LA DÉMOLITION
Je me souviens très bien que l'édifice, —qui, pendant près d’une année, avait servi de refuge à un grand nombre de familles privées de logement par suite de l’immense conflagration du quartier Montcalm (1876)-était devenu dangereux par le fait que les lambourdes et les planchers avaient servi de combustible aux occupants durant l’hiver précédent. Le dernier plancher enlevé, au deuxième étage, avait causé une chute dans laquelle un homme avait perdu la vie. L'édifice, en ruine à l’intérieur, abritait, disait-on, un foyer de pestilence matérielle et morale, et l'ingénieur du département des Travaux Publics avait soumis un rapport dans lequel il recommandait au gouvernement de le faire raser.
Malgré cela, administration dont vous étiez le chef, et dont j'avais l’honneur de faire partie, ne voulut prendre aucune initiative sans avoir consulté lOrdinaire du diocèse, aujourd’hui Son Eminence le Cardinal Taschereau. Celui-ci voulut en référer à Son Excellence Monseigneur Conroy, délégué apostolique au Canada, et je suis sous l’impression que c’est avec le consentement de l’Archevêque de Québec et du Délégué apostolique que la démolition fut ordonnée.
Si vous avez, dans votre correspondance personnelle ou semi-officielle de Premier-Ministre, la pièce à laquelle je fais allusion, ne croyez-vous pas qu’elle