‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 162 sur 504 · MARS 1699. ON CONTINUE DE MONTER LE MISSISSIPI · texte numérisé non relu

MARS 1699. ON CONTINUE DE MONTER LE MISSISSIPI

telle. Il venta toute la nuit un gros vent du nord et fist un très grand froid; nous fismes dans notre journée quatre lieues, trente-neuf lieues de l'emboucheure.

Le lundy 0°, sur les sept heures du matin, après avoir fait des croix à l'ordinaire, nous nous embarquasmes. A midy nous mismes à terre pour disner, ce que nous faisions ordinairement lorsqu'il ne ventoit pas. Nous vismes en mesme temps une fumée du costé de bas bord de la rivière, en montant, ce qui nous fit croire que le village n'estoit pas loin; mais nous nous trompions fort, en estant encore esloignés de près de vingt lieues, comme nous le vismes dans la suite, Les courans continuoient leur rapidité comme le jour précédent, ce qui nous obligea à traverser trois fois la rivière pour prendre les détours des pointes, la rivière serpentant depuis le nord jusqu'au sud par l'ouest. A soleil couchant nous cabanasmes, Nous fismes cinq lieues, à quarante-quatre lieues de l'emboucheure.

Le mardy 10°, sur les sept heures du matin, nous nous embarquasmes. La rivière court depuis le nord-ouest jusqu'au sud-ouest; ensuite elle revient à l’ouest-nord-ouest. Sur les dix heures, nous vismes une autre fumée du costé de bas bord, que nous creusmes estre la mesme du jour précédent; mais nous vismes ensuite le contraire. Sur le midy nous mismes à terre pour disner, n’y ayant point de vent du tout.

A mesure qu’on monte dans la rivière, on trouve les arbres plus gros et plus touffus et la terre plus haute que dans le bas, jusqu’à quatre et cinq pieds de hauteur, qui inonde dans les desbordemens près d’un pied au-dessus de la terre, dont

les marques paroissent aux arbres. Sur cinq heures du soir,

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