‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 409 sur 504 · LES COUREURS DE BOIS ET L'OUABACHE · texte numérisé non relu

LES COUREURS DE BOIS ET L'OUABACHE

donnent, comme je le crois. Je les ai veus disposés à le faire.

La rivière Ouabache est très-commode pour ce que nous appelons Coureurs de bois de Canada, qui sont accoustumés à cette vie-là et que l'on veut empescher de la faire davantage, ce qui me paroist difficile pour un nombre d'environ une centaine, qui, ayant esté, pendant la guerre des [roquois, en mouvement pour le service et s'estant beaucoup endettés, se voyent hors d'estat de pouvoir payer leurs dettes et estre tousjours misérables, s'ils ne vont faire quelque voyage dans les bois en commerce de œastor, où ils ont accoustumé de gagner beaucoup. Ces gens-là, estant à présent une partie aux Sioux, au nombre d'environ soixante, et aux Illinois, n'osant redescendre au Canada, s'en iront par Ouabache chez les Anglois, n'ayant pas plus de trois à quatre cents lieucs à faire sans portage, où ils gagneront beaucoup; plusieurs autres s'y Joindront et ils porteront aux Anglois tout cet excédant de castor que nous ne pouvons consommer en France. Cette partie de castor qui passera par là sera sec, qui est celle pour la Hollande, qui, se trouvant fournie, n'en prendra pas de nous. Le Roy, faisant establir Niagara et le Mississipy, tous les passages pour les coureurs de bois se trouveront bouchés ; qui plus est, les mariant au Mississipy, l’on se délivrera de ces gens, pourveu qu'en Canada l'on veuille bien ne les y'pas souffrir davantage. [l sera bon de voir, cette année, ce que l'on voudra que deviennent ces Canadiens qui sont aux Sioux, qui doivent descendre. Si on ne leur permet pas de se défaire de leurs castors, ils les porteront à l'Anglois par Ouabache, et, s'ils trouvent un grand avantage, ils ne

manqueront pas de continuer, et on ne les fixera pas facile-

50 PÉNSACOLA

ment, Ouabache se trouvant à plus de quatre cents lieues du bord de la mer en suivant la rivière".

Page 1