D'IBERVILLE N'ATTEND PAS LA RÉPONSE DU VICE-ROI
par laquelle vous me priez de vouloir bien suspendre l’establissement que j'ay ordre du Roy mon maistre de faire sur la Mobile jusqu'à ce que vous ayez receu des ordres sur cela, et me priez de vouloir vous donner un de mes basiimens pour l'envoyer à la Vera-Cruz pour en donner advis au Vice-Roy du Mexique, de qui vous recevez vos ordres. Je vous donneray, Monsieur, avec plaisir un de mes bastimens, comme vous le souhaitez, pour aller à la Vera-Cruz, si vous avez un pilote à mettre dessus ou un de vos officiers qui cognoisse ce pays-là, n'ayant personne à mon bord qui ait esté à ceste coste. Je vais le faire mettre en estat pour cela ; mais, comme j'ay ordre de faire establissement sur la Mobile, ct que je n’ay que deux mois à rester à cette coste, je ne puis différer d'y faire travailler incessamment, n'ayant pas plus de temps qu'il n’en faut pour m’y establir.
Le Roy mon maistre n’a d'autre veue, dans l’establissement qu’il m'a ordonné de faire sur la Mobile, que les intérests des deux Couronnes, et de maintenir par là les Sauvages de tous les cantons, alliez de la France et de l’Espagne, contre les courses que les Anglois de la Caroline, joints aux Chicachas et autres de leurs amis, font sur les nations qui se sont mises sous la protection de la France et de l'Espagne.
Les Anglois, de leur costé, n'ont d'autre but, dans leurs courses, que de destruire ces nations, qui nous sont alliées, en les enlevant, comme ils font tous les jours, pour les rendre leurs esclaves ou les obliger à se mettre sous leur obéissance, et par les suites s'emparer de tous ces cantons-cy, ce qu'ils peuvent faire facilement, estant dès à présent maistres de la plus grande partie des nations qui occupent le haut de
la Mobile, où je sçay qu'ils ont dessein de s’establir.
mue PATES.
ax ANUS