LE CUIVRE ET LE HUON/.E EX OCCIDENT
r une livre qui
lète de lion ifig. 31 i appuyée sur une rosace ajourée donl le dessin est évidemment inspiré du décor byzantin.
Dans la même région, à l'église de Brioude, est aussi une lèle de lion lenant^dans sa gueule un anneau et prenant appui plaque de porte une inscription gravée.
Des heurtoirs de même forme existent encore en Suisse, dans l'ancienne Bourgogne t ra ns jurane. à Paye rne.
à l;i ealhédrale de Lausanne. Les heurloirs de Lausanne sont des (cuvres d'art extrêmement remarquables ^ fig. 32 .
Les Byzantins avaient fait nu emploi ingénieux du bronze pour des bagues de serrage qui. ])lacées aux extrémités des t'ùts monolithes de colonnes, comme on le voit aux tribunes de Sainte- Sophie de Consiantinople, évitaient les fêlures qu'aurait pu déterminer la transmission des charges.
L'époque de la grande floraison de Lart français au Moyen Age est aussi une époque de progrès pour les méthodes de travail du cuivre el du bronze. e( le perfeclionnemeni des procédés techniques coïncide avec le développement des compositions déco-
Fi^. il. - M;ii U;ii Lausanne, soi
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des Ap.-
Lv. Cl iviu. i:t i.i: hhonzi-:
l'alives ciiipriinlées désoniiais ;i la 11 oie el à la faune françaises. Les procédés varient suivant la deslinalion de chaque objel. Les pièces dont la résislance était nécessaire furent exécutées en ])r()nze fondu. I;indis cpie le cuivre niarlelé et repoussé était préféré pour les crosses épiscopales. les croix processionnelles.
Fig. Si. — Crusse, paléiu-. calice el anneau d'un é\ eque d'Aum Musée Saint-Jean à Annei-s .
les monstrances, les calices, les palènes. c'esl-à-dire pour les objets cpion devait tenir en main et dont la lourdeur eût été un inconvénient.
Dans le Musée Saint-Jean d'Angers ont été recueillis plusieurs^ objets provenant de la sépulture d'un évècpie d'Angers : crosse, calice, patène et anneau (Tig. '4^^ (pii sont vraiment des modèlesde formes simples et de belle exécution.
Le calice ne comporte d"auli-e décor, sur \c fût et le |)ied. (pie des cannelures.
LE cnvHi. i:t i.k hronze f.n occident 4.)
La {Dalène est décorée par un défoneemeiil en forme de qualre lobes et le travail de martelage est complété par la gravure.
La crosse est exécutée au repoussé en deux pièces ou corpiilles. dont un couvre-joint saillant, enrichi de crochets, masque la jonction. La ligure du Christ en gloire, qui occupe la volute de la crosse, est faite au repoussé et la gravure complète le dessin des étoffes; des rinceaux gravés ornent le fut et la jonction du fût avec la crosse est accusée par une Jjague, sur laquelle se développent des ornements d'applique faits au repoussé : des rivures fixent les animaux ajustés sur la crosse.
On sait que pour l'exécution d'une coupe en martelage on part dun disque en métal, qu'on martèle sur le las ou l'enclume, pour développer peu à peu le mêlai ou le rétreindre.
C'est ainsi qu'a été exécutée la coupe du calice d'Angers dont le pied a été fait à part et soudé à la coupe, après avoir reçu la bague à godrons qui l'enveloppe.
L'emboutissage par martelage est celui qui donne les meilleurs résultats parce que le travail du marteau, en ramassant le métal sur lui-même ou en le développant, lui laisse une épaisseur régulière. Dans le procédé d'emboutissage au tour, l'ouvrier, prenant appui sur une tige de fer serrée dans un étau, force la feuille de métal, en la pressant fortement à l'aide d'un brunissoir, à s'appliquer contre un mandrin fixé sur un lour horizontal.
Ce mandrin après un premier dégrossissage est remplacé par un second et celui-ci par un troisième dont les formes s'approchent de plus en plus de la forme définitive à donner à la pièce.
Si, comme cela a lieu pour un vase à col étroit, le mandrin ne peut sortir de la pièce emboutie, on emploie le mandrin démontable à clef centrale, formé de secteurs assemblés, maintenus solidaires pendant l'emboutissage, et qu'on dégage, après sortie de la clef, lorscpie l'emboutissage est terminé.
46 m: ccivitK i:t i.i: HitoN/i;
(](.' pi'oc'c'dc nK''i';uii(jiU'. <[iii ;i I'jin .iiilai^t' de rrcoiioinic. ;i I iiifonvônieiil daU'aiblir \c luélal, élire dans un seni sens, landis (jue le martelage (juon prali(jnail exehisivemenl en Oiienl dé\el()|)[)e le niélal en lous sens.
On rem|)loie d'ailleui's pour les pièees à exéculer sur modèle (|ui ne doivent pas èlre répétées ; car Texéculion par end)oulissage au lonr nesl économupie (|u';i eondilion d utiliser les mandrins pour plusieurs pièces de juème l'orme.
Les crosses anciennes (pii sont conservées au Musée du Lou\i'e. au Musée de (^luny. an Musée d'Angers lig. oi . à la cathédrale de Poitiers, etc., et qui, presque toutes, datent du Mil"' siècle, se rapportent à un même type et sont exécutées j)ai' les mêmes moyens : mais la polycliroiuie inlervieid dans le décor.
Le goût du décor polychrome, développé sans tloule duiant les croisades, avait gagné les artistes occidentaux et en particulier les orfèvres qui travaillaient pour les églises : on ne se contentait plus de la gravure pour orner les pièces d'orlevrerie religieuse : les t)rnements, tracés en creux, étaient garnis d "un émail pulvérulent (pie le passage au l'en li(piéHail et iixail dans les cavités du métal.
(^e sont les émaux <( champlevés », désignés ainsi pour les distinguer des émaux cloisonnés orientaux dans lesquels TonuMneut <pii reçoit Témail est constitué par une mince cloison de cui\ le soudée sur le fond et dont lexécution est fort délicate.
Dans les émaux chamj)levés dits <( Limousins », hu'U ipie les ateliers n'aient pas été tous à Limoges, c'est le dél'oncement réalisé par la gravure (pii forme cloison entre les champs conservés. Ainsi les couleurs vives de l'émail, limitées à un petit nombre de tons, enrichissaient les ouvrages d'orfèvri-ru' de cuivre, s'harmonisanl avec l'or : cai' pres(jiie toujours ces on\ rages étaient dorés.
Dès le XI- siècle, on exécutait à Limoges des Iriplycpies. des croix, des couvertures dévangéliaires lig. 35).
LK CUIVHK KT M. l?Ii()N/.F. ES OCCIDKNT 4/
Les figures sonl exéculées au repoussé : le cuivre est relevé pour former les ahéoles recevant (\t^^ gemmes, suivant la méthode byzantine.
Dès le XII*" siècle, des ouvrages considérables étaient exécutés
Fig. 3». — Crosses en cuivre repoussé et éuiaillé.du xiir siècle Musée d'Auj;ers .
en taille d'épargne. Parmi les plus précieux est un triptyque découvert, il va une quinzaine d'années, dans le voisinage d Angoulême, et aussi remarquable par la perfection du travail que par le bel état de conservation du cuivre doré et des émaux.
Ni le Louvre ni le Musée de Clnny ne possédaient de pièces d'égale valeur et il est regrettable qu'elle n'ait pu èlie acquise pour l'un des deux Musées.