‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 35 sur 504 · ORDRES POUR L’ARMEMENT DE D'IBERVILLE · texte numérisé non relu

ORDRES POUR L’ARMEMENT DE D'IBERVILLE

Le Ministre de la Marine à M. Bégon.

Versailles, le 9 juillet 1698.

Je vous ay escrit que l'intention du Roy estoit que vous joignissiez une corvette à la Badine et au Marin. Il est nécessaire qu’elle soit de huit à dix canons. Il faut aussy que vous y joigniez un traversier que vous fréterez exprez, s’il

n'y en a point de convenable dans le port de Rochefort. Ces IV. 5

deux bastimens seront équipez par des détachemens des équipages de ces frégates, et Sa Majesté se remet au Sieur d’Iberville à les faire commander par ceux des officiers qui sont avec luy qu’il jugera à propos, ou mesme par des officiers canadiens, s’il l'estime nécessaire.

L'intention de Sa Majesté est de donner jusqu'à cent cinquante hommes d'équipage à la frégate la Badine et cent trente au Marin. J'escris au Sieur Chamillard par cette dernière frégate, mais comme elle pourroit estre partie avant que ma lettre arrive au Port-Louis, je suis bien aise de vous en donner advis, afin que, si elle n’avoit pas ce nombre d'hommes, quand elle arrivera aux rades de La Rochelle, vous luy en fassiez donner le supplément. En ce cas, j’ordonneray au trésorier d'envoyer à Rochefort le fonds que je luy escris par cet ordinaire de remettre au Port-Louis.

Je vous ay escrit, il y a quelque temps, que Sa Majesté desiroit que vous fissiez payer les Canadiens que le Sieur d’[berville a retenus par mon ordre dezlamy-févrieret que vous leur fissiez donner aussy trois mois d’avance à compte du voyage qu'ils doivent faire avec luy. Je vous fais remettre 5,000 livres à compte de cette despense, et si elle ne suffit pas, je vous en feray remettre le supplément.

Je vous en fais remettre une autre de 12,000 livres pour plusieurs marchandises, qu’il est nécessaire que vous fassiez embarquer sur ces frégates, desquelles vous trouverez l’estat cy-joint. En cas qu'il y eust quelques diflicultez sur ce qui est contenu dans cet estat, vous pourrez les lever avec ledit Sieur d’Iberville.

Il faut que vous luy donniez aussy deux armuriers, deux taillandiers, deux maçons, deux charpentiers de maisons et

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deux menuisiers, qui ayent chacun leurs outils. S'il y avoit de ces mestiers dans les compagnies de marine qui sont dans vostre département, il faudroit les prendre par préférence, et en ce cas, il faudra faire achepter les outils dont ils auront besoin, Sa Majesté a jugé à propos de faire donner à chacune des frégates la Badine et le Marin deux maistres et quatre pilotes qui ne leur seront donnez que pour un homme chacun, et je vous feray remettre le supplément de solde que vous leur aurez fait payer, quand vous m'en aurez envoyé l'estat.

Vous trouverez cy-joint un ordre pour faire servir le Sieur Sougé, garde marine, sur la frégate la Badine, à la place du Sieur de La Gostière, et un autre pour y faire embarquer aussy le Sieur Berthier de Mornay, écrivain principal.

Depuis cette lettre escrite j'ay receu les lettres du 3 de ce

mois. J’ay esté bien ayse d'apprendre le départ des vaisseaux destinez pour la baie d'Hudson.

Il est fortextraordinaire queM. Desclouseaux ayant eu ordre de vous faire remettre à vous-mesme les deux hommes du Canada que je luy avois escrit de vous envoyer, on nel'ayt pas fait, et que le Sieur des Ursins les ayt receus sur son vaisseau sans votre ordre. Il est certain que ledit Sieur d'Iberville a très-grand tort de n'avoir pas eu toute l’attention qu’il devoit à se faire donner ces hommes, quoiqu'au fond je luy eusse escrit que vous les luy feriez remettre vous-mesme.

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