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Découverte des restes de trois missionnaires de la Compagnie de Jésus [microforme]

I n’y a pas que la France qui, sous un prétexte fallacieux, ait porté des décrets attentatoires à la liberté religieuse. L’Angleterre, voilà plus d’un siècle, crut de bonne politique de soustraire les biens d’une communauté, dont les membres avaient le malheur de s’appeler Jésuites. La nation victorieuse condamnait par le fait même ces héroïques défenseurs de la foi à disparaître de cette terre canadienne qu’ils avaient arrosée de tant de sueurs et fécondée du sang de leurs martyrs. Pourchassés par les puissances européennes, dépouillés de leurs biens, réduits aux seules ressources de la grâce, les disciples de Loyola n’en restèrent pas moinsles forts rameurs de la barque de Pierre, comme les appelait naguère un saint pontife. Ils avaient abordé à presque tous les rivages du monde connu, réalisant ainsi l’une

des plus mystérieuses paraboles de PEvangile.

iv INTRODUCTION

Depuis quinze cents ans, l'Eglise avait ouvert le banquet des noces sacrées ; elle y avait convié par ses enseignements et ses bienfaits les nations du vieux monde; et plusieurs refusaient encore de prendre place au festin de la communion universelle ; plusieurs se retiraient, convives ingrats, la haine dans le cœur, le murmure sur les lèvres. T’Orient avait apostasié pour la troisième fois, le lendemain du concile de Florence, et le Nord allait s’ébranler à la voix de Luther. Alors l'Eglise envoya ses serviteurs par les chemins de l'Océan, pour chercher les pauvres peuples errants sur ses plages. Colomb parut, et l'Amérique fut découverte. Les puissances qui les premières recucillirent le fruit de ses travaux, semblaient en prendre possession au nom du catholicisme. L'Espagne, maîtresse de l’isthme qui lie les deux parties du continent, et de la chaîne d'îles jetées entre elles, étendait ses conquêtes, au sud jusqu’au Chili, au septentrion jusqu'aux extrémités de la Californie. Elle rencontrait d’un côté les colonies du Portugal au Brésil, et de l’autre les établissements de la Louisiane et le Canada. Sans doute la domination espagnole ne fut pas sans reproche ; mais, en accomplissant son œuvre d’assimilation, elle ne renia point sa foi, et l’Eglise

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