ENVOI DE NICOLAS DE LA SALLE EN QUALITÉ DE COMMISSAIRE
D'Iberville au Ministre de la marine.
À bord de la Renommée, le 30 juillet 1701.
Monseigneur,
Nous travaillons à charger les vivres de la garnison du fort et le contenu du mémoire des choses nécessaires pour le fort = Pensacola, si les Espagnols nous le cèdent, ce que nous avons bon besoin qu'ils fassent pour nous pouvoir bien establir à cette coste avec peu de despense, ce que nous ne pouvons faire partout ailleurs, car l’isle du Mouillage ne pourra jamais estre bonne que pour une rade à mouilier des vaisseaux à l'abry du mauvais temps. Pour y mettre des vaisseaux en seureté contre les ennemis, il y faudroit faire un fort sur du sable mouvant, qui cousteroit considérablement, tant à le construire qu'à soustenir la garnison que l'on y pourroit mettre, qui seroit tousjours très facile à forcer, ne pouvant estre facilement secourue. Si le conseil des Indes d'Espagne n'est pas du sentiment de nous laisser Pensacola !, c’est un entestement, ou une ignorance à eux sur la connoissance du
pays, car ils ne se soustiendront jamais contre les Anglois,
1. J'attends une dernière réponse sur cecy, peut-estre pourray-je l'avoir avant son départ, À tout événement je luy envoyeray les ordres du Roy sur son départ au premier jour. Je serois cependant bien ayse d'avoir des nouvelles par l'En= flammé. (Note du ministre.)