‹ Découverte de phosphate de chaux dans les Montagnes Rocheuses [microforme]Chapitre 5 sur 20 · I L.—L'IMPORTANCE DES ENGRAIS PHOSPHATÉS · texte numérisé non relu

I L.—L'IMPORTANCE DES ENGRAIS PHOSPHATÉS

Une plante en Croissance consomme un certain noibre d'éléments chimiques nécessaires à son parfait développement. Parmi ces substances, trois sont principalement indispensables : l'azote, la Potasse et 1° phosphore. Les plantes que l'on cultive enlèvent au sol une telle quantité de ces trois

À ne prendre que le blé comme simple index de rendement, on peut Constater, par l'extrait suivant d’un bulletin récent, * publié par le département de l'Agriculture des États-Unis, le résultat de la culture continue de cette céréale en ce Paÿs, sans rendre au sol une quantité adéquate des éléments constituants que cette plante lui a enlevés:

l’Indiana, l'Illinois et l'Iowa ont eu à leur tour le même sort que l’état de New York. Au début, le sol de ces états était fertile: il à fallu 40, 50 ou 60

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années de culture de la même plante pour en réduire sensiblement la production."” :

On trouve actuellement, dans les états de l'est, plusieurs régions où les fermes ont été abandonnées et dont les bâtiments tombent en ruine.

Le rendement moyen du blé, dans l'état de New York, jusqu'en 1898, était de 21.2 boisseaux par acre; en 1907, il avait baissé à 17.3 boisseaux. Dans le même court espace de temps, le rendement moyen dans l’Indiana tombait de 15.6 à 14.4 boisseaux; au Minnesota, de 15.8 à 13 boisseaux:; au Dakota du Nord, de 14.4 à 10 boisseaux; dans l'Oklahoma, de 14.9 à 9 boisseaux.

L'azote, que la plante qui croit enlève au sol, peut lui être rendu en y enfouissant du trèfle par le labourage; cette plante fourragère a la propriété de fixer l'azote de l'air et de l'introduire dans la terre, sous forme de certains composés d'azote. On peut aussi l'introduire directement dans le sol sous forme de sulfate d'ammonium, que l'on pr’ lit maintenant en grande quantité comme sous-produit de la conversio:. .: charbon de terre en coke, ou sous forme de composés d'azote extrait de l'air au moyen d'un procédé électrique.

La potasse, d’une égale importance, se trouve dans le sol en quantités relativement plus grandes, bien que dans la culture intensive, par laquelle on obtient de forts rendements du sol, cette substance soit restituée au sol par l'intermédiaire de quelque sorte d'engrais.

Le phosphore, sous forme de quelque phosphate, est également tout à fait utile, et si l'on ne prend des moyens quelconques pour rendre au sol la quantité de cette substance que les récoltes y puisent, la terre s’appauvrit graduellement et finit par ne plus produire un rendement profitable.

Le Dr C. G. Hopkins, dans son livre intitulé: Soil Fertility and Permanent Agriculture, page 183, déclare que:

“Le phosphore est le seul élément qu'il faudra acheter et rendre à la plupart des sols des États-Unis. Le phosphore est la clef de la permanence de l'agriculture sur ces terres. Le maintien ou l'augmentation de la quantité de phosphore dans la terre rendent possible la culture du trèfle (ou d’autres plantes légurnineuses) et conséquemment l'addition d'azote de l'air, dont la source est inépuisable. Par l'addition des matières organiques en décomposition, que renferment les résidus du trèfle et d’autres produits, ainsi que les fumiers composés en grande partie de foin de trèfle et de pâturage, les grandes récoltes de maïs et d'autres grains que le trèfle aide à produire, il est possible de libérer, de l'immense provision contenue dans le sol, une somme suffisante de potassium, de magnésium et d’autres éléments essentiels abondants, auxquels s’ajouteront les quantités provenant du fumier et des résidus des récoltes, pour la production d'abondantes récoltes pendant des milliers d'années. Si, au contraire, le phosphore contenu dans le sol est diminué continuellement à l'avenir, par la continuation des méthodes

d'agriculture suivies dans le passé et de nos jours, les agriculteurs qui cul. tivent la plupart des terres agricoles aux États-Unis ne récolteront bi ntôt que la pauvreté,

“Et ce futur n'est pas très ou mp car les terres en culture sont déjà, pour la plupart, et même plusieurs de celles de la zone de cuiture du maïs, sur leur déclin. Les sols, qui produisent depuis soixante ans, ont jeté leur

ment, pendant une autre période de soixante années d une telle méthode

En 1914, la production du blé au Canada a donné un total de 158,- 223,000 boisseaux, soit une moyenne d'environ 15.37 boisseaux par acre. Si l'on admet que le sol a produit deux livres de paille par chaque livre de grain, et si l'on fait une analyse moyenne de la Paille et du blé, on

ARE ee Er Do 300,000,000 de livres.

Acide phosphorique. ................ 95,000,000 ‘ :: ne SN IT TRIER 137,000,000 ‘

Il est vrai que les sols vierges des provinces de l'ouest du Canada, et surtout les sols riches et très profonds du Manitoba, continuent depuis des années—et en certains cas depuis de nombreuses années— à produire de fortes récoltes de céréales seulement; mais une telle culture les épuise graduellement, et puisque la quantité d'aliments que demande la plante diminue peu à peu, les rendements des récoltes manifesteront cet épuisement. On ne saurait déjà douter de cette baisse: les recherches faites récemment par la Commission de la Conservation* en sont une preuve irréfutable.

Pour entretenir la fertilité du sol, il faut lui rendre ces précieux éléments constituants qui lui ont été enlevés, parmi lesquels, comme on l'a déjà dit, le plus important est l'acide phosphorique.

En 1913, il y avait 16,726,400 acres en culture dans les provinces des Prairies, et l'épuisement Par acre annuellement peut être équivalent à

lité supérieure. 11 faudrait donc, suivant ce calcul, rendre au sol, chaque année, 501,800 tonnes de phosphate minéral de qualité supérieure, pour contrebalancer l'épuisement de la terre déjà en culture au Manitoba, dans la Saskatchewan et l'Alberta.

*Voir le cinquième rapport de la Commission de la Conservation, page 179.

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