SAUVOLE A RENDU COMPTE DE L'ÉTABLISSEMENT DU BILOXI
Au cap François, 24 novembre 1701.
Monseigneur,
J’ay l’honneur de vous rendre compte de mon voyage par le vaisseau l'Enflammé, qui part demain. Je me suis rendu icy, avec le Palmier et le Traversier, le 7 au soir, où j'ay trouvé ce vaisseau, qui estoit venu chercher des vivres pour la garnison du Mississipy. Ne voyant pas qu'il soit nécessaire qu'il y aille, je le renvoyay en France.
Le tonnerre, ayant tombé sur le grand mast du Palmier à cinquante lieues d’icy, l’a fort endommagé. N'en trouvant point icy, nous sommes obligés de le raccommoder pour aller jusques au Mississipy. Cela fera que je ne pourray partir d’icy au plus tost que le 18°. Je fais un recensement de mes vivres et visite mes viandes, qui sont la plus grande partie gastées.
Le long séjour que je feray ici m’oblige de faire partir le grand traversier pour le Mississipy, le ro au matin, avec trois semaines de vivres pour la garnison. En attendant que je me rende, j'advertis M. de Sauvole que nous devons establir la Mobile, pour cela, de se servir des traversiers pour y
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5o2 LA RONDE COMMANDE L'ENFLAMMÉ
faire transporter tout ce qui est au fort de Biloxi et m'’attendre à la Mobile, où je l’iray rejoindre.
M. de Sauvole vous a rendu compte de ce pays-là par les lettres que le sieur de La Ronde, qui commande l’Enflammé, a eu l'honneur de vous envoyer.
Il vous aura mandé, Monseigneur, que plusieurs Canadiens qui estoient mariés aux Illinois sont descendus avec leur famille pour s’establir à la mer, et nombre de coureurs de bois que je feray en sorte d’arrester à l’establissement. Je compte d’estre de retour en France à la fin d'avril.
M. de Gallifet m’ayant dit qu’il y avoit icy un officier pour la Vera-Cruz et un pour la Havane, qu'il ne prévoyoit pas avoir sitost d’occasion pour cela, je m'en suis chargé et les enverray tous les deux par la voye de Pensacola, qui a des bastiments qui vont à la Vera-Cruz et à la Havane. Souvent ces bastimens vont et viennent de Pensacola à la Vera-Cruz et à la Havane en quinze jours, les vents estant passagers. S'il arrivoit qu'ils n'eussent pas d'occasion d'y avoir des bastimens, j'enverray à la Vera-Cruz un bastiment les mener, par lequel on auroit des nouvelles de ce pays-là dès la fin de février, et mettray l’autre à la Havane en m'’en revenant, ce qui ne me détournera pas de mon chemin, estant obligé, à mon retour, de passer à la veue de cette isle.
M. Vincent, que j'«y eu le plaisir de passer icy dans la traversée, m'a desbauché un de mes frères et l'a engagé de rester icy, dans l'espérance qu'il luy a donnée que nous agirions de concert pour faire en sorte auprès de vous de luy obtenir de vous, Monseigneur, la place de M. son frère dans le conseil establi au cap François de Saint-Domingue; il prendra, en ce cas, d’autres veues du costé du Mississipi. Cet
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