LES ANGLAIS A LA BAIE DE CARLOS
hommes malsains, que le moindre iravail rend malades, Me trouvant icy, j'ai cru, Monseigneur, que vous trouveriez bon que je prisse six vaches pleines et un taureau affranchi, accoustumé dans les habitations. Nous emportons de ce qui se
cultive icy, afin d'essayer si cela viendra au Mississipi.
M. de Galiffet me dit que M. Ducasse luy a mandé que les Espagnols de ce pays armoient pour nous chasser de la Floride. Si cela est, je crois qu’ils commenceront par les Anglois, qui se sont establis dans la baye de Carlos, dont on a nouvelle icy, qui est entre le cap de la Floride et les Apalaches. C’est cette rivière que les Anglois nomment du Saint- Esprit. Je suis bien asseuré qu'ils ne se seront pas establis là sans avoir eu quelque différend avec ceux de la Havane, qui ont dans l'entrée de cette r'vière des métairies où ils élèvent des troupeaux de bestiaux très nombreux. Les Espagnols ont, à trente lieues au nord-nord-ouest, l’establissement d'Apalache, et à la sortie du debouquement de Bahama le chasteau de Saint-Augustin, sur la rivière du mesme nom, qui est par 30 degrez de latitude nord, environ à quatre lieues à l'est des Apalaches. Ce chasteau est un lieu où ils ont ordinairement une garnison, où il y a peu d’habitans ; c’estoient leurs limites du costé du cap de la Floride. Nous partirons d'icy le 21° au matin pour le fort de la baye des Biloxi, où j'espère me rendre le 10 janvier. Je ne perdray aucun moment pour y exécuter ce que vous m'ordonnez et sçavoir le dessein des Espagnols sur cet establissement et sur celuy des Anglois refugiés, qu'ils ont à la baye de Carlos. Cela pourra me servir de prétexte pour envoyer les traversiers dans les establissemens espagnols, sondant leurs coste et havres, en
leur offrant mes services, de manière que j'espère que vous