‹ Découverte et évolution cartographique de Terre Neuve et des pays circonvoisins 1497-1501-1769;Chapitre 185 sur 258 · I. S. Iohn · texte numérisé non relu

I. S. Iohn

Dans la mappemonde, sur la partie correspondante à notre Labrador et ici dénommée Estotiland , on relève la légende : « This land was discouered by John et Sébastian Cabote for Kinge Henry ye 7, 1/197. = Cette terre a été découverte par Jean et Sébastien Cabote pour le roi Henry VII, 1 4f)7 • »

Mais ce qui donne une importance capitale à cette mappemonde, au moins pour la région canadienne, c’est le fait exposé dans notre chapitre VII (2e Partie) que le tracé, plus ou moins hypothétique, des lacs, provient de la carte même de Jacques Cartier, aujourd’hui perdue, et que Hakluyt a certainement consultée dans la copie faite par Jacques Noël, neveu du navigateur malouin.

Malgré les progrès accomplis par l’Angleterre dans l’exploitation des pêcheries transatlantiques, ses tentatives de colonisation et le nombre toujours croissant des navires qu’y conduisaient ses marins 2, il 11e paraît pas que

1 Une lettre fort intéressante est celle que Hakluyt adressa en i5go, à Ortelius, et où il lui suggère l'idée de construire une mappemonde de douze pieds de largeur sur trois de hauteur, en ayant bien soin de ne pas omettre, et à sa véritable place, attendu qu’on a l’espoir de le découvrir un jour, le détroit des Trois Frères : « Ne-

que vil o modo omiltendum est fretum trium fra-

trurn suo in loco ob oculos proponere ». Abraham Ortellii Epistvlæ, p. 4 1 5 . Quel est ce détroit ?

2 Sir Josiah Child, dans la préface de son New Discourse on Trade (2e édit., 1694), dit que « in the year i6o5 the English employed 25o sails of ships great and small in lishing upon the coast of Newfoundland ». Ce chiffre, pour une époque aussi reculée, demanderait à être vérifié.

les Anglais aient dressé de cartes concernant Terre-Neuve dans le premier quart du xviT siècle. Les plus anciennes de ce genre que nous connaissions sont la carte de Henry Briggs ; et celle qui fut insérée par Samuel Purchas dans la troisième partie de ses Pilgrimes , publiée à Londres en 1625, mais qui peut être de plusieurs années antérieures à cette date :

Henry Briggs. i625.

La péninsule d’Avalon n’accuse aucun progrès, mais l'ensemble de l’ile présente un aspect relativement plus satisfaisant. Par contre, la nomenclature est singulièrement fautive comme orthographe :

Page 1