APPLICATIONS DU MÉTAL AL.V APPAREILS D ECLAIRAGE
lieu de deux: le troisième fil. dit <« compensateur «, ayanl pour but de régulariser dans le circuit l'équilibre entre les groupes de lampes et surtout de réaliser une économie considérable du cuivre des câbles, en diminuant leur section.
Fif;-. 120. — Suspension à la cardan pour léclairajie de secours à bord du yacht Hélène. Composition de L. Magne. Exécution de Soleau.
On a même fait des distributions sur cinq fils au lieu de trois.
Avec cinq fils, l'économie de cuivre est considérable, mais l'équilibre des débits est plus difficile et l'isolement doit être meilleur ; aussi la distribution à trois fils est-elle aujourd'hui la plus répandue.
Elle exige aussi de bons isolements, qu'on obtient sûrement en
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laissant les lils apparents snr des isolalenrs en poivelaine. La sécurité est assurée encore davanlage en inultij)lianl les plombs fusibles ou coupe-circuits et en rendant indépendants les groupes de lampes ci même les lampes lorsque cela est possible.
Pour alimenter un groupe de lampes foncùonuanl ensemble, il faut deux câbles. On devra donc réserver dans les appareils des canaux suftisamment larges pour que les câbles n'y soient pas comprimés et, pour préserver la matière isolante d'érallures pouvant occasionner des accidents, il faudra éviter dans ces canaux les arêtes vives, c'est-à-dire les angles, et s'assurer (|ue les deux câbles peuvent y être introduits aisément sans qu'il soit nécessaire de les tirer avec un crocbel.
Il peut être nécessaire aussi, dans les appareils de grande dimension, de prévoir plusieurs allumages; chaque lampe nécessitant deux fils, on peut économiser l'un d'eux en amenant à une chambre centrale ou nourrice, dans 1 appareil, deux lils en dérivation dont l'un peut être considéré comme « commun » et sur lequel sera relié par épissure un seul fil pour chaque lampe utilisant le fd commun pour fermer le circuit. Ainsi un groupe de dix lampes et de deux allumages ne nécessiterait que le passage de onze fds au lieu de vingt. Les lampes ont leur commun comme aussi les interrupteurs.
Cdiaque lampe ou chaque groupe de lampes doit être muni d'un interrupteur établissant la connexion au moyen d'épissures et de l)ornes entre les câbles de dérivation et la canalisation de disti'ibutiou. Il faut en outre protéger chaque lampe ou chacpie groupe par un coupe-circuit comportant une pièce qui fond lorsque l'intensité du courant passant dans le câble est supérieure à celle (jui doit y passer normalement. Cette augmentation d'intensité se produit soit si l'on modifie l'intensité des lampes, soit si un contact s'établit entre les parties destinées à conduire le courant et les corps voisins, en j)arliculier la <■ masse » des appareils d'éclairage.
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Ou Ire lëquipemenl des lampes, il est nécessaire de prévoir la suspension des appareils de luslrerie et d'isoler celle suspension, ce qu'on réalise à Taide d'un cylindre débonile ou de toute autre matière isolante enveloppant la tige horizontale de suspension de l'appareil, et le séparant du crochet vertical qui prend appui sur le cylindre de matière isolante, complété aux extrémités par deux cônes, afin d'obtenir un isolement complet. Dans les aj)pareils les plus récents (lustres du ch(eur de la Basilique de Montmartre), les treuils de suspension sont indépendants des enrouleurs des câbles qui, comme les treuils, sont revêtus d'une enveloppe décorative de cuivre ajouré et repoussé.
On comprend aisément que le diamètre du conducteur en cuivre est déterminé par l'intensité du courant, cest-à-diie |)ar le nombre de lampes qu'il doit alimenter. Si en effel on augmente au delà de certaines limites rinlensité du courant passant dans le til. il séchautle d'une façon sensible, si bien que le caoutchouc qui l'isole peut se calciner et même communiquer le feu. Ainsi se justifient les règles indiquées par la pi'atique, pour la fixation des diamètres ou sections des lils e( câbles alimentant des lampes à incandescence qui absorbent une puissance variable suivant leur type et leur intensité lumineuse.
