, me dit que j'avais mal fait, et que je m'étais mêlé de ce quine me regardait pas. Ainsi se termina cette intrigue ou ce stratagême qui ne tendent qu’à retarder la construction de l'Eglise de St. Jacques, ou à la faire manquer, en amusant les Evêques par des négociations qui n’avaient rien de solide ni de sincère.
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