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tôt un bruit confus de voix les réveille et semble dire: « Debout Thorvald! Debout Normands, si vous voulez con- « server la vie! Coupez les câbles, éloignez-vous prompte- « ment de terre! » Ils voient alors un nombre infini de canots qui viennent demander vengeance des assassinats du matin. Thorvald prend à la hâte quelques dispositions défensives. Les Skrellings ou Esquimaux ! arrivent à portée du trait, lancent une nuée de flèches et s’enfuient. Thorvald demande à ses compagnons s’ils sont blessés. Tous répondent négativement. « Moi, je le suis, » dit-il; « la flèche que voilà m'est entrée sou: l’aisselle après avoir « rebondi sur mon bouglier. J'en mourrai. Je vous conseille « de vous préparer à partir promptement et de me laisser « sur ce promontoire où je voulais bâtir ma demeure. J'ai « prophétisé mon sort, car je demeurerai là quelque temps. Vous m’inhumerez en cet endroit et vous placerez deux croix sur ma tombe, l’une à la tête et l’autre aux pieds, pour qu'à l'avenir ce promontoire soit appelé Krossanes
! Les Esquimaux parcouraient alors, ce semble, toute la côte. Une révolution s'accomplit dans les siècles suivants. En 1524, Giovanni Verazzano trouva dans ces contrées des populations nombreuses, mais sans aucun des traits qui distinguent la race esquimauïque, Celle-ci, pour conserver l'indépendance et la vie, avait dû se réfugier dans la région des glaces. (Al Christianissimo Re di Francia Francesco primo, Relatione di Giovanni da Verrazzano Fiorentino della terra per lui scoperta in nome di sua Maestà, scritta in Dieppa, adi 8 Luglio, M.D.xximi. — ap. Ramusi0, t. 11, 1606, ff. 350-352).
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« (promontoire des Croix). A cette époque, ajoute le chro- « niqueur, le Groenland était chrétien ! ».
Dans l’île de Raïnsford, près de Hull et du cap Alderton, dans le golfe de Boston, on a découvert, à la fin du xvine siècle, un tombeau en maçonnerie qui contenait un squelette et une poignée d'épée en fer.
M. Smith a reconnu que ce squeiette ne pouvait être celui d’un indien, ni celui d’un européen postérieur à la dernière découverte de l'Amérique; que cette épée n'était pas de facture européenne postérieure au xv° siècle. Il en conclut que le tombeau découvert était celui d’un ancien scandinave ?,
Ce squelette serait-il celui du fils d’Erik le Rouge venant affirmer, après huit cents ans de sommeil, le passage de sa race dans ces lointaines contrées ?
Quand les Normands eurent exécuté les dernières volontés de leur chef, ils retournèrent à Leifsbudir, chargèrent le vaisseau des produits du pays et reprirent, en 1005, la route du Groenland.
1 RAFN, Antiquitates Americanæ, pp. 40-47, 426, 430, 431.— SNORRE STURLESONS, Op. cit., Cap. cv. pp. 312-314. — TH. Torræus, Historia Vinlandiæ Antiquæ, pp. 10-14.
2 Mémoires de la Société royale des Antiquaires du Nord, 1840-1843, p. 11.
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