‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 158 sur 504 · MARS 1609. CANOT FAIT D'UN TRONC D'ARBRE · texte numérisé non relu

MARS 1609. CANOT FAIT D'UN TRONC D'ARBRE

nots, quand ils sont en chasse, pour traverser d’un costé à l'autre. Sur les six heures du soir nous mismes à terre, où nous cabanasmes. Nous montasmes sur des arbres, nous aperceusmes la mer à une demie-lieue de nous. Nous trouvasmes la rapidité du courant plus forte qu’à l'ordinaire. Un de nos canots d’escorce, avec trois hommes qui avoient resté derrière à la chasse, a veu, en montant, trois crocodiles au bord dela rivière. Nous fismes cette journée huit lieues parce que la voile nous servit beaucoup. Les bois commencoient à grossir et n’estoient pas fort espais. On pouvoit voir à travers un pays fort marescageux en dedans. Nous faisions dixhuit à dix-neuf lieues dans la rivière.

Le jeudy 5°, trois de nos gens allèrent à la chasse dès la pointe du jour ; ils virent beaucoup de pistes et entendirent des hurlemens de bestes. On planta une croix et on fit plusieurs marques à des arbtes. On tira aussi un coup de pierrier pour advertir les Sauvages. On desjeuna à l'ordinaire de la bouillie qui avoit esté faite avec de l’eau et du lard. On réservoit le lard pour desjeuner. Nous vismes un crocodile de la grosseur de la cuisse au bord de l’eau, au soleil. Nos gens prirent aussitost le canot d’escorce que nous avions à la remorque et luy tirèrent un coup de fusil; il se jeta aussitost dans la rivière. Sur les onze heures nous vismes une grande fumée que les Sauvages qui viennent à la chasse avoient faite, tant pour renouveler l'herbe sèche qui est dans les prairies que pour faire sortir le bestail, pour le tirer plus facilement. À midy nous mismes à terre pour disner, le vent nous estant contraire. Sur les trois heures nous vismes, en montant la

rivière, un canot d'un tronc d'arbre creusé par le feu. Nous

l'eussions halé en haut s’il n’eust pas esté fracassé. La rivière

Page 1