‹ Découverte de l'Amérique par les Normands au Xe siècleChapitre 19 sur 38 · ARI MARSON · texte numérisé non relu

ARI MARSON

Ari jeté sur les côtes de l'Hvitramannaland. de tribu.

Devient chef

N 983, l'année même qui vit Erik le Rouge prendre terre en Groenland, Ari Marson fut jeté sur les côtes de l'Amérique.

Marson était de Reykjanes. Son nom figure dans la Christni Saga (cap. i, p. 6) parmi ceux des premiers colons islandais.

On ignora longtemps ce qu'il était devenu. II avait trouvé un refuge en Hvitramannaland (Terre des hommes blancs), aussi appelée Irland-it- M ikla (Grande- Irlande).

Cette contrée s'étendait, selon Rafn, de la baie de Chesapeak au canal de la Floride.

Elle était, il semble, occupée déjà par une colonie chrétienne, car le chroniqueur prétend qu'Ari s'y fit baptiser. Cela s'accorde avec ce que dirent les jeunes Skrellings pris par Karlsefn, d'hommes vêtus de blanc parlant très-fort et portant des morceaux d'étoffe fixés à des perches.

Thorfinn Sigurdson, jarl des Orcades, né en 1008 et mort en 1064, dit avoir vu Marson dans le pays des hommes blancs. Les habitants, paraît-il, le traitaient avec honneur et l'avaient choisi pour chef, mais ils ne lui permettaient pas de s'absenter du pays.

D'après une saga citée par Rafn, des irlandais et des islandais le virent également « car on naviguait jadis entre l'Ir- « lande, l'Islande et le pays des hommes blancs ».

Une tribu de Shawannos (probablement Chaouanons), originairede la Floride, établie dans l'état del'Ohio, raconte, d'après une tradition, que sa patrie fut habitée par des hommes vêtus de blanc qui se servaient d'instruments en fer '.

11 résulte de ces divers récits que les hommes de l'Hvitramannaland étaient chrétiens. D'où venaient-ils? C'est ce que l'état de la science ne permet pas d'affirmer quant à présent, mais il se pourrait qu'ils fussent ces chrétiens que les annales islandaises appellent « Hommes de l'ouest venus par mer ».

' Islands Landnamabok, pars 11, cap. xxii, pp. 1 32- 134. — Th. Torf^us, Historia Vinlandiœ Antiques, pp. 69, 70. — Rafn, Antiquitates Americanœ^ pp. 210-214. — Découyertede l Amérique au 10" siècle^ pp. 26, 27. — M. E. Beauvois, op. cit., pp. 32-54.

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