A l'heure actuelle, le courant électrique est produit dans des usines centrales et distribué dans les villes au moyen de canalisations publiques sur lesquelles se branchent les canalisalions particulières. Suivant les conditions locales, on adopte tel ou tel système de distribution. Le plus usité est celui qui donne pour l'éclairage une force éleclromolrice ou tension de 110 volts; cependant, même à Paris, dans quatre zones on emploie quatre systèmes fournissant :
1*J le courant continu à trois fils ;
2" le courant continu à cinq fils ;
3" le courant alternatif monophasé ;
4" le courant alternatif diphasé.
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Le système qui exi^e les plus grandes précautions est celui à cin(| fils; il serait prudent de prévoir, dans la construction, le branchement des appareils de lustrerie sur cette disposition.
Dès l'entrée dans rinimeuble, le couranl est conduit aux appal'cils d'utilisation par des canalisations particulières constituées, comme les principales, au moyen de conducteurs en cuivre recouverts (Tenveloppes isolantes, c'est-à-dire composées de matières non conductrices de l'électricité: c'est le caoutchouc qui est utilisé pour les installations et équipements des appareils de lustrerie ; il doit être recouvert d'une gaine protectrice qui le préserve des chocs et ératlures. Ainsi, quel que soit le diamètre d'un conducteur en cuivre nécessaire à l'alimentation d'une lampe, le diamètre extérieur du câble sera toujours appréciable.
D'après ces indications, on peut se rendre compte des nécessités de construction et d'isolement qui interviennent dans l'établissement des appareils de lustrerie et par conséquent dans les applications du bronze aux appareils d'éclairage.
C]es applications peuvent être d'ailleurs extrêmement variées, suivant qu'on adopte l'éclairage direct ou l'éclairage par réflexion.
A l'exposition de 1900, une cheminée de bronze et d'onyx du sculpteur Larche, exécutée pour la maison Siot-Decauville. était éclairée de telle sorte que les lampes disséminées et invisibles projetassent leur lumière sur les nus des figures de bronze doré, tandis que l'onyx s'éclairait par transparence.
Dans certains apj)areils où la lumière serait trop rap[)rochée de la vue, comme des appareils de salle à manger, on a eu l'idée de distribuer les lampes sous des réflecteurs métalliques, en partie ajourés pour la monture d'enveloppes lumineuses en verre opalisé comptant dans la décoration.
Dans certains cas, lorsqu'il s'agit d'aj)pareils mobiles (suspension de salle à manger ou de cabinet de travail . les fils isolés par la gulta et entourés d'un cordelet de soie peuvent demeurer apparents. Le fil souple est dans ce cas indéj)endant de la chaî-
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nelte mélallique qui. roulant dans les gorges d'une poulie, suit lappareil équilibré par un contrepoids dans son mouvement <ral)aissement ou de relèvement.
Enfin il peut être nécessaire, pour un éclairage de gala, d'augmenter la lumière d'une salle sans toucher à sa décoration fixe. M. Soleau y est parvenu par une application des lampes « en tension ».
On comprend que le filament d'une lampe à incandescence puisse êlre sectionné en autant de parties qu'on veut établir de petites ampoules ou perles capables de former des guirlandes ou •des girandoles. Ces perles sont rattachées entre elles par des anneaux brisés permettant d'isoler et au besoin de remplacer l'une d'elles. Chaque extrémité de la guirlande étant un pôle, le courant éclaire toutes les lampes à la fois.
^'oilà les programmes dont les solutions actuelles ne sont pas parfaites et qui par cela même devraient tenter les artistes. Les thèmes décoratifs leur appartiennent. A eux d'en user suivant la source de lumière adoptée.
S'il était besoin de justifier par un exemple la nécessité de liniliative pour la création artistique, l'application de l'art aux appareils d'éclairage électrique nous le fournirait. En ce cas, en effet, la tradition ne peut être d'aucun secours, et ne pourrait qu'égarer l'artiste et l'artisan en leur suggérant l'imitation de formes qui, faites pour un système d'éclairage, ne peuvent convenir à un antre.
Nous commettrions une lourde faute en persistant à reproduire sans raison les types charmants des siècles passés : d'autres, profitant des enseignements donnés, pourraient exercer leur initiative au dépens de la nôtre, et ce serait un grave ■échec pour l'industrie française.