JANVIER 1702. MAGASIN A L'ILE MASSACRE
incessamment à la Mobile avec les hommes de la garnison, qu'il se porte bien, et qu'il a actuellement plus de la moitié de son monde malade ou convalescent.
Le 3° janvier 1702, j'envoyay la caiche de Pilet à la Mobile, chargée de vivres et choses nécessaires pour l’establissement, et quatre-vingts hommes de travail de mon équipage, avec une lance! espagnole que le gouverneur m'a prestée, dans laquelle j’envoyay M. de Sérigny et Chasteaugué pour joindre le sieur de Bienville à l’isle Massacre, qui fait le costé du ouest de l'entrée de la Mobile, où les Espagnols me disent qu’il y a un port entre des isles, qui est assez bon. Le sieur de La Salle et sa famille s'en vont sur la caiche, que j'ay fait fréter à 7 livres par tonneau, pour aller à l’isle Massacre y porter les effets du Roy, où j'ay donné ordre de faire un magasin. Je n'ay pu aller à la Mobile, estant arresté au lit, depuis mon départ de Saint-Domingue, par un abcès au costé, où il m'a faliu faire une incision à travers le ventre, de six pouces de long, qui m'a fait bien souffrir.
Le 12° du mesme mois, la caiche de Pilet est revenue de l'isle Massacre, et le traversier du Biloxi est aussi arrivé. Mon frère de Bienville s'est rendu à l’isle Massacre avec quarante hommes le 5° du mois, et mon frère de Sérigny aussi avec la lance espagnole et la caiche, qu'ils ont deschargée sur l’isle Massacre et mis sous des tentes les effets. Ils travaillent à faire un magasin. Ils n’ont pü entrer dans ce port les traversiers à cause du gros vent du nord-ouest, qui les en a empeschés, comme aussi de sonder sur la barre de ce port, où ils ont après trouvé douze pieds d’eau.
Mes frères me marquent qu'ils partiront le 10° dans la
1. Pour lanche : navire qui avait des rapports avec la felouque. (Ja)