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LE CUIVRE ET LE BRONZE EN ORIENT AU MOYEN AGE

Gravure, incrustation et damasquinage des métaux précieux en Orient. Emaux champlevés en Occident.

Le martelage du cuivre a élé j)rali(|ué conslammeiil en Oi'ienl et parlieulièrenient pour la réalisation fFouvraiies tels que les vases laits d'une seule pièce sans soudures. Le cuivre, réduit en feuilles par le battat^e, est découpé en l'orme de disque dont le diamètre esl plus ou moins grand suivant Timportance de la pièce à créer : on marlèle la feuille de métal de la main droite en la frappant à petits coups, tandis que de la main gauche on lui donne un mouvement de rotation régulier autour du centre en Tappuyant sur de petites enclumes ou « tas » de formes variées, mais toujours arrondies et polies, qu on garnil même de feutre pour ne pas laisser trace des coups de marteau.

Le métal rélreint se plisse et la frappe régulière fait disparaître ces plissements en ramassant le métal sur lui-même et en augmentant son épaisseur. On dispose ainsi de la matière nécessaire pour développer le cuivre lorscpie la forme s'élargit, l'récpiemment pendant le travail, le métal qui s'écrouil sous le marteau et risquerait de devenir cassant, doit être recuit.

Les ouvrages persans ou arabes sont de précieux types de ce procédé d'orfèvrerie applicable aussi bien à une feuille d'argent qu'à une feuille de cuivre.

LE CUIVRE ET LE lîROîVZE EN ORIENT Oi)

Larlisan qui Iravaille la feuille de mêlai au luarleau crée ainsi complèLemeuL la forme, forme de coupe, de vase ou d'aiguière prise toul entière dans la même feuille, et la décoration s'achève de deux façons, soil par la ciselure au repoussé d'ornements saillants, suivant le procédé préféré en Occident, soil par la gravure, accompagnée souvent en Orient de linserlion dans le cuivre de métaux précieux.

S'il s'auil d'un vase à col étroit donl l'intérieur soil ditlicilement accessible, après report sur la surface de rornement donl les contours sont arrélés au Iraçoir, le métal est repoussé dans la limite de ce conk)ui' à l'aide de l'outil dit recingle cpii. serré par une extrémité dans un élau. est introduit à l'intérieur du vase et repousse le métal à l'extérieur, par contre-coup. La ciselure s'achève, par des outils appropriés, sur le métal ainsi développé et consolidé au ciment.

(]c travail de ciselure au repoussé a été surtout usité en Occident ; il permettait de réaliser, sur un seul métal, des elFets décoratifs dus aux saillies déterminant des jeux d'ombre et de lumière.

Nos orfèvres piati(puuenl ce travail de ciselure avec une prodigieuse habileté, ainsi (pi'en témoignent les pièces d'orfèvrerie religieuse telles que les ciboires et les calices.

Dans l'art persan et dans l'art arabe, la forme, une fois donnée, n'est généralement pas modifiée par des reliefs.

Le décor est un décor de surface et de couleur que dessinent des méandres curvilignes et reclilignes disposés par zones suivant la méthode orientale.

Va\ Perse, des médaillons garnis de figures forment des motifs au milieu des méandres.

Parfois aussi des inscriptions en beaux caractères Dédicaces ou versets du Coran i s'enchevêtrent dans les croisements des entrelacs dont les intervalles sont garnis de fieuretles ou de feuilles.

56 L1-: cuivHi: ft li: hkon/.I'

Les fonds sonl remplis d'éinaii noir, el dans ce travail de L;ravure au champlevé des lamelles d'argent el d'or enrichissent les champs, sapplirpiant aux figures, aux animaux el aux rinceaux, de telle sorte que le cuivre nesl plus en (pielque sorle (ju'un support dans lequel s'incrusle une très somptueuse décoration.

Ces procédés, à l'époque où s'établirent des rela lions sui\ies après les croisades entre l'Orient et TOccident pénétrèrent peu à j)eu en Italie, en Espagne et en France, et les ornements désignés sous le nom d'arabesques, qu'on gravait sur les armes et les coffrets, sont évidemment inspirés des ornements contemporains des ouvrages orientaux.

Un livre d'arabesques publié en France, en 1530. par Pelegrin, nous a conservé ces précieuses interprétations dornemenls floraux combinés suivant la tradition orientale.

D'ailleurs, dans Fart arabe et surtout (huis lart maurescpie, la décoration linéaire se combinait parfois avec le reperçage des plaques de métal, loisque par exemple le cuivre ou le bronze servaient au revètemenl d'une porte, comme on le voit à l'entrée du grand porche de la moscjuée de Sidi-Bou-Médine îHg.3U qui a conservé une parlie (\c sa décoration de métal ajouré : elle est d autanl |)lus curieuse à étudier (pi'elle fail défaul sur une pai'lie de la porte et (pi'on |)eul ainsi se rendre compte du système d'assemblage el de clonage des éléments rectilignes (pu formaient les cadres el des pelils panneaux ajourés (pii les remplissaient.

Le marteau (U' la j)()rte décoré aussi pai' ajonrage élail en l)ron/.e.

La |)()rle daterait du xiv" siècle I8:]<S-13:]<.I .

Si l'on étudie les ouvrages j)ersans contemporains, notamment une coupe plate de la collection Paul (iarnier. cou[)e martelée d'une très belle forme (fig. iO dont les ornements, fleurs d'œillels, inscriptions el animaux, sonl rehaussés d'incrustations

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