ANGLAIS DE LA CAROLINE CHEZ LES CHICACHAS
la hauteur des terres, venus de la Caroline, avec lesquels il sc vouloit aboucher.
Il menaça mon frère qu'il reviendroit avec des bastimens propres à entrer dans la rivière, où il n'avoit trouvé que dix à onze pieds d’eau, pour y faire un establissement sur un des
bords, qu’il dit que es Anglois avoient descouvert et pris
possession 1l y avoit plus de cinquante années. Je ne crois pas que cette menace aboutisse à grand'chose.
Plusieurs Anglois de la Caroline sont aux Chicachas, où ils font commerce de peaux de chevreuil et d'esclaves sauvages. Ils y viennent de la Caroline en remontant une rivière, le bout de laquelle aboutit à de hautes montagnes par-dessus lesquelles ils font portage, et de 1à ils transportent avec des chevaux leurs denrées aux Chicachas. C’est ce qu'un prestre missionnaire, venu de Canada à une nation sauvage nom. mée les Tonicas, qui sont sur les bords d’une rivière qui tombe dans le Mississipi, à vingt lieues au-dessus des Tacnsas, a rapporté, y ayant esté avec un de ces Anglois, qui estoit venu aux Tonicas pour voir s'il n'y auroit point de Canadiens qui auroient des castors à luy vendre. Ces Anglois sollicitèrent les Chicachas à tuer ce missionnaire, ce qu’on a sçeu depuis par d’autres Sauvages de nos alliés. Je vais prendre des mesures pour faire prendre ces Anglois, en les attirant hors de chez les Chicachas, sous prétexte de commerce. Je n’oserois pas le faire chez les Chicachas, qui sont de nos amis, de crainte de les choquer. Mon frère, avec quatre hommes, fut au mois de juin à Pensacola, où sont les Espagnols. Il y avoit dans le havre un navire de cent cinquante tonneaux; il ne remarqua pas qu’ils eussent avancé leurs travaux plus que quand j'y passay. Il ne leur parla pas.
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