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Une épidémie se déclara peu après dans la colonie. Plusieurs des hommes de Thorstein succombèrent; il les fit mettre dansdes cercueilsqu’il rangeadans son navire. « L'été prochain, » disait-il, « je les porterai en Eriksfjord ».
L'épidémie envahit la maison de Svart, emporta Grimhilda, sa femme, puis, quelques jours après, Thorstein Erikson. « Gudrida supporta cette perte avec douleur ». Elle était sur un siége, près du banc où gisait Thorstein. Svart vint, la prit sur ses genoux, s’assit sur un autre banc en face du mort, la consola de son mieux, lui promit de porter avec elle, en Eriksfjord, les cendres de son époux et celles de ses compagnons. « Je prendrai, » lui dit-il, « quelquesserviteurs « pour te consoler ».
C'était alors le beau temps des miracles et des prodiges. A tout instant, pour le plaisir ou l'édification des hommes, Dieu révoquait ses décisions, suspendait les effets de ses éternelles lois.
Thorstein, d’après la chronique, fut le héros d’un de ces prodiges.
IL s’arracha quelques instantsaux ténèbres de la mort pour révéler le sort brillant que l’avenir réservait à sa chère Gudrida.
Svart tint la promesse qu'il avait faite de reconduire la jeune veuve. Au printemps de l'an 1006, il vendit ses biens et ses troupeaux, fréta le navire et partit.
Thorstein et ses compagnons furent inhumés par ses soins près de l’église de l’Eriksfjord, sans doute dans le cimetière